‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 207 sur 556 · En est en interligne · texte numérisé non relu

En est en interligne

s'attachant les Villeroy par le lien le plus indissoluble'. 11 proposa ses vues à M. de Créquy, son gendre2, qui rejeta bien loin l'alliance des Villeroy. Le bonhomme secrétaire d'Etat vivoit encore : après une autre éclipse essuyée sous le gouvernement de la Reine mère et du maréchal d'Ancre3, leur ruine l'avoit rétabli aussi bien que jamais ; mais cette faveur ni l'établissement de Lyon ne pouvoient tenter Créquy- d'une alliance si inégale. Il avoit marié sa fille aînée au marquis deRosny; fils aîné du célèbre Maximilien5 premier duc de Sully6, qui survivoit à sa disgrâce, et qui avoit toujours traité M. de Villeroy avec hauteur, qui, de son côté7, l'avoit toujours regardé aussi comme son ennemi. G'étoit, de tous points, donner à ce gendre un étrange beau-frère ; mais Lesdiguières étoit absolu dans sa famille : il voulut si fermement ce mariage de sa petitefille8 avec le fils d'Alincourt, qu'il fallut bien que Créquy y consentît. Le vieux secrétaire d'Etat eut la joie de voir arriver cette grandeur dans sa famille. Qu'eût-il dit, s'il eût pu savoir le9 torrent d'autres dont elle fut suivie? Ce mariage se fit en juillet 1617i0, et le secrétaire d'État mourut à Rouen, à soixante-quatorze ans, au mois de

Page 1