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7. Pour se disculper, elle fit envoyer par la reine elle-même un état des occupations quotidiennes du roi : chaque jour, matin et soir, séances du despacho; trois fois par semaine, chapelle publique, deux foisdiner public, deux fois audience publique; tous les matins, appartement ouvert aux courtisans; chasse presque tous les jours, et audiences particulières ; les jours de fête et les dimanches, promenade au
et de l'autre cour. Rien ne se régloit au despacho sur-lechamp, nom qui, depuis le retour du roi, succéda à celui de junte, et qui étoit la même chose, et où la reine n'assistoit plus. Le roi, qui, sans elle, n'avoit garde de se déterminer sur quoi que ce fût, et qui assistoit très exactement au despacho, en emportoit tous les mémoires chez la reine ou chez Mme des Ursins. Orry, dont on a vu l'union intime avec elle1, et qui avoit les finances et le commerce, s'y2 trou voit en quart avec eux; et là se prenoient toutes les résolutions, que le roi reportoit toutes
dehors, en carrosse ou à pied; visites fréquentes aux églises et couvents.
1. Tome X, p. 389-391. A une lettre favorable du cardinal Portocarrero (27 septembre 1702), Chamillart avait répondu : « Votre Excellence ne doit pas douter que je ne m'intéresse véritablement au succès des projets du sieur Orry. Je l'ai proposé au Roi comme un homme laborieux, capable des plus grandes affaires, propre à les suivre et à soulager ceux des ministres d'Espagne qui sont chargés du soin des finances. L'intention de S. M. n'a point été, en l'envoyant à Madrid, de le charger d'aucun événement. C'est à S. M. Catholique et à son Conseil à profiter de son travail et de son application. Si elle trouve quelque chose qui puisse contribuer à une meilleure régie qui pourroit soulager ses sujets et augmenter ses revenus, je seconderai toujours par mon zèle le désir sincère de S. M. pour ce qui pourra contribuera rendre à la monarchie espagnole sa première grandeur.... » (Arch. nat., G7 1092.) Mme des Ursins écrivait à Torcy, le 25 octobre 1702 : « M. Orry est très propre pour servir le Roi en Espagne. On a de la confiance en lui, son habileté est connue, et il portera tous ces gensci, mieux que personne, à faire ce qu'il voudra, parce qu'il connoît leur foible et les sait prendre par raison. » Voyez aussi une des lettres au duc d'Harcourt publiées dans les Mémoires de V Académie de Caen, 1862, p. 412 et suivantes. Au contraire, l'abbé d'Estrées, tout en reconnaissant quelques talents à Orry, se plaignait de son indocilité, de sa roideur, et le cardinal d'Estrées dénonçait sans cesse « son arrogance, ses voleries, son ambition de se rendre maitre du cabinet. » (Mémoires de Noailles, p. 147, 148, 153; Mémoires de Louville, tome II, p. 88; Combes, la Princesse des Ursins, p. 146-149.) On avait jugé prudent de former une junte pour l'examen de ses projets, composée du président de Castille et de MM. de Fuensalida et del Fresno ; mais les cardinaux firent révoquer ces nominations.