‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 131 sur 556 · Pas est en interligne · texte numérisé non relu

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6. Au beau temps de la comtesse de Soissons, Gourville avait été admis à jouer chez elle avec le jeune souverain. Ce que Saint-Simon appréciait le plus sincèrement chez ces parvenus de mérite, on le voit ici encore, c'était de ne « se point méconnaître, » c'est-à-dire de n'oublier jamais la distance qui les séparait des grands seigneurs, comme faisaient Vauban, Bachelier, Béchameil, Mareschal, Ducasse, etc.: cidessus, p. 27, 75, 95, 106, et ci-après, p. 335 et 342.

7. Le duc avait trois sœurs : Marie-Catherine, née le 22 février 1637 ;

continuellement chez elle à l'hôtel de la Rochefoucauld, mais toujours, et avec elle-même1, en ancien domestique de la maison. M. de la Rochefoucauld et toute sa famille le savoient, et presque tout le monde ; mais, à les voir, on ne s'en seroit jamais aperçu2. Les trois sœurs filles, et celle-là, qui avoit beaucoup d'esprit, et3 passant pour telles4, logeoient ensemble dans un coin séparé de l'hôtel de la Rochefoucauld, et Gourville à l'hôtel de Condé5. G'étoit un fort grand et gros homme, qui avoit été bien fait, et qui conserva sa bonne mine6, une santé parfaite, sa tête entière jusqu'à la fin7. Il avoit peu de domesti-

Henriette, née le 13 juillet 1638; Françoise, née le 9 août 1641 (suite de nos Mémoires, éd. 1873, tome IX, p. 400). On voit dans les Mémoires de Gourville lui-même ces trois demoiselles, avec l'abbé de Marcillac leur frère, l'accompagnant à Aix-la-Chapelle en 1687, et, en 1688, il leur abandonna une créance de près de trois cent cinquante mille livres qu'il avait sur leur père. C'est sans doute de l'aînée, dite Mlle de la Rochefoucauld, qu'il s'agit ici. Elle mourut le 5 octobre 1711 : « Fille d'un fort grand mérite, dit Dangeau (tome XIV, p. 6), et qui n'avoit jamais voulu être mariée. » Comme Gourville, elle fit des fondations à la Rochefoucauld pour l'instruction de la jeunesse et pour l'assistance des jeunes filles incurables. La seconde sœur, dite Mlle de Marcillac, mourut le 3 novembre 1721, ayant légué tout son bien à ses domestiques; la troisième, dite Mlle d'Anville, était morte le 22 mars 1708. Il fut question, en 1668, de marier une de ces trois demoiselles avec le duc Jean-Frédéric de Brunswick.

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