‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 483 sur 556 · Grand maître des cérémonies de France · texte numérisé non relu

Grand maître des cérémonies de France

6. 11 a répété deux fois ces huit mots, et a biffé la répétition.

7. Vol. France 189, fol. 82. Voyez ci-dessus, p. 191-192, et comparez les préliminaires du tome IX de VHistoire généalogique, p. 2.

par leur exécution en la première promotion de cet ordre, donna aux ducs la préséance sur les princes étrangers ou de maison souveraine, et cela ne fit ni dispute ni difficulté. Le duc d'Uzès l'avoit eue1 plus anciennement, dans l'ordre de Saint-Michel, sur le prince de Condé même, parce qu'il n'étoit pas pair, qui se fit depuis huguenot, et MM. de Guise avoient précédé aux sacres les seigneurs du sang, comme on les appeloit lors, et, en dernier lieu, le duc de Montpensier, comme moins ancien pair que M. de Guise, son beau-frère, qui lui fit quitter Reims après une forte dispute que M. de Montpensier avoit formée pour la première fois. C'est ce qui engagea, avec grande raison, Henri 111, au sacre duquel cela étoit arrivé, et la prétention des seigneurs du sang, formée pour la première fois, de faire cette déclaration si juste et si sage dans un royaume où la loi salique règle et décide de la succession à la couronne, par laquelle la préséance en tous actes, lieux, cérémonies, fonctions, etc., est donnée aux princes du sang capables par naissance de succéder à la couronne, sur tous les ducs, pairs, dignités et offices de la couronne, et princes de quelque maison souveraine que ce soit, et sont déclarés pairs-nés par la dignité de leur sang, plus anciens et précédant tous autres, et avec toutes fonctions de pairs.

« La date en étoit encore trop fraîche en 1578 pour que le rang des ducs souffrit d'ailleurs, et que les Guises, qui en avoient fait la base et les degrés de leur grandeur, innovassent à cet égard sans s'égaler aux princes du sang; mais, quand leur Ligue commença à lever la tête un peu plus hardiment, cette crainte d'égalité aux princes du sang se changea en audace de le faire, et cette audace, appuyée de leur force et de leurs ressorts, réussit aussitôt qu'elle se montra.

« Ils firent donc changer le statut de la préséance, et la firent donner, entre ducs, à ceux de maison souveraine moins anciens, sur les ducs gentilshommes plus anciens.

« La puissance de la Ligue croissant, il se fit un second changement, qui donna aux princes de maison souveraine non ducs la préséance sur les ducs gentilshommes; entre princes de maison souveraine non ducs, la préséance sur les ducs gentilshommes. Entre princes de maison souveraine ou bâtards de France, ce qui fut en faveur de la maison de Longueville, qui, bien que bâtards d'Orléans, étoient peu à peu arrivés au parangon des Guises, la préséance seroit aux ducs sur ceux qui ne le seroient pas, et, entre ces ducs, par leur ancienneté, et, entre ceux de même promotion qui ne seroient pas ducs, par âge.

« Henri IV ne crut pas devoir toucher à ce qu'il n'avoit osé d'abord entreprendre ; mais il ne fit aucun prince de maison souveraine chevalier du Saint-Esprit.

« Les Guises, sous qui tout plioit, en faisant ce second changement de préséance, non contents d'attaquer la dignité des princes du sang en s'égalant à eux par la préséance par naissance, poussèrent l'audace

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