‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 270 sur 548 · Les lettres no corrigent ne · texte numérisé non relu

Les lettres no corrigent ne

5. Sur la présentation de la chemise au Roi, voyez YÉtat de la France, année 1698, tome I, p. 266-268 et 299-300* et année 1699, tome I, ]). 304. Comparez un passage du Journal de Dangeau, tome XI, p. 15, l'Addition que Saint-Simon y a jointe, la suite des Mémoires, tome VIII de 1873, p. 297-299, et une lettre de Madame, dans le recueil Brunet, tome II, p. 220. « Jusqu'aux petits-fils et petites-filles de France inclusivement, dit l'Addition, la chemise et les honneurs sont présentés

reçue, il se mit à rire et à dire : « Adieu, mon cousin ; allez- vous-en, je ne veux pas vous retarder davantage. » Monsieur le Duc sentit toute la malice, et s'en alla fort tâché, et le fut après encore davantage par les propos de hauteur que Monsieur en tint.

C'étoit1 un petit homme ventru monté sur des échasses tant ses souliers étoient hauts2, toujours paré comme une femme, plein de bagues, de bracelets, de pierreries partout3, avec une longue perruque toute étalée en deparlé grand chambellan, en son absence par le premier gentilhomme de la chambre et par la dame d'honneur; aux princes et princesses du sang,

par le premier valet de chambre et par la première fe e de chambre

seulement. » Mais, lorsqu'un ou plusieurs princes étaient présents, les officiers de service s'effaçaient devant le plus élevé en rang.

1. Le portrait physique qu'on va lire s'accorde parfaitement avec celui des Caractères inédits qu'on trouvera dans l'appendice \\l\, et avec la Relation de Spanheim, p. .v>-.v>(i. — Etant jeune et encore duc d'Anjou, le prince avait passé pour « la plus jolie créature de France, » mais,» d'une beauté et d'une taille plus convenables à une princesse qu'à un prince » (Mémoires de l'abbé de Choisy, tome II. p. 52-53; Mémoires de Mme de la Fayette, p. 176). Nous avons un portrait de lui, par Couvey, peint et gravé en 1643. Vers 1699, Coysevox fit un buste qui est conservé maintenant au musée de Versailles, n" 2044, et le même musée possède (n° 2082) une peinture de Michel Corneille.

2. Aussi l'avons-nous vu battu et foulé aux pieds dans la cohue du bal du il décembre 1697 (tome IV, p. 317). Saint-Simon l'a dit (cidessus, p. 313) usé, gras, court de col et apoplectique. Les Caractères inédits évaluent sa hauteur aux deux tiers de celle de son frère, si petit lui-même.

3. A la mort d'Anne d'Autriche, toutes les perles avoient été pour le Roi, les diamants pour Monsieur. Celui-ci prenait plaisir à accommoder lui-même et à montrer ses pierreries : Sophie de Hanovre, p. 116-119 et 123; Mémoires de Mademoiselle, tome III, p. 127 et 261. Spanheim dit (Relation de la cour de France en 1690, p. 36) : « Comme il est curieux à l'excès de sa parure et de sou ajustement, aussi met-il en usage tout ce qui peut y contribuer, jusqu'à porter dans les bras des bracelets de pierreries, et à ne rien omettre de ce qui peut entretenir la fraicheur où l'éclat de son teint. « La vente d'une partie de ces bijoux, à sa mort, produisit cinq cent mille livres (Arch. nat.,KK388). Il avait collectionné aussi des raretés et des tableaux (Journal du P. Léonard, ms. Fr. 10 265. fol l) dans le petil appartement que nous

vaut*, noire et poudrée, et des rubans partout où il en pourvoit mettre, plein de toutes sortes de parfums2, et, en toutes choses, la propreté même3. On l'accusoit de mettre imperceptiblement du rouge4. Le nez fort long, la bouche et les veux beaux, le visage plein, mais fort long. Tous ses portraits lui ressemblent5. J'étois piqué, à le voir, qu'il fît souvenir qu'il étoit fds de Louis XIII à ceux de ce grand" prince7, duquel, à la valeur près, il étoit si complètement dissemblable.

Le samedi 11 juin8, la cour retourna à Versailles, où, en visite curieuse arrivant, le Roi alla voir Madame, M. et Mme de Chartres, d" M™e de

Maintenon

chacun dans leur appartement'1 ; elle, fort en peine de la à Madame, situation où elle se trouvoit avec le Roi10, dans une occa- ^Add- s'~s- 3SÎ^

l'avons vu montrer au duc de Lorraine, en 1699 (tome VI, p. 389), et, comme amateur, Michel Bégon eût voulu le placer dans son recueil des Hommes illustres; Perrault s'y opposa (Jal, Dictionnaire critique, p. 174). Enfin il s'entendait fort bien à disposer l'ameublement de ses résidences (Mémoires de Cosnac, tome I, p. 357); mais en 1689, il avait été forcé, comme le Roi lui-même, de foudre ses meubles d'argenterie {Lettres de Mme de Sévigné, tome IX, p. 348). Les contemporains disent que ses principaux plaisirs étaient de se parer, d'organiser des fêtes ou des cérémonies, et surtout d'entendre le bruit des cloches.

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