‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 137 sur 556 · Tome II, p · texte numérisé non relu

Tome II, p

4. Nous avons déjà vu que c'était l'insigne distinctif des troupes françaises (tome V, p. 362, note 3), tandis que la cocarde espagnole était rouge. Comparez Dangeau, tome IX, p. 231 et 232, Sourches, tomes XI, p. 148, et XII, p. 10, les Mémoires de Tessé, tome I, p. 257, etc.

5. Les ennemis se retirèrent en bon ordre malgré la fuite d'Opdam, et l'armée des deux couronnes ne put les couper: aussi réclamèrent-ils l'honneur de la journée, comme on le voit dans les feuilles de leur parti. Il en avait été de même après Luzzara. Le Mercure répondit en juillet, p. 285-290. Une médaille fut frappée pour YHistoire métallique.

6. Ce fort, surnommé la Bride d'Anvers, sur la rive droite de l'Escaut, à douze kil. au-dessous de la ville, commande l'entrée du fleuve. Il y avait eu des offres de nous le livrer : Mémoires deSourches, tome VIII, p. 65.

7. Cette lettre et une de Coëhorn sont reproduites dans la Gazette, a Gazette de Bruxelles, les Mémoires de Sourches, le Mercure, etc.

Toison d'or à Bouftlers.

Bedmar conseiller

d'État

en Espagne.

de brevet

de retenue,

outre

300 000 autres,

à Chamillart.

Succès de mer.

Waldstein,

ambassadeur

de l'Empereur

sonnière de guerre tout à la fin d'août1. Il ne se fit plus rien de part ni d'autre. Cette victoire d'Eckeren fut si agréable au Roi et au roi d'Espagne, que le maréchal de Boufflers en eut la Toison d'or2, et le marquis de Bedmar le brevet de conseiller d'État3, qui est le comble de la fortune en Espagne et ce que nous appelons ici ministre d'État4. Chamillart profita de la bonne humeur : il avoit cent mille écus de brevet de retenue sur sa charge de secrétaire d'État, qu'il avoit payés aux héritiers de Barbezieux : il en eut encore autant de plus5.

Coètlogon6, avec cinq vaisseaux, prit, le 22 juin7, vers la rivière de Lisbonne, cinq vaisseaux hollandois, après un grand combat et fort opiniâtre8, qui dura jusqu'à la

1. Le 25 août : Dan g eau, p. 279; Sourches, p. 158, 161, 163 et 164 ; Gazette, p. 443 ; Mercure d'octobre, p. 61-85 ; Mémoires militaires, p. 118- 120 ; Gazette d'Amsterdam, n° lxxi; Mercure historique, tome XXXV, p. 225-226 et 337-339 ; Quincy, Histoire militaire, tome IV, p. 32-37, etc.

2. Dangeau, p. 272 et 407. La lettre par laquelle Boufflers remercia Louville de lui avoir procuré cette distinction, en date du 3 septembre 1703, a passé dansune vente d'autographes faite par M. Etienne Charavay le 27 décembre 1890. Celle par laquelle Philippe V lui avait annoncé sa nomination, et le compte rendu de sa réception, 15 janvier 1704, sont dans le ms. Clairambault 1 163, fol. 162 et 167 v°. Comparez la Gazette de 1704, p. 47, et le Mercure de janvier, p. 323-324.

3. Dangeau, p. 280-281 et 294. Comme on avait déjà délivré plusieurs brevets ou promesses de places dans le Conseil, il fallut justifier cette distinction exceptionnelle. M. de Bedmar demandait alors la vice-royauté de Sicile : lettre de Mme des Ursins à Torcy, 30 août 1703.

4. Cette assimilation se reproduit chaque fois; en dernier lieu, dans notre tome X, p. 220 et 384.

5. Dangeau, p. 234; Mercure de juillet, p. 254-258; brevet du 8 juillet : Arch. nat., 01 47, fol. 110 v°.

6. Le chef d'escadre, nommé lieutenant général et capitaine général par Philippe V : tome I, p. 268.

7. Lisez : mai. La nouvelle arriva le 10 juin : Dangeau, p. 210 et 216; Sourches, p. 101; Gazette de Bruxelles, p. 377, 383, 386, 391- 392, 396, 403-404 et 434; Gazette d'Amsterdam, n° lviii; Mercure de juin, p. 284-294, 295-301, etc.

8. « L'on dit qu'un combat a été fort opiniâtre, pour dire qu'il a été soutenu longtemps avec vigueur de part et d'autre » (Académie,

nuit1. Ces vaisseaux hollandois escortaient cent voiles en Portugal, marchandes, qui eurent le temps de se sauver. Le comte pri de Waldstein2, ambassadeur de l'Empereur à Lisbonne3, fut pris sur un des vaisseaux de guerre avec un envoyé de l'électeur de Mayence4, qui s'en retournoient en Allemagne. Waldstein fut amené à Yincennes5, et, quelque temps après, envoyé à Bourges, où il demeura assez longtemps avec Saint-Olon, gentilhomme ordinaire, chargé de pren-

1718). Voyez la Gazette de 1643, p. 865, de 1644, p. 228, de 1650, p. 1688, de 1666, p. 671, de 1678, p. 747, etc.

1. Ce détail, qui n'est pas fourni par Dangeau, est inexact. Le combat, engagé avant midi, dura deux heures environ. Voyez la relation officielle, imprimée par Fr. Ravaisson dans les Archives de la Bastille, tome XI, p. 94-95.

2. Charles-Ernest, comte de Waldstein ou Wallenstein-Dobrowicz, né le 13 mai 1661, fils d'un grand chambellan de l'Empereur et chevalier de l'ordre de Saint-Jacques, avait été fait chambellan et chargé d'une mission extraordinaire à Madrid en mars 1689, puis était allé à Turin comme envoyé extraordinaire (décembre 1692). Après la paix, en 1698, on avait pensé qu'il viendrait représenter l'Empereur en France (Dangeau, tome VI, p. 375) ; mais c'est pour Lisbonne qu'il fut désigné en février 1699, et il y eut sa première audience le 13 juillet 1701, ayant été, au passage, très bien reçu par Louis XIV {ibidem, tome VII, p. 287; Gazette, p. 388-389). Quand il sortit de la captivité dont Saint-Simon va parler, l'Empereur le nomma conseiller d'État secret (22 juillet 1704). Il fut ensuite grand maitre de la maison de l'Impératrice, puis grand chambellan de l'empereur Joseph (août 1709), et mourut le 7 janvier 1713. Il avait épousé une Losenstein, sœur de la duchesse d'Arschot; sa mère était une Harrach, et son père, ancien ambassadeur lui-même, venait de mourir en 1702. Il avait reçu la Toison d'or le 31 décembre 1698.

3. Son titre, en Portugal, était envoyé extraordinaire, et non ambassadeur.

4. Les premières lettres de Mayence surchargent Bavi [ère], — Cet envoyé s'appelait le baron Kock. L'archevêque-électeur était Lothaire- François de Schœnbom, né le 24 septembre 1655, évêque-prince de Bamberg en 1693, élu coadjuteur de Mayence le 3 septembre 1694, devenu électeur le 30 mars 1695. Il mourut sur ce siège le 30 janvier 1729.

5. Vincennes est en interligne, au-dessus de Paris à la Bastille, biffé.

Cardinal Bonsy; son extraction, son caractère,

dre garde à sa conduite1. Saint-Pol Hécourt2, avec quatre vaisseaux, prit ou3 coula à fonds quatre vaisseaux de guerre hollandois au nord d'Ecosse, qui escortoient la pêche du hareng, dont il brûla cent soixante bateaux ; un des vaisseaux coula aussi à fonds. Gela se passa à la fin de juin4. Dans cette même campagne Saint-Pol eut un autre avantage aussi considérable et de la même espèce vers le Nord5. Le cardinal Bonsy mourut à Montpellier vers la mi-juillet de cette année6, à soixante-treize ans7. Il étoit archevêque de Narbonne et avoit cinq abbayes8, et comman-

1. Dangeau, p. 216, 236, 246 et 255 ; Sourches, p. 124 ; Archives de la Bastille, tome XI, p. 95-120. La mauvaise attitude de ce diplomate à l'égard de la France décida le Roi à lui faire subir le même traitement qu'avait essuyé en Autriche le maréchal de Villeroy. Nous le verrons reconduire à la frontière en 1704. Quant à Kock, mis à la Bastille le 18 juillet 1703, avec l'interprète italien du comte de Waldstein, il n'en sortit que le 1er janvier 1709.

2. Ce chevalier de Saint-Pol, nommé Marc-Antoine, gentilhomme originaire des environs de Bâville, où il avait été pris comme page par le comte de Broglie, avait été nommé lieutenant de vaisseau en 1691, capitaine en 1693, et venait de faire plusieurs captures (Mercure d'avril, p. 37-42, 365-368 et 378-385). A la suite d'autres succès, on lui donna une pension de mille livres en août 1703; mais nous le verrons périr en attaquant un convoi et son escorte dans la mer Baltique, le 31 octobre 1705. Le Mercure nous renseigne sur sa famille.

Page 1