‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 316 sur 548 · Dispute de rang entre Briord et d'Avaux*. (Page · texte numérisé non relu

Dispute de rang entre Briord et d'Avaux*. (Page

20 février 1701. — Briord3 étoit bien gentilhomme, et c'étoit tout. De grade, il n'en avoit d'aucune sorte ; il étoit premier éeuyer de Monsieur le Prince, ce qui pouvoit le relever, mais non pas à l'égard de personne4. Entre ambassadeurs de même sorte, ou tous deux ordinaires, ou tous deux extraordinaires, le dernier arrivé précède l'autre, sans difficulté, à moins de distinction personnelle fort grande par naissance ou dignité, comme duc ou prince. Entre Briord et d'Avaux, il ne s'en agissoit point. Il n'est donc pas étonnant que, suivant la règle, d'Avaux, dernier arrivé, précédât Briord ; mais Dangeau, qui étoit conseiller d'État d'épée, est bien aise ici de se relever. 11 est vrai que, dans la suite, les conseillers d'État ont commencé à prétendre à ne céder qu'aux ducs et aux officiers de. la couronne. C'est ce qui sera discuté à mesure de l'occasion.

373. Cosnac, archevêque d'Ai.r, et Fortin de la Hoguelle, • archevêque de Sens.

(Page 270.)

17 avril 1701. — Ces deux archevêques étoient deux hommes bien différents. Celui d'Aix étoit M. de Cosnac si connu par ses intrigues

1. Comparez ci après, appendice XII, p. 538-539. — Les passages supprimés de cette Addition se placeront en 1710.

2. Dangeau raconte que M. d'Avaux aura le pas, comme plus ancien ambassadeur, et surtout comme conseiller d'État. Saint-Simon a omis ce détail en parlant de l'arrivée de M. d'Avaux à la Haye.

3. Ici, Briorde, comme dans Dangeau. — 4. Voyez notre tome IV, p. 34.

du temps qu'il était premier aumônier de Monsieur et évèque de Valence, et qui eut ci-après tant de part à remettre la célèbre Mme des Ursins en selle, dont sa nièce étoit parente, et qu'ils avoient mariée au dernier comte de la maison d'Egmont. L'autre étoit Fortin de la Hoquette qui avoit été évèque de Poitiers, grand évèque, grand homme de bien et savant, et toutefois homme du monde, et qui s'y savoit très dignement conduire.

374. M. de la Hoguette, archevêque de Sens, refuse l'Ordre. (Page 279.)

1" mai 1701. — Le père de Monsieur de Sens étoit major de Blaye sous le duc de Saint-Simon, et fort attaché à lui; c'étoit un très brave homme et très honnête homme, mais rien du tout que par esprit et vertu. Monsieur de Sens le manda franchement, et refusa'. Le Roi insista sur l'éclat de ce refus et de sa cause après avoir été nommé au chapitre, et promit de donner du temps pour les preuves, dont il ne se parlerait plus; mais Monsieur de Sens répliqua que cela étoit contre les statuts, et ne le voulut jamais. 11 imita en cela le maréchal Fabert, et ce sont les deux seuls. Lorsque le Roi le déclara, M. de Marsan dit au Roi que cette action méritoit qu'il changeât le bleu en rouge, et chacun y applaudit.

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