III MÉMOIRES
etconimil le bureau du conseil des parties de M. Daguesseau1 pour l'instruire, et être ensuite des juges, dans son cabinet, avec les deux conseils*. Tout cela ne multiplioit guères les juges que de ce bureau ; encore Daguesseau étoitil du conseil des finances. Par là, Mme de Soubise n'avoit affaire qu'aux quatre secrétaires d'État pour le conseil de dépêches, au Chancelier et au duc de Beauvillier, qui étoient de tous, à Peletier de Souzy et à Daguesseau pour le conseil des finances, dont ils étoient conseillers, à Desmaretz et à Armenonville, qui y entroient comme directeurs des finances, aux trois conseillers d'État du bureau de M. Daguesseau3, et au maître des requêtes rapporteur4. Tout étoit donc la cour, son pays et son règne, hors les trois5 derniers, desquels encore elle espéroit bien qu'aucun ne voudroit déplaire au Roi, dont l'inclination étoit assez publique, surtout le rapporteur, qui, comme tous les maîtres des requêtes, avoit une fortune à faire, à obtenir une intendance, et, par ce chemin, à parvenir à une place de conseiller d'État, qui est le bâton de maréchal de France du
1. C'est-à-dire le bureau du conseil privé présidé par M. Daguesseau père, et qui recevait les instances des parties : voyez tome IV, appendice I, p. 423 et suivantes, et tome VI, p. 496.
2. Dam/eau, tome VII, p. 346, lundi 26 juillet 1700 : « On parla à ce conseil (de dépèches) de l'affaire que M. de Guémené fait à M. le duc de Rohan.... Le Roi veut que cette affaire-là soit jugée devant lui, et on nommera six conseillers d'État pour commissaires et un maitre des requêtes pour rapporter l'affaire devant S. M. » Comparez les Mémoires de Sourches, même date, tome VI, p. 276, et la Gazette d'Amsterdam, même année, n° lui. L'arrêt est au registre du Conseil E 1912; il fut rendu conformément à la requête du duc de Rohan, sans opposition de ses adversaires, mis en demeure cependant par un premier arrêt.