Dangeau n'en parle point
5. Voyez ce que nous avons dit de cette charge en 1700, et ci-après, p. 1 42-151 , la longue digression dont elle sera l'objet. M. d'Oropesa, l'ayant eue, en juillet 1684, avec des prérogatives qui le soustrayaient à l'autorité du premier ministre, avait conservé celles-ci en y joignant la présidence du conseil d'Italie en août 1690 : Gazette de 1684, p. 450, et de 1690, p. 432. Une première disgrâce l'avait éloigné des affaires de 1691 à 1698.
6. Avril et mai 1699 : Journal de Dangeau, tome VII, p. 87; Mémoires de Sourclies, tome VI, p. 158; Mémoires de Torcij, p. 540. Voyez ci-après, p. 529 et 567.
7. Dont est en interligne, au-dessus de qui, surchargeant im et biffé.
8. Il n'était pas premier ministre, mais en faisait les fonctions : ciaprès, p. 110, où nous verrons de quels crimes ou de quelles tendances criminelles il était accusé. Toutefois, à côté de sa méchanceté et de son entêtement, on lui reconnaissait de l'intégrité, un dévouement aux intérêts du pays aussi absolu que celui du cardinal, l'esprit de gouvernement et l'intelligence des réformes nécessaires.
Exil confirmé du comte d'Oropesa, président du conseil de Castille.
Disgression sur l'Espagne.
est curieux de la cormoître un peu à cet avènement de
la branche de France, et qu'il sera souvent mention de ce
pays dans la suite, je mj espacerai un peu à droit et à
gauche, en parlant de ce qu'il s'y passa à l'arrivée du
nouveau roi '.
Branches Oropesa étoit de la maison de Bragance2, et l'aine des
de Portugal trois branches de cette maison établies et restées en
établies Espagne3. Le grand-père du comte d'Oropesa ' étoit cousin
en Espagne. i i i i r> i c 1
Oropesa. germain de Jean, duc fie Uragance , que la fameuse revolu-
I. Cette digression, comme celle qui viendra bientôt, encore plus étendue, sur la grandesse, fait bien partie du plan des Mémoires, ainsi qu'on le verra à la lin de ceux-ci (tome XVII, p. £38-441) ; mais elles ne nous ont point évité les redites, quoi qu'en dise notre auteur. Celle-ci a été, pendant un temps, supprimée par les éditeurs.
b2. Bragance, Bvagança, qui a donné son nom à cette maison, et dont le titre ducal, encore aujourd'hui, peste affecté à l'héritier présomptif de la dynastie régnante, est une ville de Portugal, province de Traz-os-Montès. Les ducs avaient leur résidence au château de Villaviciosa.
3. La filiation historique de celte maison avait été donnée dans l'Histoire généalogique de la maison de France, tome 1, p. 569 et suivantes, connue étant issue, selon le tableau dressé en lb'10 par Théodore Godefroy (Arch. nat., K 1333, n" 14), de Robert I", duc de Bourgogne et troisième fils de Robert le Pieux, roi de France. Elle avait pris place, par suite, dans le Moréri, et notre auteur s'était primitivement servi de l'un et l'autre de ces textes, souvent inexacts d'ailleurs, pour taire une très longue digression sur les Portugal et les Bragance, à la suite de la notice du duché-pairie d'ËPERNON, sous prétexte que le duc de ce nom dut sa charge de colonel général de l'infanterie aux prétentions que Catherine de Médicis voulut faire valoir sur la couronne des Bragance : tome V des Écrits inédits, p. 8(ïi-390, où il a placé un tableau synoptique des trois branches, fmhof avait publié aussi, en 170K, un volume intitulé : Stemma regium Lusitanicum, sire Historia genealogica familise regum Portugalicse, et le P. Antonio-Gaétan de Sousa, eu 1735-30, VHistoria genealogica dal caza real Portugueza.
4. D'Oropesa surcharge de Lemos. — Ce grand-père, « Ferdinand Alvarez de Portugal Tolède Monroy Avala, marquis de Flexilla et de Xarandilla, devint comte d'Oropesa, seigneur de Cebolla et de plusieurs autres lieux, par la renonciation que lui en fit, l'an 1619, son aïeul maternel Jean Alvarez de Tolède, et mourut en la Heur de son âge. • (Imhof, Grands, p. 211; Vayrac, État présent, tome III, p. 201-204.)
5. J., en abrégé, dans le manuscrit. — Jean IV, dit le Fortuné, né
lion de Portugal mit sur le trône en 1 640 ', dont la quatrième génération y est aujourd'hui2. Ce même grand-père de notre comte d'Oropesa étoit petit-fils puîné de Jean Ier, duc de Bragance*, et eut Oropesa* par sa mère Béatrix de Tolède3. Le père de notre comte passa par les vice-royautés de Navarre et de Valence, eut la présidence du conseil d'Italie, fut fait grand d'Espagne, et mourut en 1671°.
le 19 mars 1604, proclamé roi do Portugal le 1" décembre 1640, comme l>etit-tils de la Elle d'Edouard, prince de Portugal, et mort le 6 novembre 1656, avec une grande réputation d'avarice.
1. En 1640 est ajouté en interligne, le G corrigeant un A. — C'est de cette révolution que l'abbé de Vertot fit pour la Dauphine, en 1689, l'histoire ou le roman historique. Les Espagnols détenaient le Portugal depuis loXO : ci-après, p. 132. « Le Portugal redevenait alors un royaume. Jean, duc de Bragance, prince qui passait pour faible, avait arrache cette province à un roi plus faible que lui Cette révolution du Portugal valut à la
France plus que n'eussent fait les plus signalées victoires. Le ministère français, qui n'avait contribué en rien à cet événement, en retira sans peine le plus grand avantage qu'on puisse avoir contre sou ennemi, celui de le voir attaqué par une puissance irréconciliable. » (Voltaire, Siècle de Louis XIV, éd. Bourgeois, 1890, p. 16-17) Voyez une relation manuscrite dans le carton K 1333, n" 10, aux Archives nationales. Depuis longtemps, quoi qu'en dise Voltaire, nous fomentions l'agitation en Portugal.
"2. Jean V, né en 16K9, roi eu 1707, mort en 1750, n'était que la troisième générât ion, quoique quatrième roi, puisque le fils aîné de Jean IV, Alphonse-Henri VI, mourut, nous l'avons vu, sans enfants et détrôné.
3. Encore J., en abrégé. — Jean ["', duc de Bragance et de Barcellos, connétable de Portugal, ayant transigé sur ses droits avec Philippe 11, reçut la Toison en 1581, et mourut à Villaviciosa l'année suivante.
■4. Petite ville, avec un vaste palais, dans la Nouvelle-Castille, près îles frontières de l'Estramadure. Le comté avait été créé en 1475 pour les Alvarez de Tolède. Le ministre de Charles 11 signait : Ovopessa.
5. Béatrix, fille et héritière de Jean Alvarez de Tolède, comte d'Oropesa, etc., mariée à Edouard de Portugal, lequel vint s'établir en Espagne et y fut fait grand.
6. Edouard-I'ernand Alvarez de Portugal Tolède, VIP comte d'Oropesa, lut chevalier de l'ordre d'Alcantara, capitaine général du royaume de Tolède et de la Castille-N'euve, successivement vice-roi de la Navarre, du Guipuzcoa, du royaume de Valence et de la Sardaigne, président du conseil des ordres en 1663, du conseil d'Italie en 1669, et mourut à Madrid, le l" juillet 1671.
Cette branche d Oropesa1, quoique si proche et si fraîchement sortie de celle de Bragance, en étoit mortellement ennemie. Lorsque l'Espagne eut enfin reconnu le roi de Portugal, il vint un ambassadeur de Portugal à Madrid: le jour de sa première audience, Oropesa (it lever son fils malade de la fièvre, qui étoit dans les gardes espagnoles, et lui fit prendre la pique devant le palais, afin, dit-il, que le roi de Portugal sût quelle étoit la grandeur du roi d'Espagne, qui étoit gardé par ses plus proches parents2. Ce fils est notre comte d'Oropesa, qui fut capitaine général de la Nouvelle-Castille3, conseiller d'État, président du conseil d'Italie comme son père, très bien avec Charles II, qui le fit président du conseil de Castille et premier ministre4, et qui, deux ans avant sa mort, l'exila comme je l'ai raconté1. Tout d'un temps achevons la fortune de ce
4. Ce qui suit n'est tiré ni de Y Histoire généalogique, ni fin Moréri.
2. De leur côté, les Portugais haïssaient profondément les Castillans : voyez les Mémoires de Fontenay-Mareuil, p. .'17.
3. « Capitaine générât du royaume île Tolède. ■• dit l'Histoire généalogique. Il y avait des siècles qu'on ne parlait plus de royaume de To: lède, et cette ville n'était (pie la capitale de la Nouvelle-Castille.
4. Il n'était que favori, mais presque égal à un premier ministre parles privilèges de ses charges : voyez ci-après, p. 553, etc., les Relations vénitiennes. Le Moréri dit, et c'est ce qui a trompé notre auteur : <• Il étoit regardé comme le premier ministre d'État de la monarchie d'Espagne. »
5. Ci-dessus, p. 107. Comparez les Écrit» inédits, tome Y, p. 380, et ci-après, appendice XII, le Portrait de la cour d'Espagne en 1701 , p. 529. Voltaire {Siècle de Louis XIV, p. 299) dit (pie cette disgrâce (sinon celle de 1691) fut provoquée par Oropesa lui-même, qui, comme étant de la maison de Bragance, osa soutenir en plein conseil les droits du roi Pierre II de Portugal à la succession d'Espagne, en qualité de descendant d'un fils naturel de Pierre le Justicier. On voit, au contraire, dans la correspondance de M. d'Harcourt (recueil Hippeau, tome II, p. 28, 44, 47, 48, 71 et 78), qu'il donnait à corps perdu dans le parti autrichien pour se maintenir au pouvoir. Mais, plus anciennement, en 1685, lors d'une émotion populaire contre les Français, M. d'Oropesa, faisant alors les fonctions de premier ministre par intérim, avait été soupçonné de fomenter ces désordres. Les Mémoires de Sourches disent à ce propos (tome I, p. 291; comparez le Journal de Dangcau. tome 1, p. 203) : <• H étoit de la maison de Bragance, qui est celle du
seigneur et de cette branche. Lassé de son exil, auquel il ne voyoit point de fin1, il passa du côté de l'Archiduc8 en 1706, et mourut à Barcelone, en décembre de l'année suivante, à soixante-cinq ans3. 11 avoit mené ses deux fds avec lui : le marquis d'Alcaudete eut douze mille livres de pension de l'Empereur sur Naples,et ne fit ni fortune ni alliance'; l'ainé3passa à Vienne, fut chambellan de l'Em-
roi de Portugal, el même l'aîné des branches cadettes, qui pouvoit hériter de la couronne, et on disoil que son dessein avoit été de faire déclarer la reine incapable d'avoir des enfants, pour faire dissoudre son mariage et marier ensuite le roi avec l'infante de Portugal. » Quatre ans après, la jeune reine, notre princesse d'Orléans, mourut subitement, et sa mort passa pour être le résultat d'un empoisonnement tramé entre Oropesa et l'ambassadeur impérial, comte de Mansfeld : voyez notre tome IV, p. "287, note 6. Garma (Thealro universal, tome IV, p. "266) donne des dates de sa participation aux travaux du conseil d'État un peu différentes de celles que nous avons établies, d'après les gazettes, dans notre tome VII, p. 252 et 253.
1. Blécourt s'opposait à ce qu'on le rappelât, l'estimant des plus dangereux : Avènement des Bourbons, tome II, p. 417. Voyez néanmoins la lettre de félicitation qu'il avait adressée au roi de France : Dépôt des affaires étrangères, vol. Espagne 85, fol. 49:2.
2. C'est ce même fils cadet de l'empereur Léopold pour lequel nous avons vu, en 1700, le parti autrichien briguer la succession de Charles II, et, presque au début de la guerre qui va s'ouvrir, il sera proclamé roi d'Espagne, sous le nom de Charles III, par les ennemis de Louis XIV, tandis qu'on ne l'appellera jamais que l'Archiduc en France. En 1704, nous le verrons passer en Portugal, puis en Espagne, faire une campagne victorieuse en 1705, une autre encore plus heureuse en 1706, dégager Barcelone, et pénétrer jusque dans Madrid. C'est alors que la défection sera presque générale dans les royaumes de Valence et d'Aragon, comme dans les Flandres, et qu'un certain nombre de personnages considérables abandonneront Philippe V.
3. Comparez la suite des Mémoires, tomes IV de 1873, p. 441-442, et V, p. 397, et l'Addition au Journal de Dangeau, tome XII, p. 66.
4. « Antoine de Cordoue Portugal Tolède, comte (et non marquis) d'Alcaudete, auquel l'Empereur donna une pension de quatre mille écus sur le royaume de Naples en octobre 1716. » (Histoire généalogique, p. 628.) Ni Imhof, ni Vayrac ne parlent de ce fds cadet. La Gazette de 1727 le mentionne (p. 330) comme colonel dans les troupes impériales.
5. Vincent -Pierre-Ferdinand (Imhof, Gencalogise XX illuslrium in Hispania familiarum, p. 314), marquis de Frechilla et de Jarandilla, né
pereur, chevalier de la Toison d'or en 17121, puis gardesceau1 de Flandres. II étoit gendre et beau-frère des dues de Frias, connétables de Castille\ La paix étant faite en 1725*, en avril, entre l'Empereur et Philippe V, le comte d'Oropesa5 revint avec sa femme en Espagne, où il mourut bientôt après0. Son fil s unique7 y épousa fort jeune la fille du comte de S. Estevan-de-Gormaz, premier capitaine des gardes du corps, et qui devint peu après marquis de Villena et majordome-major du roi à la mort de son père8. Le comte d'Oropesa son gendre fut fait chevalier de la Toison d'or, et mourut peu après sans
le 5 avril 1683, succéda à la grandesse et au titre de comte d'Oropesa. « Ce soigneur, dit Vayrae, a de bonnes qualités; niais, entraîné par le mauvais exemple de son père, il passa en 1706 parmi les ennemis, et laissa à Madrid son fils, que le Roi prit sous sa protection, et qu'il fait élever avec soin. •> Il avait été capitaine général de la Nouvelle-Castille.