Le père lui-même existait aussi lors de l'avènement
5. Le. fils, celui que Saint-Simon connut en 1721, était né le 17 octobre 1676, et s'appelait Pierre-Nuno III, marquis de la Jamaïque. C'est sous ce titre qu'il vint en mars 1701 à la cour de Versailles, pour affirmer le dévouement de la Sicile, dont son père était vice-roi (Danyeau, tome VIII, p. 51; Mercure, mars 1701, p. 156-158). Il fera la campagne de 1704 comme aide de camp de Philippe V, reviendra remplir une mission de compliment en juillet 1705, sera nommé vice-roi de la Sardaigne, où les Impériaux le feront prisonnier de guerre en 1708, aura la vice-royauté de Navarre en février 1712, le ministère de la marine et du commerce en février 1715, une place au conseil de guerre en 1726, une charge de gentilhomme de la chambre, une commanderie de Saint- Jacques, etc. 11 mourut à Madrid, le 4 juillet 1733, âgé de cinquantesix ans, ayant perdu, le 28 mai 1712, sa femme, fille du duc de Sessa,
la duchesse de Liria1, a recueilli toute la riche succession. J'aurai lieu ailleurs2 de parler d'elle et de son frère5, dernier duc de Veraguade la branche de Portugal4, cadette de celle de Gadaval, dont je dirai un mot par curiosité à cause des alliances lorraines qu'elle a nouvellement prises en France.
Cadaval restée (>» a vu3 que Georges, comte de Gelves,de qui descenen Portugal, dent les ducs de Veragua, étoit frère puîné de Roderic, marquis de Ferreira, d'où sont sortis les ducs de Cadaval,
âgée de vingt-trois ans, mère d'un fils et d'une fille qui moururent en bas âge, et, en juillet 1714, sa propre mère (Gazette, p. 375), fille du comte d'Ayala.
1. Catherine-Ventura de Portugal y Avala, née le 14 juillet 1690, épousa : 1" le lo août 1709, François de Tolède, comte de Villa-Harta ; 2° le 31 décembre 1716, Jacques Fitz- James, comte Tvnemouth, puis duc de Leiria ou Liria et de Xerica, en Espagne, enfin duc de Berwick à partir de 1734, seul fils issu du premier mariage de notre maréchal. Elle fut faite dame du palais de la princesse des Asturies en octobre 1721, et mourut en 1740, deux ans après son mari.
2. Tomes III de 1873, p. 109 et 13S, XVII, p. 313-314, et XVIII, p. 23, 46-48, 109, 129, 325, etc.
3. 11 se vantera d'avoir tiré de ce duc de Veragua de « bonnes instructions sur les grandesses, les maisons et les personnages d'Espagne, » mais fera un singulier crayon de sa personne malpropre, de ses galanteries, et répétera plusieurs fois, à tort, qu'il ne s'était pas marié.
4. Dans la digression des Écrits inédits, il avait fini ainsi cet article, en y joignant un tableau synoptique de la maison royale de Portugal et des quatre branches de Bragance : « Le duc de Veragua n'a ni femme, ni enfants, ni dessein, à ce qui paraît, d'en avoir (voyez la note précédente et p. 121, note 5), de sorte que voila Oropesa, Lemos, Cadaval et Veragua, les quatre branches sorties de Bragance seules existantes, éteintes, si le dernier comte d'Oropesa, mort si jeune et si nouveau marié, n'a point laissé d'enfant mâle, et les trois autres prêtes à s'éteindre. Le duc Pierre de Veragua d'aujourd'hui a eu, quoique très jeune alors, de grands emplois sous Philippe V, l'administration des finances et du conseil des Indes, et conseiller d'État. Le cardinal Alberoni le fit arrêter fort injustement. Il revint à la disgrâce de ce premier ministre, et il est gentilhomme de la chambre et chef du conseil de guerre.... » Le titre ducal est passé, depuis la fin du siècle dernier, des Berwick-Gelves- Portugal aux Ortegon-Larreategui.
«H. Ci-dessus, p. 1 19.
tous deux (ils d'Àlvare, fils et frère puîné de Ferdinand 1er et de Ferdinand II1, ducs de Bragance. Alvare épousa Philippe, fdle héritière de Roderic de Mello, comte d'Olivenca" : ce qui a fait ajouter le nom de Mello3 à celui de Portugal à toute cette branche jusqu'à aujourd'hui. Roderic, chef de cette branche, François et* Nuno-Alvarez, fils et petit-fils de Roderic, portèrent le nom de marquis de Ferreira, et tous demeurèrent en Portugal5. François6, fils de Nuno-Alvarez, aidé de Roderic son frère, administrateur de l'évèché d'Evora7, et de sa charge de général de la cavalerie de Portugal, eut une part principale à la révolution de Portugal qui remit le duc de Bragance sur le trône s. Il commandoit la cavalerie pour ce prince à la bataille de Badajoz que les Espagnols perdirent en 1644'', après avoir été ambassadeur en France en 1641, et mourut en 1645 à Lisbonne. Ses frères10, qui n'eurent point d'enfants, eurent de grands emplois en Espagne et en Portugal. Le roi de Portugal étant mort en 1656", après quinze
I. Toujours Ferd., en abrégé. — "1. Histoire généalogique, p. 637.
3. Bourg de la province de Be'ira, à vingt-six kilomètres N. 0. de Guarda.
4. Fr. est en abrégé, et la conjonction et a été ajoutée en interligne.
5. L'Histoire généalogique ne dit rien d'eux, si ce n'est que le dernier mourut en Afrique. Voyez une généalogie plus complète dressée par le P. Ange, Arch. nat., K 1333, n° 8, p. 313 et suivantes.
6. François 11, chevalier de Saint-Jacques, grand veneur, etc.; mort en mars 164a* : Histoire généalogique, p. 640; Gazette de 4645, p. 383, et de 1727, p. 127.
7. Ce Roderic ne fut nommé administrateur d'Evora qu'en 16421; après la révolution, et mourut sans avoir eu ses huiles. Evora, dans la province d'Alemtejo, à l'est de Lisbonne, était, depuis l">iO, le siège d'un archevêché, et non d'un évêché.
8. C'est à Evora que les deux frères firent proclamer roi Jean IV de Bragance, le "i décembre 1640, en même temps que les Espagnols étaient expulsés de Lisbonne, et ce prince tif le marquis de Ferreira grand maître d'hôtel de la reine.