Premier gentilhomme en survivance, remplaçant son père
4. Dangeau dit que le Roi voulait partir immédiatement, mais qu'il se rendit aux instantes prières que lui tit tout le monde, avant qu'il n'allât chez Mme de Maintenon, d'attendre l'effet de l'émétique.
traits sur elle, plus d'une fois, avec le Roi, qui marquoient son mépris, et la honte qu'il avoit de l'opinion publique1. Elle n'étoit donc pas pressée de porter le Roi à lui rendre5, et moins encore à3 lui conseiller de voyager la nuit, de ne se point coucher, et d'être témoin d'un aussi triste spectacle, et si propre à toucher et à faire rentrer en soi-même, et qu'elle espéra que, si la chose alloit vite, le Roi se l'épargneroit ainsi. Un moment après que le Roi fut au lit*, arriva un page de Monsieur : il dit au Roi que Monsieur étoit mieux, et qu'il venoit demander à M. le prince de Conti de l'eau de Schaffouse, qui est excellente pour les apoplexies5. Une heure et demie après que le Roi fut couché", Longeville7 arriva de la part de M. le duc de Chartres, qui éveilla le Roi, et qui lui dit que l'émétique ne faisoit aucun effet, et que Monsieur étoit fort mal. Le Roi se leva, partit, et trouva le marquis de Gesvres en chemin, qui l'alloit avertir; il l'arrêta, et lui dit les mêmes nouvelles8. On peut juger quelle rumeur et quel désordre cette nuit à Marly,
1. Sa honte de ce que disait le publie de l'union du Roi son frère avec Mme de Maintenon. Voyez ci-après, p. 330-331 et 346.
2. Tel est le texte du manuscrit ; faut-il supposer l'omission d'un régime, tel que visite ou devoirs, ou bien considérer rendre comme pris absolument, au sens de marquer de rattachement, de la prévenance?