Voyez l'article du Mercure, février 1703, p
7. Ni goussaut, ni blondasse ne se trouvent dans les premières éditions du Dictionnaire de V Académie. Goussaut (et non goussant, comme a écrit aussi Littré, puisque nous avons ici l'orthographe goussault, et plus loin, p. 49, le féminin goussaude) signifiait, au propre, un cheval à encolure lourde et épaisse. — Littré ne donne pas, de blondasse, d'autres exemples que ceux qu'il a relevés dans nos Mémoires.
8. On a à Versailles, n° 1090, son portrait par Graincourt; d'autres se trouvent dans le ms. Clairambault 1173, fol. 196 et 198.
quelque récit d'action de mer; d'ailleurs, bon homme et honnête homme1. Depuis qu'il fut maréchal de France2 il alloit assez souvent à Marly, où, quand il s'approchoit de quelque compagnie, chacun tournoit à droit ou gauche. Il étoit Breton3, parent de la femme de Cavoye*. qui avoit une maison charmante à Luciennes5, tout auprès de Marly, où Gavoye alloit souvent dîner avec bonne compagnie, et la plupart gens de faciende6 et de manège,
1. Au sens d'homme de bonne compagnie. Comparez un autre portrait dans la suite des Mémoires, tome XIII, p. 188.
2. Il avait protesté, en 1682, contre la nomination de Tourville au grade de lieutenant général.
3. Non pas Breton d'origine, mais Dauphinois, et rattaché seulement à la Bretagne par les établissements que les Retz y avaient procurés à son père, gouverneur de Machecoul et de Belle-Isle.
4. Louise-Philippe, fille du marquis de Coëtlogon (tome III, p. 52), dont une nièce avait épousé le conseiller du Han, parent maternel de la femme du maréchal, Marie-Anne-Renée de la Porte, morte en 1696.
5. Luciennes, Louciennes ou Louveciennes, à trois kil. de Marly, sur un coteau élevé d'où l'on a une vue magnifique sur la vallée de la Seine. Depuis 1685 environ, les travaux de Marly et de la Machine avaient nécessité de nombreuses acquisitions de terres en cet endroit, des terrassements, etc., notamment l'achat de la maison appartenant à un sieur Duchaunoy, avec trente et un arpents alentour, et l'on avait payé des indemnités considérables de non-jouissance aux seigneurs ou propriétaires (Comptes des bâtiments, publiés par M. J. Guifîrey, tome II, ■passim). Le Roi finit par acquérir la seigneurie en 1701, et, à la même époque, pour que Cavoye pût rendre ses jardins « tout à fait aimables, » on expropria les possesseurs des terrains situés entre sa maison et la Seine (Dangeau, tome VII, p. 238-239; Arch. nat., 0* 45, fol. 36 v° à 41 ; arrêts du 27 juillet 1700 et du 1er février 1701, Arch. nat., E 1912 et 1916 ; Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, tome VII, p. 177- 183). Quoique cette maison fût petite (Mémoires du duc de Luynes, tome VII, p. 6), il arriva fréquemment que Cavoye y logeât des invités qui ne trouvaient pas de place à Marly (Dangeau, tome IX, p. 395 et 402 ; Lettres de Mme de Maintenon à Mme des Ursins, tome II, p. 140); le Roi en avait dédaigné pour lui-même la belle situation, et, comme nous le verrous, avait préféré construire dans le vallon de Marly. La maison existe encore.
6. Ce terme était emprunté sans doute à la langue espagnole. « Cabale, intrigue; ne se dit qu'en mauvaise part; il est du style familier »
où tout se savoit, où il se brassoit1 mille choses avec sûreté, parce que le Roi aimoit Cavoye et ne se défioit point de ce qui alloit chez lui. C'étoit un monde trayé, et ce qui étoit hors de ce cercle ne s'exposoit pas à l'y troubler. M. de Lauzun, trop craint pour être jamais de quelque chose, et qui le trouvoit fort mauvais, voulut au moins se divertir aux dépens de gens avec qui il n'avoit point d'accès : il se mit, au commencement d'un long voyage de Marly, à accoster Châteaurenault2, puis à lui dire que, comme son ami, il vouloit l'avertir que Cavoye et sa femme, qui se faisoient honneur de lui appartenir, seplaignoient de ce3 qu'il ne les voyoit point et qu'il n'alloit jamais chez eux à Luciennes, où ils avoient toujours bonne compagnie; que c'étoit des gens que le Roi aimoit, qui étoient considérés, qu'il ne falloit point avoir contre soi quand on en pouvoit aussi aisément faire ses amis, et qu'il lui conseilloit, comme le sien, d'aller à Luciennes et souvent et longtemps, et de les laisser faire et dire; qu'il l'avertissoit qu'ils avoient la fantaisie de recevoir froidement et de faire tout ce qu'il falloit pour persuader aux gens qu'ils ne leur faisoient pas plaisir d'aller chez eux, mais que c'étoit un jargon 4 et une marotte5 ; que chacun avoit ses manières et sa fantaisie, que telle étoit la leur, mais qu'aux fonds6 ils seroient outrés qu'on les en
(Académie, 1748). On le trouve dans Sully et dans Richelieu, comme dans la Fontaine. P. de l'Estoile et Richelieu employaient aussi faciendaire, au sens d'homme de faciende.
1. Brasser, au sens de négocier, tramer secrètement, ne se disait qu'en mauvaise part, selon l'Académie de 1718. Je le trouve aussi dans les Mémoires de Cheverny, éd. Buchon, p. 265. Saint-Simon l'emploiera souvent.