‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 275 sur 548 · Ici, Hannovre · texte numérisé non relu

Ici, Hannovre

6. Il a dit, en 1698 (tome V, p. 47), d'après le Journal de Dangeau, tome XV, p. 168, que, « quoique Madame n'eût jamais guères vu cette tante, elle lui écrivoit fidèlement des volumes deux et trois fois la semaine depuis qu'elle étoit en France. » Voyez ci-dessus, p. 337, Dote 3.

7. Naturellement, nous n'avons point cette lettre interceptée; mais il n'en manque pas d'autres, dans l'immense correspondance de Madame, pour donner une idée très précise de la façon dont elle s'exprimait sur Mme de Maintenon. Dans une lettre toute voisine de celle-là comme

et sur colles du dedans, et1 s'étendoit sur la misère du Royaume, qu'elle disoit ne s'en pouvoir relever*. La poste l'avoit ouverte, comme elle les ouvroit et les ouvre encore presque toutes3, et l'avoit trouvée trop forte pour se contenter, à l'ordinaire, d'en donner* un extrait, et l'avoit envoyée au Roi en original. On peut penser si, à cet aspect et à cette lecture, Madame pensa mourir sur l'heure. La voilà à pleurer, et5 Mme de Maintenon à lui représenter modestement l'énormité de toutes les parties de cette lettre, et en pays étranger; enfin, Mme de Ventadour à verbiager6, pour laisser à Madame le temps de respirer et de se remettre assez pour dire quelque chose. Sa meilleure excuse fut l'aveu de ce qu'elle ne pouvoit nier, des pardons, des repentirs, des prières, des promesses. Quant tout cela fut épuisé, Mme de Maintenon la supplia de trouver bon qu'après s'être acquittée de la commission que le Roi lui avoit donnée, elle pût aussi lui dire un mot d'elle-même, et lui faire ses plaintes de ce qu'après l'honneur qu'elle lui avoit fait autrefois de vouloir7 bien désirer

date, puisqu'elle est du 19 avril 1701 (recueil Rolland, p. 228-232), il y a une peinture très crue de toute la cour, et la marquise y est appelée généralement « la vieille ordure. » Sur la misère publique, voyez plus tard la lettre du 26 octobre 1709.

Page 1