corrigé en 1720. — 9, De corrigé en des
11). Espagnol de cœur, et plein de mépris pour le Portugal, dit le Moréri, il abandonna ce qu'il avait dans ce pays pour venir à Madrid, où Charles 11 lui donna une pension de deux mille piastres et un équipage.
II. Il écrit: JSorogna, comme son Moréri, quoique ['Histoire généalogique se serve de la tilde, et que lui-même l'emploie tout aussitôt, mais à tort, pour Liharet. En portugais : Noronha ou Loronha, et Linharès.
12. Linharès, en Portugal, très ancienne possession des Noronha, avait été érigé en comté par le roi Emmanuel, en duché par Jean IV, au profit du cinquième comte, Ferdinand dé Noronha (Imhof, Grands, p. TiN- 59). Ce comte, commandeur dans l'ordre «l'A viz, avait épousé, en 1637, une fille du marquis de Gouveia. Voyez la généalogie dressée par le P. Ange : Aivli. nat., K 1333, n X. p. 305 310. — Espagnol : Linarès.
en eut doux fils et plusieurs filles, et laissa an bâtard1. Le fils fut duc de Linarès et grand d'Espagne par la mort de sa mère, et mourut vice-roi de Mexique du vivant de son père2. Il fit un tour en France, où je le vis à la cour, avant d'aller au Mexique3. Il ne laissa point d'enfants de Léo-
1. L'Histoire généalogique ne parle pas de bâtard, mais place un troisième lits, ou du moins un Joseph, après les filles, lundis que c'est une fille, Josèphe, dans le livre des Grands, d'Imhof, p. i, et dans le Moréri. Comparez Salazar, Casade Lara, tome 11. p. 547.
2. « Ferdinand de Portugal-Alencastro, marquis de Val-de-Fuentès, gentilhomme de la chambre du roi, lieutenant général de ses armées,
vice-roi du .Mexique el dur de Liiiarès. mourut du vivant de son père,
en 1692. » (Histoire généalogique, p. 674.) L'Histoire généalogique a mal copié lmhof, qui disait .- <■ I). Ferdinand d'Alencastre, marquis de Valdet'uenlès , gentilhomme de la chambre du roi: il épousa, le 20 janvier 1685, I'. Eléonore de Silva, dame de la reine Marie-Louise, tille de lt. Isidor de Silva et Portugal, II* marquis d'Orani, laquelle mourut en 1692, sans enfants. » Ce marquis de Valdefuentès avait été des premiers, en novembre 1700. à venir saluer le Roi el son pclil-lils : Dangeau, tome VII, p. 440; Sourches, tome VI. p. 322.
3. Un due de Linarès passa en effet plusieurs mois de 1709 à Versailles, en attendant (pie le Roi le fit transporter au Pérou; toutefois. Philippe V préféra, dans l'intervalle, lui donner la vice-royauté du Mexique (Journal de Dangeau, tomes XII. p. UNI, 408 et 431, et XIII, p. 31 et 387; Mémoires de Saint-Simon, tome XI, p. lli; Journal inédit de Torcy, p. 'tX). Mais quel était ce duc de Linarès? D'après le ms. K 1333, nu S, p. 310, et le Moréri, c'est par la mort de Michel de Noronha, second duc de Linarès, mort arrivée avant 1692, que Ferdinand d'Alencastro, marquis de Valdefuentès, hérita du titre; lmhof dit, au contraire, que Michel, 11° duc de Linarès, fait premier ou grand éeuyer de la reine douairière en janvier 1702. mourut subitement en août 1703, à Tolède (notre Gazette dit : à Madrid), sans laisser d'enfants. Comment donc la Gazette d'Amsterdam de 1700 (n° siv) annonee-t-elle qu'en décembre 1699, Gabriel Ponce de Léon, frère du duc d'Arcos (ci-dessus, p. 130, note 2), a pris possession de la grandesse, et que le roi Charles lui a donné le titre de duc de Linarès'/ lmhof (p. 17-18), en parlant de ce personnage, qui avait une commanderie dans l'ordre de Calatrava, dit: « Il y a des mémoires qui portent que le roi Charles II lui accorda les honneurs de grand au mois de décembre 1698 {sic). » Michel de Noronha. comme, on vient de le voir, était alors II8 duc de Linarès; c'est à sa mort que le titre fut relevé par son neveu, le fils du second due d'Abrantès qui avait porté jusque-là le litre de Valdefuentès Inole 2), et qui, fait
nor de Silva\ que j'ai vue à Bayonne1 camarera-mayor3 de
la reine veuve de Charles II'. Le frère cadet de ce duc de Linarès étoil évêque lorsqu'il mourut". Il recueillit sa grandesse, et, après la mort de son père, prit le nom de ducd'Abrantès,et plus du tout celui d'évèque de Cuença6, quoiqu'il le fût. J'aurai dans les suites occasion de parler de lui . Quelques années après la mort du père8, son bâtard, par le crédit de sa famille, fut duc. de Linarès et grand d Kspagne9 Par ce détail, on voit que ces branches
vice-roi du Pérou, puis du Mexique (Gazelle, 17(19, |>. *1X~2. et 1710, p. 426), passa quelque temps à la cour de Louis XIV. 11 mourut au Mexique, eu 171.') (Gazelle, p. 376 et 592; Dangeau, fouie XVI, p. 3; Saint-Simon, [ouïe XVIII, p. 114).
t. Léonore de Silva est cette femme de Ferdinand de Portugal- Alencastro, marquis de Valdefuentès, que nous avons dit être morte en 1092. L'erreur vu être expliquée.
2. En 17-21 : tomes XVII, p. 336-337, et XVIII, p. 144. Dans ce dernier endroit, il y a encore confusion entre le second duc de Linarès et le troisième.
3. Il a écrit : Camareira, le C majuscule surchargeant un </.
■'t. La duchesse de Linarès qui fut faite camarera-mayor de la reine douairière en août 1703, et qui mourut en fonctions à Rayonne, le 13 septembre 17-21), dans sa soixante-quinzième année, était Lucrèce- Thérèse Ladron y Silva, veuve de Michel de Noronha, nommé ci-dessus, grand écuyer de la même princesse (Gazette).
5. » Jean-Kinmanuel-de-la-Croix de Portugal-Alencastro, duc d'Abrantès et de Linarès, nommé à l'évèché de Malaga en novembre 1717, puis à celui de Cuença, en mars 1721, sacre'1 le 7 septembre suivant. » {Histoire généalogique, y. 674.) Imhof avait dit simplement : «quiaembrassé la vie ecclésiastique. » Nommé évêque de Cuença le 15 août 1721, ci- prélat remplaça le cardinal liorgia, comme grand aumônier et patriarche des Indes, en septembre 1733, et mourut le 31 octobre suivant. La Gazette ne l'appelle que duc d'Àbrantès; Saint-Simon lui donnera le titre de Linarès (tome XVIII, p. 31).
0. Évèché suffragant de Tolède, dans la Castille-Neuve, érigé au treizième siècle, et rapportant cinquante mille ducats de revenu.
7. Suite des Mémoires, tomes Vil de 1873, p. 335, et XVIII, p. *21 et 31 .
S. Augustin, duc d'Abrantès, mort en 1720 : ci-dessus, p. 137.
9. Dans une digression sur les bâtards en Portugal (notice Beaufoiiï- Vendômë, au tome V des Écrits inédits, p. iSli, il a dit : « Plusieurs bâtards de deux personnes libres sont devenus grands par des faveurs
de Bragance ont toutes grandement figure en Espagne, mais qu'elles y sont maintenant toutes éteintes. justice Après avoir parlé du comte d'Oropesa président du
«|con8ei1 conseil de Castille, de son exil, et, à son occasion, des quatre' branches de la maison de Portugal établies e1 finies en Espagne, et de celle de Cadaval, qui a pullulé en Portugal, il faut dire un mot du conseil de Castille et de celui qui en est chef2.
L'Espagne est partagée toute entière entre ce conseil, de qui dépend tout ce qui est joint à la couronne de Castille, et le conseil d'Aragon, de cpii dépend tout ce qui est [Add. S'-S. 361] joint à la couronne d'Aragon3. Ce dernier'* avoit un bien
signalées. Tel est aujourd'hui le due de Linarès, bâtard «lu frère aîné du due d'Abrantès évêque sacré de Cuença, parée qu'il n'y a eu aucun-, enfants de ce frère, et qu'il n'y a eu que l'évêque, déjà dans les ordres, en état de recueillir les titres et la succession, qui est parvenu avec peine à faire tomber une des deux grandesses ii son neveu bâtard. • Ci-dessus, p. 138. La Gazette de 1724 annonce (p. 360) que, le 25 juin, à Madrid, » don Jean de Caravajal y Alencastre prit possession de la grandesse en qualité de duc de Linarès, ayant pour parrain le comte de Bannos, qui avoit invité lous les grands du royaume à cette cérémonie. » C'est sans doute le même qui fut présenté à Versailles, en 17 il. comme frère et héritier du duc d'Abrantès : Mémoires de Luynes, tome III. p. 339; il devait être (ils de Josèpbe d'Alencastro, mariée, en 1686, selon le Moréri, à Bernard de Carvajal Sande et Vivero.
1. Le chiffre 4 a été écrit en interligne, au-dessus de quat[re], surchargeant sans doute attires, et biffé.
2. Un des principaux ouvrages auxquels on puisse renvoyer le lecteur est celui de Martinez Salazar (1764) : Coleccion de memùrias.... del gobierno.... del Cotisejo.
3. Comparez la suite des Mémoires, tome V de 1873. p. 199-204. Dès 1701, dans notre tome IX, nous verrons comment les deux royaumes s'étaient fondus en un.
4. Voyez les Mémoires du maréchal de Gramont, p. 322, ceux de Fontenay-Mareuil, p. 56-57, dont notre auteur s'est peut-être inspiré, la description du royaume d'Aragoh dans le livre 1 de VÊtai présent de l'Espagne, par l'abbé de Vayrac, tome I, p- 92-99, et le Theatro de Garma, tome IV, p. 248-252. Le conseil d'Aragon, selon M. de Gramont, se composait d'un président ou vice-chancelier, de deux conseillers gradués pour le royaume d'Aragon, deux pour celui de Valence; un pour la Catalogne, un pour les Iles. Il pourvoyait aux gouvernements,
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plus grand pouvoir que celui de Castille, et son chef, qui portoit le titre de grand justicier, et par corruption celui simplement de justice, avoit une morgue et une autorité qui balançait celle du roi1. 11 se tenoit à Saragosse, où le roi fut, peu après son arrivée à Madrid2, recevoir les hommages de l'Aragon et prêter le serment accoutumé d'en maintenir les immenses privilèges; après quoi le justicier lui prête serment au nom du royaume. En le prêtant il débute par ces mots : « Nous qui valons autant que vous; » puis le serment, fondé sur celui que le roi vient de prêter, et qu'il y sera fidèle ; et finit par ceux-ci : « Sinon, non. » Tellement qu'il ne laisse pas ignorer, par les paroles mêmes du serment, qu'il n'est que conditionnel3.
évêchés, charges et offices, sur use liste de trois candidats présentée par le vice-roi, et sauf ratification par le roi. On y évoquait, « par faveur ou grâce, » certaines causes civiles, et elles s'y jugeaient selon la coutume de chaque royaume.
I. Quand Sanche le Grand eut délivré les Aragouais du joug des Arabes, il ne put leur faire accepter la royauté de son fils, dit l'abbé île Vayrac, qu'avec force privilèges et libertés. « Ils établirent un chef de l'État, sous le nom de jiislicia, pour avoir soin de veiller sur la conduite du roi, avec plein pouvoir de lui faire son procès devant les états en cas qu'il voulût abuser de l'autorité royale,... de sorte qu'on peut dire que, dans un sens, ce magistrat avoit plus de puissance que le roi ; d'autant plus que, dans son institution, il fut résolu qu'il ne relèveroit pas de lui, et qu'il ne rendrait compte de ses actions qu'aux états du royaume, etc. » Mais le jtislicin, on le voit, était considéré comme chef de l'État, et non du conseil d'Aragon proprement dit.
-2. Ku septembre 1701 : suite1 du tome 111 de 1X78, p. 82.
3. Les états ou cortès d'Aragon, qui ne pouvaient être tenus que par le roi en personne, tous les deux ans, et par lesquels le pays se gardait, se gouvernait, s'imposait et s'administrait lui-même, étaient composés de quatre ordres ou brazos : le clergé mitre, les ricos hombres, les caballeros et hidalgos, les représentants des villes. C'est devant cette assemblée et entre les mains du jiislicia, couvert et assis, que le roi venait jadis jurer, à genoux et tète nue, qu'il maintiendrait les libertés, privilèges et immunités du pays. Après quoi, le jiislicia lui adressait ces paroles arrogantes : Nos que valemos tanto como vos, os hazemos nuestro rai y sehor cou lai que guardeis nuestros fuero$ y libertades: sino, no. Mais un usage si déshonorant pour la royauté était abandonné
Je n'en dirai pas davantage paire que la révolte de l'Aragon et de ta Catalogne en faveur de l'Archiduc engagea Philippe V, à la fin de la guerre, d'abroger pour jamais tous les privilèges de I Aragon et de la Catalogne. qu'il a presque réduits1 à la condition de provinces de Castille1.
Conseil Le conseil de Castille se tient à Madrid. Il est composé
d'une vingtaine au plus de conseillers, et d'un assez grand
son président n ' ? ...
ou gouverneur, nombre de subalternes'. 11 n'y a qu'un seul président*, qui
[Add. S'S. 862] y doit5 être fort assidu, et qui, pour le courant, lorsqu'il
manque par maladie ou par quelque autre événement, es!
suppléé par le doyen, mais uniquement pour l'intérieur
du conseil1'. Je n'en puis donner une idée plus approchante
de ce qu'il est suivant les nôtres, que d'un tribunal qui
rassemble en lui seul le ressort, la connoissance et la
jurisdiction cpii sont ici partagées entre tous les parle-
depuis le temps de Philippe II, et les Aragonais avaient tenté en vain de le faire revivre à l'avènement de Charles II : « si bien, dit l'abbé de Vayrac, qu'aujourd'hui cette dignité (de justifiai n'est plus qu'un noble fantôme, à peu près c me sont nos vidâmes en France. » Cette comparaison ne devait pas plaire à Saint-Simon, si lier de son vidamé de Chartres. 11 répétera, à peu près, en 1707, tout ce qu'il vient de dire ici.