‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 14 sur 548 · La première lettre de Marly en surcharge une autre · texte numérisé non relu

La première lettre de Marly en surcharge une autre

4. Pour la fête des Rois. Quoique Dangeau n'en parle pas cette fois, il a mentionné la même fête en plus d'une autre occasion (tomes II, p. 89, IV, p. 3 et 217, VI, p. 272 et 274, XII, p. 44, etc.). et ses éditeurs ont reproduit, à l'année 1708 (tome XII, p. 44-51, note), un très long et curieux article du Mercure d'alors. Comparez une lettre de Madame, 25 mars 1706, dans le recueil Rolland, p. 272, la Muse historique de Loret, en 1651, tome I, p. 81, et les Mémoires de Sourches, en 1708, tome XI, p. 3-7. Dangeau raconte, en 1698 (tome VI, p. 272 et 274), que le Roi a renoncé à faire les Rois à Versailles, ne pouvant inviter les quatre cents dames et plus qui avaient le droit de « prétendre raisonnablement à manger avec lui, » et que, pour ce motif, il est allé à Marly.

5. Les quatre derniers mots sont ajoutés en interligne, et, avant chacun, l'auteur a biffé tout le monde.

6. Les Mémoires de Sourches, en racontant la fête du 5 janvier 1704 (tome VIII, p. 257), disent : « Il y eut musique pendant le souper; on y chanta des chansons à boire à deux parties, et le chœur chanta : la Reine boit ! toutes les fois qu'une des deux reines (Madame à la table du Roi, la comtesse de Mailly à celle du duc de Berry, qui remplaçait son père) en donna l'occasion. » Le Mercure de janvier 1708, indiqué tout

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reuses1 y firent plus de bruit que les autres, et de plus longs éclats de rire, et les plus proches et les meilleures amies en firent encore davantage2. Le lendemain, il n'y parut plus. On fut deux jours à raisonner de la vacance. Je me sus bon gré de ne m'y être pas trompé3.

à l'heure, vient aussi à l'appui de ce que notre auteur raconte. « Pendant, dit-il, que les reines burent, on suivit l'usage ancien et général, et les cris de : la Reine boit! se firent entendre; et comme il arrivoit quelquefois que deux ou trois reines buvoient dans le même temps, le bruit que faisoient ces cris étoit plus ou moins grand, mais toujours fort agréable, parce que les voix des dames l'emportoient sur celles des hommes qui étoient à ces tables; et ce qui augmentoit encore le bruit du concert formé par tant de voix différentes est que, quoique ceux qui servoient n'y mêlassent pas leurs voix, les uns se frappoient dans les mains, et les autres trouvoient moyen de frapper harmonieusement sur quelque pièce d'argenterie, de manière que tous ces bruits ensemble, et formés sur différents tons, avoient quelque chose de divertissant, et convenoient fort à la cérémonie du jour. » Enfin, si Dangeau ne parle pas de la fête de 1701 dont il s'agit, en revanche les Mémoires de Sourches disent (tome VII, p. 2): « Ce soir-là, S. M. fit les Rois avec une grande quantité de dames, à trois tables, et on y cria bien fort : la Reine boit ! car ce fut, à la table du Roi, la marquise de Maulévrier, à celle de Monseigneur, la marquise de Villequier, et, à la petite table, la marquise de Bouzols, qui furent reines. » Saint-Simon reproche au Roi d'avoir encouragé ou provoqué cette gaieté déplacée, et cela non seulement dans les Mémoires, mais aussi dans l'Addition n° 345, et dans la grande Addition sur Louis XIV, déjà citée tout à l'heure, où il parle (Journal, tome XVI, p. 31) de cette « mort prompte, à la fleur de l'âge et de la fortune, » qui « fit pitié à tout le monde, et dont, dès le soir même, à Marly, le Roi, en pleine table encore, ne put contenir sa joie. » D'ailleurs, il accuse, en maint autre endroit, Louis XIV d'avoir vu mourir ses ministres et ses favoris sans regret, ou même d'en avoir témoigné du soulagement : voyez notamment le Parallèle des trois premiers rois Bourbons, p. 110, où sont réunis un grand nombre de cas.

1. Allusion aux pleureuses gagées pour accompagner les enterrements. Mme de Sévigné, en 1672, se plaint du « nombre infini de pleureuses de M. de Longue ville, qui rend ridicule le métier » (Lettres, tome III, p. 142).

2. Davantage est en interligne, au-dessus de plus (pie les autres, biffé.

3. Il fut question un instant de Chamlay, ou même de Saint-Pouenge (Gazette d'Amsterdam, n™ iv et v) ; mais, dès la fin de son article du 7 (tome VIII, p. 8), Dangeau écrivait : « Le Roi manda à M. de Chamillarl

chamillart Chamillart étoit allé faire les Rois chez lui à Montfer-

Becrétaire me;i5 tl'ou jl avoit été mandé pour la place de contrôleur Son caractère, général1 : ce fut encore au même lieu où le Roi lui manda, [Add. S'-S. S4ô] le 7} par un valet de chambre de Mme de Maintenon, de se trouver le lendemain à son lever, à l'issue duquel il le2 fit entrer dans son cabinet, et lui donna la charge de Rarbezieux8. Chamillart, en homme sage, lui voulut remettre les finances, ne trouvant pas, avec raison, de comparaison entre la périlleuse place de contrôleur général et celle de secrétaire d'État de la guerre ; et sur ce que le Roi ne voulut point qu'il les quittât, il lui représenta l'impossibilité de s'acquitter de deux emplois ensemble qui séparément avoient occupé tous* entiers Colbert et Louvois. Mais c'étoit précisément le souvenir de ces deux ministres et de leurs débats qui faisoit vouloir obstinément au

de venir le lendemain à son lever; les courtisans qui le surent ne doutèrent point que ce ne tût pour lui donner la charge de secrétaire d'Etat. » Comparez les Mémoires de Sourclies, tome Vil, p. 3, et la lettre de Mine de Maintenon au comte d'Aven, du 7, avant le diner. 1. Voyez notre tome VI, p. 292. — "2. // le corrige elle.

3. Dangeau dit (p. 8) : « M. de Chamillart vint au lever du Roi comme il en avoit reçu l'ordre. S. M. lui donna la charge de secrétaire d'État comme M. de Barbezieux l'avoit, et veut qu'il demeure contrôleur général. Ainsi le voilà chargé de la guerre et des finances, ce que nous n'avions point encore vu à personne. » J'ai publié le texte des provisions de Chamillart, datées du 8 janvier, dans l'Appendice du tome II de la Correspondance des Contrôleurs généraux, p. 470-471. Il y est parlé de sa sage conduite comme intendant en Normandie, de son zèle dans « toutes les affaires qui regardèrent les finances, le soulagement des peuples, l'administration de la justice et le maintien de l'autorité: » et, comme intendant des finances, le Hoi dit « avoir connu plus particulièrement par soi-même l'étendue de ses lumières et son parfait dévouement à tout ce qui a pu concerner sa personne. » Le serment fut prêté le 13 janvier, avec concession d'un brevet d'assurance de la somme de cent mille écus que le nouveau pourvu devait payer aux filles du défunt (Arch. nat., 01 45, fol. 5 et 7, et 47, fol. 110 v"). Celui-ci laissait une fortune en assez mauvais état : Journal de Dangeau, tome VIII, p. o, 6 et 8; Arch. nat., E 1983, arrêt du 28 avril 1716. Sa veuve avait douze mille livres de douaire.

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