‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 429 sur 548 · Les deux derniers mots sont en interligne · texte numérisé non relu

Les deux derniers mots sont en interligne

2. Voyez la suite des Mémoires, année 1701, tome III de 1873, p. 98-99.

3. Ci-dessus, p. 162-165 et 532. et Additions n" 365-3G7, p. 394; Addition au Journal de Danrjeau, tome XII, p. 322-323.

4. Ici, Bentvente. Voyez ci-dessus, p. 190, 191 et 194, et notre tome VII, p. 255, 264, etc., ainsi que l'Addition au Journal de Dangeau, tome XII, p. 323, où il Hit tenir ses anecdotes de Louvilie.

et leurs serments de fidélité; est très attaché au roi; plein de probité, de bonté, mais très pauvre homme, qui pleure toujours de tendresse'. Le roi de Portugal relève de lui à cause de son duché de Bragance*; ses armes sont sur la porte du château de Bragance, à la droite de celles du roi de Portugal, et sont saluées une fois l'année en cérémonie devant celles de ce prince, qui paye un droit annuel au comte. Sa femme est tille du feu duc de Bejar5, tante et belle-mère de celui d'aujourd'hui. Leur fils unique s'appelle le comte de Luna, qui est marié et a trente ans, et qui est un sot, un hébété, et a la vérole4.

LE SECRÉTAIRE DEL DESPACH0 l'MVERSAL5.

« Don Joseph de Uriixa6. — Cette charge n'a rien ici à quoi elle réponde. Ce sont proprement les quatre charges de secrétaires d'État, toutes, telles et aussi étendues et autorisées qu'elles sont ici, fondues ensemble, cour, guerre, marine, négociations, provinces, exercées par un seul homme. Est, par sa charge, du despacho toujours, y assiste au bas bout de la table vis-à-vis du roi, s'y tient à genoux toujours, durât-il vingt heures, écoutant et écrivant. A un grand nombre de commis sous lui, qui n'agissent que par ses ordres. C'est lui qui expédie et dépêche toutes et toutes7 les sortes d'affaires, et ne quitte jamais la personne du roi. Pendant son voyage, a laissé son principal commis ;'i Madrid pour exercer sa charge en chef, en son absence, sous le cardinal, dans le conseil de la monarchie8.

» C'est9 un homme d'une condition médiocre, adroit, fin, dissimulé, faux, haineux, également bon ami et bon ennemi, très attaché aux coutumes espagnoles, d'un génie supérieur, infiniment habile, très expérimenté aux affaires, d'un travail infatigable, ambitieux, glorieu», très civil; ne mange presque point, dort10 peu, travaille facilement, et sans jamais aucun relâche; tient toujours ses portes ouvertes : entre, sort, lui parle qui veut, à toute heure; lui, répond à chacun sans discontinuer son travail, expédie plusieurs choses à la fois, est environné de commis qui dépèchent sous lui, dans son même bureau, et jusque sur sa même table. Est homme agréable, poli, léger; a infiniment d'esprit, beaucoup de sens; a besoin d'être éclairé de près. De ces

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