‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 8 sur 556 · Il a été parlé de cette maladie en 1702 : tome X, p · texte numérisé non relu

Il a été parlé de cette maladie en 1702 : tome X, p

4. Avant que la promotion ne se fit, Broglie-Revel, le héros de Crémone (tome X, p. 69, etc.), écrivait au président de Lamoignon : « .... Si on en croit le bruit public, on parle d'une promotion de maréchaux de France qui ont chacun leurs protecteurs. M. de Tessé a Mme la duchesse de Bourgogne; M. de Tallard sera fort porté par M. le maréchal de Villeroy; quoique M. le marquis d'Huxelles semble déplacé et hors de toute voie, Monsieur le Premier n'oubliera rien pour lui attirer ce grade; M. d'Harcourt a plus d'une corde à son arc et est sur les lieux ; M. Rose ne laisse pas d'avoir ses relations, et les galions, malgré les accidents qui leur sont arrivés en dernier lieu, ne laisseront pas de parler fortement en faveur de M. de Châteaurenault. Tous ces prétendants sont mes cadets, et ce qu'on vient de faire pour M. de Villars, qui étoit de c*e nombre, sembleroit devoir parler pour moi ; mais je ne sais qu'en espérer.... » (Correspondance de Boileau et Brossette, p. 439, fin de note.)

guerre et de mérite, et tous trois morts doyens des maréchaux de France, le grand-père nombre d'années, les deux autres quelques-unes. » La Gazette d' Amsterdam dit (n° ix) que le Roi l'avait nommé sous le titre de maréchal de Tourbes, mais qu'il préféra prendre celui de Cœuvres, porté par lui dans sa jeunesse, et antérieurement par son père et son aïeul. Comparez les Mémoires de Sourches, p. 8, le Journal de Dangeau, p. 92, et les Gazettes du P. Léonard, Arch. nat., M 7G6, n° 2, 15 et 19 janvier 1703. La maison de Montmorency avait seule eu un père et un fils maréchaux en même temps.

chamiiiy. Chamillj s'appeloit Bouton, d'une race noble de Bour-

gogne dont on en voit servir avant 1400 avec des écuyers sous eux, et, dès les premières années de 1400, des chambellans des ducs de Bourgogne. Ils ont toujours servi depuis, et aucun d'eux n'a porté robe1; quelques-uns ont été gouverneurs de Dijon2. Le père3 et le frère aîné du maréchal s'attachèrent à Monsieur le Prince, le suivirent partout, en furent estimés. Cet aîné4, depuis son retour de Flandres, se distingua tellement aux guerres de Hollande sous les yeux du Roi, qu'il en acquit assez de part dans son5 estime et dans sa confiance pour encourir la jalousie et de là la haine de Louvois, malgré lequel pourtant il alloit être maréchal de France lorsqu'il mourut, et que le Roi a dit depuis qu'il lui avoit destiné la première compagnie de ses gardes du corps qui viendroit à vaquer6. Sous ce frère, celui dont je parle, de six ans plus jeune7,

1. M. Beauvois a fait quelques observations sur ce point, dans la Jeunesse du maréchal de Chamilly, p. 19-20.

2. Histoire généalogique, tome VII, p. 639-647; Mercure, février 1703, p. 297-304. En 1671, le généalogiste bourguignon Pierre Palliot avait publié une Histoire généalogique des comtes de Chamilly de la maison de Bouton, précédée par un volume de Preuves (1665). J'ai déjà indiqué les notices modernes de M. E. Beauvois sur les trois Chamilly du règne de Louis XIV.

3. Nicolas Bouton, comte de Chamilly, né le 26 juillet 1598, élevé page de Marie de Médicis, fît son éducation militaire en Hollande, devint colonel d'infanterie, commandant du régiment d'Enghien et gentilhomme de la chambre en 1638, maréchal de camp en 1644, élu de la noblesse de Bourgogne et conseiller d'État en 1645, fut un des principaux généraux de Condé pendant et après' la Fronde, défendit Stenay pour lui en 1654, la Capelle en 1656, et mourut en octobre 1662. C'est lui qui obtint l'érection du comté de Chamilly en avril 1644.

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