‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 375 sur 556 · Ci-dessus, p. 83-84. — 7. Pelotons corrige trou\yes · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 83-84. — 7. Pelotons corrige trou\yes

8. Dangeau a enregistré quelques-unes de ces nouvelles h mesure

l'argent et des armes avec de grandes promesses de secours1. Genève les soutenoit aussi de tout ce qu'elle pouvoit sourdement, et les fournissoit de prédicants. Le plus embarrassant étoit leurs intelligences dans le pays même. Rochegude, gentilhomme de dix ou douze mille livres de rente, fut, entre autres, arrêté, accusé par un officier hollandois qui fut pris, et qui, pour n'être point pendu, le décela et promit de découvrir beaucoup d'autres choses. G'étoit à Rochegude que lui et ses camarades avoient ordre de s'adresser quand ils auroient besoin d'argent, d'armes et de vivres2, et il y

qu'elles arrivaient. Les mesures de rigueur se multipliaient. Le maréchal, ayant reçu l'ordre de détruire trente et une communautés ou paroisses qui étaient des repaires dangereux entre tous, fit cette exécution du 29 septembre au 14 décembre. Voyez la Gazette de Bruxelles, p. 659-660, et Y Histoire du Languedoc, éd. Roschach, tome XIV, col. 1860-1861. Le P. Léonard a réuni un certain nombre de lettres écrites du Languedoc dans ce temps-là : Arch. nat., M 766, n° 1.

1. Dangeau,\>. 292 (comparez p. 300) : « On a arrêté au Pont-Saint- Esprit quelques officiers hollandois qui alloient porter de l'argent aux Fanatiques de Languedoc et les animer de belles espérances d'un prompt secours. » Notre auteur a déjà parlé ci-dessus, p. 82-83, des relations du Fanatisme avec les ennemis de l'étranger, comme avec la noblesse du pays même.

2. C'est Dangeau qui note cette nouvelle, le 25 septembre (p. 302) : « M. de Montrevel a fait arrêter en Languedoc le marquis de Rochegude, qui est un homme riche de dix ou douze mille livres de rente, accusé par un officier que les Hollandois envoyoient aux Fanatiques et qui a été arrêté au Pont-Saint-Esprit. Cet officier, que l'on n'a point fait pendre parce qu'il a promis de découvrir beaucoup de choses, a dit que ses camarades et lui avoient ordre de s'adresser au marquis de Rochegude quand ils auroient besoin d'argent, de vivres ou d'armes. » La même information parut dans la Gazette d'Amsterdam du 8 octobre, n° lxxxi, et dans la Gazette de Bruxelles du 12, p. 652-653. Suivant ces deux feuilles, le maréchal invita M. de Rochegude, qu'on ne soupçonnait point de connivence avec ies rebelles, à venir dîner chez lui, et le fit mettre en arrestation au moment même où il déclarait que son intention était de ne plus servir le Roi en qualité de simple capitaine, mais de lever un régiment. Ce n'était point, comme le texte de Dangeau le porte, le marquis de Rochegude en Vivarais, mais son fils, Charles de Barjaç, seigneur de Rochegude, le seul resté en France d'une

avoit1 plusieurs gens distingués dans ces pays-là, qui ne donnoient aucun soupçon, et qui se trouvèrent des plus avant dans cette révolte.

famille qui joua un rôle considérable dans l'émigration protestante. Le grand-père, réfugié sur les bords du lac de Genève, était mort à Vevey en 1695. Le père, Jean de Barjac, marquis de Rochegude, marié en 1672 à Françoise d'Agoult de Bonneval, mourut aussi à Vevey en 1720, trois ans après sa femme. Charles de Barjac fut retenu peu de temps par M. de Montrevel, mais n'alla rejoindre ses parents à Vevey qu'au mois de mars 1713. Là, devenu bourgeois suisse, il se maria fort tard, le 22 janvier 1725, et mourut le 23 octobre de la même année, dernier rejeton mâle de cette branche de Barjac. Son père avait été chargé, à plusieurs reprises, de négocier pour les fugitifs français en Angleterre, en Brandebourg, à Utrecht, dans les cours du Nord, etc. Jurieu a glorifié tous ces personnages pour leur constance et leur dévouement aux intérêts de la religion persécutée. Ils avaient été dénoncés en mars 1703, comme envoyant aux « scélérats » des Cévennes de gros secours d'argent, d'hommes, etc. (Histoire du Languedoc, éd. Roschach, tome XIV, col. 1723-1724). Voyez leur généalogie imprimée dans le dossier bleu 1391 du Cabinet des titres, fol. 14, et plusieurs articles du Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme français, année 1868, p. 353-373, et année 1889, p. 528-549 et 613-615.

1. Le manuscrit porte : il y en avoit, et ensuite gens a été ajouté en interligne. — On peut citer le chevalier de Saint-Remy (simple villageois qui avait pris le nom de son pays en abjurant la religion catholique), qui fut rompu vif à Nîmes le 19 juin; le marquis de Saïgas, qui fut condamné seulement aux galères pour la vie, le 28 juin, encore que M. de Montrevel eût souhaité la peine de mort (il avait prêté sa maison aux Fanatiques et trahi le maréchal) ; deux gentilhommes, dont un ancien garde du corps, exécutés le 6 juillet pour avoir trahi également le maréchal (Gazette a" Amsterdam, n° lv, Extr. lvi, n° ux et n° lx, correspondance de Nimes) ; le juge de Ganges, coupable d'avoir correspondu avec les Fanatiques (Gazette de Bruxelles, p. 381), etc.

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