‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 113 sur 556 · Après tiroit, il a biffé un second toujours · texte numérisé non relu

Après tiroit, il a biffé un second toujours

regards altiers à Mme de Maintenon, et quelques plaisanteries salées jusqu'à l'amertume. Trop enhardie par une longue habitude de succès, elle osa s'enfermer à Port- Royal toute une octave de la Fête-Dieu1. Son absence fit un vuide qui importuna le Roi, et qui donna beau jeu à Mme de Maintenon sur la découverte. Le Roi en dit son avis au comte de Gramont fort aigrement, et le chargea de le rendre à sa femme. Il en fallut venir aux excuses et aux pardons, qui furent mal reçus. Elle fut renvoyée à Paris, et on alla à Marly sans elle. Elle y écrivit au Roi, par son mari2, sur la fin du voyage; mais on ne la put jamais résoudre à écrire à Mme de Maintenon, ni à lui faire dire la moindre chose3. La lettre demeura sans réponse, et parut sans succès. Peu de jours après le retour à Versailles, le Roi lui fit dire par son mari d'y venir : il la vit dans son cabinet par les derrières, et, quoique très expressément elle tînt ferme sur Port-Royal, ils se raccommodèrent à condition de n'y plus faire de ces disparades, comme lui dit le Roi, et d'avoir pour lui cette complaisance. Elle n'alla point chez Mme de Maintenon, qu'elle ne vit qu'avec le Roi comme elle avoit accoutumé4, et fut mieux avec lui que jamais. Gela s'étoit passé l'année précédente5. Le présent des Moulineaux, cette petite maison

i. C'est l'anecdote qui suit qui a déjà donné lieu de parler de la comtesse en 1699.

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