LE CONNÉTABLE DE I.ASTII.I.E
« Est l'aîné de la maison de Velasco, qui est très grande, et une race de grands hommes de guerre. Lui est fort pauvre et fort attaché à la reine douairière, qui le lit préférer, pour l'ambassade solennelle de France, au marquis de Villena, ce qui tit que le comte de San-Istevan, son mayordomo-mayor, la quitta3. C'est un sujet très médiocre. Il est grand par son titre, qui est héréditaire et, quoique de la première classe, moins estimé que les majorasques attachés4 aux maisons. Celui-ci n'est point féminin ; au reste, est titre vain, sans aucune sorte de fonction, de prérogative, ni de rang nulle part que les autres grands. Celui de l'Amirauté est tout semblable5.
LES CONSEILLERS DETAT1'. .
« Ce conseil est le plus grand qu'il y ait en Espagne". Le roi y assiste presque toujours. C'est où l'on délibère des affaires de l'État, et c'est aussi à y entrer qu'aspirent les plus grands seigneurs, les ambassadeurs considérables, les vice-rois et gouverneurs généraux, les généraux d'armée, et tous ceux qui ont vieilli dans les plus grands emplois. C'est presque être ministre d'État, comme nous les regardons en France, que d'être en Espagne conseiller d'État. Je dis presque paire que, outre ce conseil, qui est ordinairement composé de douze ou quinze personnes, il y en a un autre, appelé le despacho*, où le roi dépèche les affaires, décide de tout et prend les résolutions qu'il lui plaît, sans que rien de tout ce qui s'y fait passe devant ou après par aucun autre conseil ou tribunal, ce qui sèvre le conseil d'État de tout ce que le roi veut. Aussi [c'jesl d'entrer au despacho qui est h- comble de la fortune et du crédit, d'autant que le roi n'y appelle que qui il veut, et souvent personne, en sorte que tout s'y passe entre S. M. et le secrétaire del despacho universai, qui est le seul qui en ait droit par sa charge9.