‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 350 sur 556 · Comptoit, en interligne, corrige croyoit, biffé · texte numérisé non relu

Comptoit, en interligne, corrige croyoit, biffé

passer pour un chevalier de l'Ordre1, et se croyoit bien distingué des conseillers d'État de robe, dont il étoit, par ce ridicule accoutrement. Nous avons vu Courtin refuser une place de conseiller au conseil royal des finances2, et la première place parmi les ambassadeurs du Roi à Ryswyk3, quoique le Roi lui eût permis, à cause de ses mauvais yeux, de mener avec lui Mme de Varengeville, sa fille, qui étoit veuve depuis longtemps et demeuroit avec lui, de lui confier le secret des affaires, et de se servir de sa main pour tout ce qu'il ne voudroit pas confier à des secrétaires4. Mme de Varengeville étoit une grande femme très bien faite, et lors encore5 fort belle et de grand air, qui avoit beaucoup d'esprit et de monde. Elle avoit épousé6 sans bien un espèce de manant de Normandie fort riche, dont le nom étoit Roque, mais qui avoit de l'esprit et du mérite, et qui fut longtemps ambassadeur à Venise. Il mourut peu après son retour, et auroit été plus loin, s'il avoit vécu. Il laissa deux filles : le président de Maisons en épousa une, dont j'aurai occasion7 de parler, et Villars l'autre, qui, tôt après ce mariage, devint maréchale, et enfin duchesse8. Mais je ne puis quitter Courtin sans conter son aventure cynique9 avec Fieubet10. G'étoit un autre conseiller d'État11, très capable, d'un esprit charmant, dans

Madame de Varengeville.

Étrange vol

procuré

à Courtin

par Fieubet;

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