‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 402 sur 556 · Ce membre de phrase incident a été biffé · texte numérisé non relu

Ce membre de phrase incident a été biffé

manquent en quelque chose de public, ou faire que le Roi y mette ordre, et, après leur année, rendre compte au chapitre de tout ce qui s'est passé pendant leur administration, où les deux suppléent en tout à l'absence du troisième, et, pour les choses qui seroient urgentes, un seul en l'absence des deux. Le chancelier est toujours commissaire-né, comme surintendant de l'Ordre, et peut autant que chacun des trois commissaires, à la différence des trois autres grands officiers, qui ne le sont que pour ce qui concerne chacun sa charge. C'est au chancelier à les assembler, quand il y a lieu de le faire, et toujours chez lui, non par supériorité, mais parce que les papiers sont censés chez lui, et que les autres officiers, grands et petits, y apportent les leurs. Les commissaires peuvent aussi s'assembler d'eux-mêmes, ou à la réquisition de l'un d'eux, quand ils le trouvent à propos ; mais, depuis qu'il n'y a plus d'observation de règle et de Statuts, et qu'on se moqueroit de qui voudroit en parler, qu'il n'y a plus ni chapitre ni rien de sérieux, les grands officiers se sont peu à peu emparés de l'Ordre par leur nécessaire gestion, chacun dans son office, et par l'autorité de leurs personnes, presque toujours dans les principaux emplois du ministère. Les commissaires sont nommés par le chancelier, ne savent et ne s'informent de rien de ce qui se passe en aucun genre dans l'Ordre, et n'ont ainsi aucun compte à rendre, ni plus personne à qui le rendre, par la cessation des chapitres. Ils ne se mêlent de quoi que ce soit, et ne servent que pour la forme à mettre leur signature au bas des comptes, à la courte reddition desquels on leur dit ce que l'on veut, sans qu'ils s'informent de rien, ni qu'ils aient crédit ni autorité sur quoi que ce soit. Ils sont dans l'ignorance entière s'il y a de l'argent, ce qu'il devient, s'il n'y en a pas ; c'est le chancelier et le grand trésorier qui font ensemble ce qui leur plait là-dessus. L'abbé de Pomponne, qui, lors de la promotion de 1724, trouva le trésor fort rempli par la longue et nombreuse vacance de colliers, et par conséquent de pensions de mille écus accumulées, proposa, quelque temps après que M. le cardinal de Fleury fut devenu premier ministre, d'employer ces fonds à rembourser les brevets de retenue des grands officiers de l'Ordre sur leurs charges, afin qu'à leur mort le Roi en pût disposer plus librement et en faire de plus grandes grâces. M. le cardinal le trouva bon, et le fit agréer au Roi. Le duc de Villars-Rrancas et le comte du Luc étoient lors commissaires, présents à Paris, et le prélat en son diocèse. Au premier chapitre d'après cet agrément secret, l'abbé de Pomponne, en y entrant, en étrangla un mot aux deux commissaires sans leur donner le loisir de rien, car on enlroit dans le cabinet du Roi, là debout, découverts, sans ordre ni rang, et les uns sur les autres autour de la table du Conseil, le Roi au haut bout, debout aussi et découvert, l'abbé de Pomponne à l'autre bout, comme sont depuis longtemps tous les chapitres. L'abbé, en deux mots, proposa l'affaire ; personne ne dit mot, ni le Roi non plus, comme de coutume, et l'affaire fut censée passée de la sorte. Pendant l'appel des chevaliers,

qui se fit l'instant d'après, comme à l'ordinaire, pour se ranger en ordre de marche, chacun parla à son voisin avec grand scandale, et ce fut tout. Monsieur le Duc seulement, qui rencontra le duc de Brancas après la cérémonie, en passa un peu fortement sa mauvaise humeur sur lui, comme étant un des commissaires, qui s'excusa comme il put sur la surprise, sur son compagnon, et sur ce que, sur1 la chose qu'ils vo voient convenue, ils n'avoient osé parler. Ainsi ces quatre grands officiers mirent en poche leurs brevets de retenue aux dépens de l'Ordre, dont ils eurent leurs gages avec le revenu de l'argent dont ils les avoient achetés, sans préjudices de l'espérance de vendre leurs charges, quand il leur plaira, tout aussi cher ou plus, ou d'en obtenir dans quelque temps de nouveaux brevets de retenue. De cet exemple récent, fort et public, on peut juger de tout le reste. Pour les registres, et ce qui regarde les charges du prévôt, grand maître des cérémonies et du greffier, comme ce n'est point finance, ces messieurs en sont les maîtres indépendants du surintendant de l'Ordre, et y font chacun tout ce qui leur plaît, sans que qui que ce soit en ait connoissance, ni ait moyen d'y regarder jamais.

483 et 484. M. de Rhodes grand maître des cérémonies de VOrdrc.

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30 janvier 1685. — La charge de grand maître des cérémonies fut créée par Henri III, prêtant serment entre les mains du grand maître de France, qui auparavant régloit les cérémonies, et ne s'en mêla plus depuis. M. de Rhodes fit sa cour au Roi de la prendre, et encore plus de préférer d'être prévôt et grand maître des cérémonies de l'ordre du Saint-Esprit, à son institution, à être chevalier de cet ordre, dont il eut le choix. C'est ce qui mit des preuves à cette charge de l'Ordre. M. de Rhodes étoit de bien loin au-dessus de ces charges : il y eut un Pot à la première promotion de la Toison d'or.

20 mars 1701. — Il falloit ajouter- que ce M. de Rhodes eut le choix d'être chevalier du Saint-Esprit à la première promotion qui s'en fit, ou prévôt et maître des cérémonies de l'Ordre. Henri III se plaisoit fort aux cérémonies, et étoit entêté de celles de ce nouvel ordre. Rhodes étoit déjà grand maître des cérémonies de France, et cela le détermina au choix ; mais il voulut faire preuve comme les chevaliers, et ce fut peut-être ce qui engagea le chancelier de Cheverny, qui fut le premier chancelier de l'ordre du Saint-Esprit, de demander la même chose : tellement que ces deux charges sont demeurées en cette possession depuis. Il y avoit loin des Hurault aux Pots : un Pot fut chevalier de la Toison d'or à l'institution de cet ordre. Comme cette maison est «'•teinte, ce n'est pas la peine de s'y étendre.

I. Sur est ajouté en interligne. — 2. A ce que Dangeau avait dit.

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