‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 146 sur 610 · Page du manuscrit correspondant à notre to I, p · texte numérisé non relu

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8. L'initiale de ce mot est un 0 surchargeant un o minuscule.

9. Les cinq derniers mots sont en interligne, au-<lexsus de présence de M. de Duras son beau frère, biffé. C'est probablement celui-ci, oncle de Mme de Saint-Simon, qui aura raconté le fait à notre auteur.

falloit au moins lui en passer un. Cela fut net. Outre que le duc de Rohan étoit un homme d'un esprit et d'une humeur fort désagréable1, le Roi, qui vouJoit qu'on regardât les

charges, surtout celles qui l'approchoient de plus près, comme le souverain bonheur, ne lui avoit jamais pardonné d'avoir rompu son mariage avec la fille unique du duc de Créquy2 pour faire celui de la fille unique de Vardes3. Le [AM S'-S. 708] Roi aimoit fort le duc de Créquy4, et lui avoit accordé la survivance de sa charge de premier gentilhomme de sa chambre pour son gendre, et Vardes étoit exilé en Languedoc depuis longtemps, pour avoir manqué personnellement

1. Nous avons vu, dans l'affaire Luxembourg (tome II, p. 120, 240, etc.), le duc de Rohan vif, aigre, irrésolu, peu considéré, et il a été de même dans l'affaire de sa femme en 1699 (tome VI, p. 84-86). Voici comment les Caractères de 1703 que j'ai publiés en 1897 le dépeignent (p. 39) : « Il est d'une taille ordinaire, mais d'une trempe extraordinaire pour un homme de qualité. C'est un génie fort médiocre. Il parle beaucoup, grand diseur de riens, et a des éclats de rire à faire pitié ; fort propre à familiariser avec le bourgeois, dont il se voit plus considéré qu'il n'est à la cour; ne tenant rien du mérite de ses ancêtres. » Mme de Sévigné le traitait de petit aspic : Lettres, tome 11 p. 481 et 484.

2. Celle qui a épousé en 1675 le duc de la Trémoïlle : tome 1,

3. Le capitaine des cent-suisses : ci-dessus, p. 23; tomes I, p. 215, VII, p. 464, et XIII, p. 135. La mésalliance d'un duc de Rohan avec une Vardes n'était pas si considérable, puisque celle-ci descendait par son père du maréchal du Bec qui accompagna saint Louis en Afrique, que le grand-père maternel de Vardes et la grand'mère de Condé étaient petits-enfants de François de la Trémoïlle, que la sœur de son père étoit la maréchale de Guébriant. Autre genre d'illustration : sa grand'mère Bueil, descendante d'un compagnon de Jeanne d'Arc surnommé le Fléau des Anglais, maitresse attitrée du roi Henri IV, avait eu de lui le comte de Moret avant de se marier en justes noces.

4. On verra ailleurs (éd. 1873, tome XII, p. 42) le caractère de ce duc et sa familiarité avec Louis XIV. Au contraire, le duc de Rohan, se trouvant en lutte avec le duc de Chaulnes et n'espérant plus parvenir au grade de brigadier, avait quitté le service en 1676, et il fut loué railleusement, certain jour, devant le Roi, pour un siège eu tapisserie qu'il venait de broder lui-même à l'intention de sa femme (Lettres de Mme de Sévigné, tome IV, p. 394, et tome VI, p. 37).

au Roi en chose essentielle, qui ne le lui pardonna jamais1. Mme de Soubise, de plus, n'avoit pas aidé à faire revenir le Roi pour son frère. Elle étoit toute Rohan, et enivrée du rang qu'elle a voit procuré à son mari et à ses enfants. Par toutes ces raisons, il n'étoit pas douteux qu'elle ne fût en cette occasion pour M. de Guémené contre son frère, et que ce crédit, de plus, sur le Roi, aussi mal disposé qu'il étoit, et sur les ministres, qui tous la craignoient et la ménageoient infiniment, ne devînt fort dangereux à la cause du duc de Rohan2. Mais le temps des chimères étoit arrivé; il Raison secrète

1. Cette disgrâce bien connue de Vardes sera racontée moins sommairement en 1712. Quant à ce qui concerne le duc de Créquy et le mariage de sa fille, on retrouve l'anecdote, beaucoup moins sommaire, évidemment racontée par Saint-Simon deux ans avant sa mort, dans les Mémoires de Luynes, tome XII, p. 470. D'autre part, nous voyons dans la correspondance de Bussy-Rabutin avec Mme de Sévigné, en 1678, comment se fit le mariage avec Mlle de Vardes : « Le Roi a permis à Mme de Rohan d'y penser. Rien n'est plus avantageux pour l'un et pour l'autre, surtout ayant été refusés de la faveur, la fille par le jeune Thiange, et le garçon par une d'Aumont, nièce de M. de Louvois.... » En effet, il avait été question que ce jeune duc, après avoir manqué en 1669 la fille de Colbert qui fut donnée au duc de Beauvillier (Gazette de Bruxelles, mars 1669, p. 155), épousât en 1677 Mlle d'Aumont; mais sa mère avait rompu ce dernier mariage de crainte, dit-elle à M. de Louvois, que l'espoir de sa nièce ne fût trompé. Mlle de Vardes, de son côté, avait dû successivement épouser le prince de Monaco, Seignelay et le fils de Mme de Thiange. Son mariage avec le duc de Rohan fut célébré à l'église Saint-Paul le 28 juillet 1678. (Correspondance de Bussy, tomes III, p. 351, et IV, p. 8-11, 69, 72, 112, 113, 123, 127, 133 et 138-139; Lettres de Mme de Sévigné, tome V, p. 454-455 et 459-460; Mercure d'août 1678, p. 77-93; Addition n° 51, dans notre tome I, p. 374; Pièces justificatives pour servir à Yhistoire de la maison de Nicolay, tome I, p. 403-407.)

2. « Ils n'avoient jamais eu beaucoup d'amitié l'un pour l'autre, dit en 1708 l'annotateur des Mémoires de Sourches (tome XI, p. 93, note 1), à cause de la prédilection de la défunte duchesse de Rohan, leur mère, pour la princesse de Soubise, et, depuis, l'aigreur s'étoit augmentée parce que le duc de Rohan avoit été persuadé que le prince de Soubise avoit été le conseil du prince de Guémené dans le procès qu'il lui avoit fait pour obliger son fils le chevalier de Rohan à quitter ce nom. »

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ce l"'",', *' dans le soutien du nom H des armes de Rohan pour ses olifants et leur postérité. Piqué de n'avoir point été chevalier de l'Ordre, il auroit voulu faire croire la fausseté de ce que Mme de Soubise avoit fait écrire sur les registres de l'Ordre au lieu de ce que le Roi avoit commandé qui v lût mis, et que j'ai remarqué p. 1541, et persuader2 qu'il avoit suivi le sort des Rohans3. De là, avec les années, il se mit peu à peu dans la tête de prétendre le même rang dont ils jouissent, parce que sa mère lui en avoit apporté tous les biens. Sa mère, étant fille, n'avoit jamais été assise ; sa mère n'étoit l'aînée de la maison de Rohan que par les biens4. Avant la comédie de Georges Dandin, où M. et Mme de Sottenville prétendirent que le ventre anoblissoit5, on n'en avoit jamais vu former de prétention; mais, comme l'expérience en plusieurs montre qu'en vieillissant les prétentions et les chimères avoient6, de nos jours, fait fortune,

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