‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 502 sur 548 · Relation de l'ambassadeur vénitien · texte numérisé non relu

Relation de l'ambassadeur vénitien

« Le duc d'Orléans est tout à la modération et à la paix; il ne songe qu'à seconder le bon plaisir du Roi, et ne donne à sa royale personne que des sujets de satisfaction. De Charlotte-Elisabeth de Bavière, fille du Palatin, il n'a qu'un seul fils, après plusieurs morts-nés, qu'on appelle le duc de Chartres; du premier lit, deux filles. L'une d'entre elles a épousé dernièrement le roi catholique. On avoit conçu quelque crainte que le duc put prendre motif d'un avancement aussi considérable pour modifier la maxime pratiquée par lui jusqu'alors de vivre résigné aux volontés du Roi son frère, se trouvant ainsi soutenu par des alliances considérables; mais il n'a paru aucun changement de l'entière dépendance qu'il professait, et lui aussi concourt à rendre plus souverain le pouvoir de S. M., et plus unanime l'accomplissement des volontés royales. Fréquemment, par des secours généreux, le Roi fait en sorte de lui confirmer sa royale prédilection, à laquelle il répond lui-même par l'obéissance et la sujétion la plus parfaite. Au reste, dans les occasions qui se sont présentées, il s'est montré digne de ses ancêtres pour le courage et les talents guerriers. En effet, outre qu'il a soumis aux armes du Roi plusieurs places, il a pareillement su battre le prince d'Orange en bataille rangée à Mont-Cassel *, et remporter une insigne vic-

1. Il y a une reproduction très abrégée de ce portrait dans l'Europe vivante et motivante, Genève, 1669, 2e partie, p. 100.

2. Relation de J. Morosini, dans les Relazioni, série Francia, tome III, p. 223- 22i. Traduction littérale de l'italien.

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