‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 173 sur 610 · au singulier, dans le manuscrit · texte numérisé non relu

au singulier, dans le manuscrit

S. En 4710, c'est-à-dire plus de trente ans avant de rédiger la digression qu'on vient de lire, notre auteur avait écrit ceci dans son Mémoire sur les maisons de Lorraine, de Rohan et de la Tour (imprimé dans les Écrits inédits, tome III, p. 276-277) : « Cette maison de Rohan, à l'imitation de celle de la Tour, connoissant bien son foible sur la principauté, et n'ayant pu se défaire de la branche du Poulduc solennellement reconnue par des arrêts bien solennels pour être de la maison de Rohan, ni la princiser comme les autres branches, cette maison, dis-je, a voulu sortir des anciens ducs de Bretagne et d'un Conan Mériadec si mal inventé qu'il n'est savant ni généalogiste qui n'en rie. Cependant, à la suite et à l'appui de la généalogie qui fait sortir MM. de Bouillon des ducs de Guyenne, comme il a été dit sur eux, il en a paru une de la maison de Rohan, qui, nonobstant toute vérité, toute apparence, force la barrière de leurs propres armes, et les fait venir des anciens ducs de Bretagne, non sans fonder une semence de prétention sur cette province pour valoir en son temps. Il y a plus. Un bénédictin célèbre ayant fait depuis peu une histoire de Bretagne, Monsieur de Strasbourg a épuisé les persécutions les plus violentes pour le forcer d'y mettre ce qui lui convenoit pour sa maison et sa descente des ducs de Bretagne, et, par autorité, s'il n'a pu gagner ce point, il a finalement fait ôter à cet auteur tout ce que bon lui a semblé de son ouvrage, qui n'a pu paroître qu'à grand peine même avec ces mutilations. Ce fait est si public, qu'il n'est homme de lettres dans Paris et ailleurs qui ne le sache et qui n'en soit indigné, sans que personne ait osé parler. » — M. de la Borderie a démontré que, s'il y eut persécution, au moins ce ne fut pas de la part du gouvernement royal, toujours favorable à l'œuvre du bénédictin.

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