‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 158 sur 556 · Ce Prince est en interligne, sur VÊL, biffé · texte numérisé non relu

Ce Prince est en interligne, sur VÊL, biffé

6. Dès la fin de 1702, on avait ordonné à M. de Vendôme de prendre des mesures pour envoyer par le Tyrol un corps d'armée à l'Électeur; mais, sur ses représentations, le projet avait été ajourné. De son côté, Villars songea à une jonction en janvier 1703 (Mémoires militaires, tome III, p. 499; Mémoires de Villars, tome II, p. 53), en croyant alors l'exécution plus aisée que celle de tout autre plan. Plus tard, au milieu du mois de mai, quand l'Électeur lui représenta que l'attaque du Tyrol serait un coup de partie pour délivrer tout d'un coup de la guerre d'Italie, à la seule condition que M. de Vendôme marchât de son côté, ou du moins envoyât un corps considérable vers Trente, Villars chercha son avantage de ce côté-là : Mémoires militaires, tome III, p. 589, 592-593, 613, 614, 629, 633 et 951-952. « Il me semble, disait-il,

passage des Alpes gardées et1 retranchées partout, ni celle des subsistances, qui pouvoient faire périr l'Électeur et ses troupes, comme il en fut au moment, ne parurent rien à Villars. Pour mieux faire goûter au Roi un projet si insensé, il lui proposa celui d'une communication avec l'Électeur par Trente2, qui affranchiroit des dépenses, des difficultés et des dangers de porter par l'Allemagne des recrues, des secours et les besoins aux troupes françoises en Bavière, du moment que, par Trente et le Tyrol, la communication seroit ouverte en tout temps de3 l'armée d'Italie jusqu'en Bavière, par où on auroit le choix de faire les grands et certains efforts en Allemagne par des déta-

que le projet du Tyrol est le plus solide, puisque, par là, Votre Majesté est soulagée certainement de la guerre d'Italie, et que nous pouvons mettre tout d'un coup un prodigieux corps de troupes qui bordera sans péril le Danube depuis sa source jusque bien près de Vienne, et cela sans bataille, si nous le voulons, puisque je n'ai qu'à me bien poster pendant que l'on occupe le Tyrol. » Mais il se défendit d'avoir été le promoteur de ce plan désastreux, et soutint que c'était une imposture de Monasterol : Soulavie, Pièces inédites des règnes de Louis XIV, etc., tome I, p. 260, 278 et 279. En effet, M. de Vogué a établi, dans Villars d'après sa correspondance, tome I, p. 216-218, 223-226 et 284-286, que le plan primitif du maréchal était de converger sur Vienne avec l'Électeur, comme Napoléon Ier le fit en 1809, mais qu'il y eut revirement chez le prince, sous l'inspiration de Ricous, entre le 15 et le 27 mai, et qu'il ne resta qu'à accepter le nouveau plan comme « convenable » et même pouvant produire des avantages infinis par la communication avec l'Italie, toujours à condition que M. de Vendôme y aidât activement. Voltaire a dit, à propos de cette campagne (Siècle de Louis XIV, p. 342) : « Villars était plus fait pour bien servir l'État en ne suivant que son génie, que pour agir de concert avec un prince. Il mena, ou plutôt il entraîna l'Électeur au delà du Danube, et, quand le fleuve fut passé, l'Électeur se repentit, voyant que le moindre échec laisserait ses États à la merci de l'Empereur. » Sur cette entreprise, voyez le Mercure de septembre, p. 138-218 et 333-345.

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