‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 16 sur 610 · Rapport de Marcin, dans les Mémoires militaires, p · texte numérisé non relu

Rapport de Marcin, dans les Mémoires militaires, p

8. Ou Rotta del Castagnara, unissant le Tartaro à l'Adige, de Roverono à Carpi. Ce canal était considéré comme une mauvaise ligne de défense.

9. Je ne vois pas que ce détail soit pris à Dangeau; mais l'opération est racontée dans les Mémoires militaires, p. 498-199 et 207-208 (42 juillet). Un compte rendu de Montviel et une autre relation sont conservés au Dépôt de la guerre, vol. 4963, n°' 409 et 302.

M. d'Orléans voulut-il persuader cette vérité à M. de Vendôme, et qu'ils passeroient le Pô avec la même facilité : Vendôme, plus ferme que jamais, n'y voulut jamais entendre; il savoit bien que, tant qu'il étoit en Italie, il y étoit le maître, et qu'à l'ordre près, qu'il recevoit du prince, celui-ci étoit engagé au Roi de ne décider ' de rien. Gomme ils en étoient sur cette dispute, il leur arriva des nouvelles d'un parti qu'ils avoient sur les ennemis ; elles portoient qu'un petit parti ennemi avoit passé le Pô. Làdessus, Vendôme s'écrie que, pour cinq ou six coquins, ce n'étoit pas merveilles. Gomme il triomphoit ainsi, autres nouvelles, coup sur coup, du même partisan, qui mandoit que toute l'armée avoit passé8. Vendôme, qui venoit d'assurer qu'elle ne s'y hasarderoit pas, paya de son effronterie ordinaire3, et, avec un air également gai et libre, et ce front qui ne rougissoit de rien : « Eh bien! dit-il, ils sont passés, je n'y puis que faire; ils ont bien d'autres obstacles à surmonter avant de se rendre en Piémont ; » et tout de suite, se tournant à M. le duc d'Orléans : « Vos ordres, lui dit-il, Monsieur, car je n'ai plus que faire ici, et je pars demain matin. » Il tint parole. M. d'Orléans, confus pour Vendôme, ne voulut pas ajouter les reproches à ceux de la chose même : il se contenta de lui dire que, puisqu'il l'avoit si opiniâtrement jeté dans cet extrême inconvénient en soutenant toujours ce passage impossible et le laissant ouvert4, il devoit bien au moins l'aider à s'en tirer avant que s'en aller. A force de persécution, il accorda vingt-quatre heures, qui furent employées5 à visiter des postes et à donner divers ordres. Les vingt-quatre heures expirées, rien ne put retenir Vendôme : il s'enfuit au plus vite, laissant au duc d'Orléans à soutenir tout le poids de

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