‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 252 sur 610 · De la guerre · texte numérisé non relu

De la guerre

8. Michel II, dit le marquis de Chamillart, puis de Cany : tome VI, p. 302. On a de ce jeune homme une jolie gravure, faite en 1704, dans le ms. Clairambault 1174, fol. 120. Élevé par l'abbé de Malherbe, il avait passé ses thèses de philosophie au collège d'Harcourt (Mercure des mois do juillet 1704, 1er volume, p. 325-346, et d'avril 1705, p. 257- 258; Mémoires de Sourches, tome IX, p. 28, 143 et 215). Depuis, c'est lui qui avait apporté la nouvelle de la prise d'Haguenau en mai 1706 (Dangeau, tome XI, p. 102); il avait alors pour gouverneur un ancien lieutenant-colonel de dragons nommé d'Astron ( Sourch es r tome X, p. 92). Outre la survivance du 3 janvier 1707, il reçut des lettres de conseiller d'Etat, l'autorisation de signer, et le brevet d'assurance des vingt mille livres de pension de ministre fut mis au nom de sa mère : Arch. nat., n< 51, fol. 2 v° à 6, et 0l 278, fol. 150-165.

(i. Chamillart écrivait de sa maison de l'Étang, quatre mois auparavant, le 27 août 1706 (lettre autographe communiquée par M. Etienne Charavay) : « Je ne suis guerre plus tranquil, Monsieur, dans ma campagne, que vous l'esté à trois lieues des ennemis, c'est une belle place que celle de secrétaire d'Estat de la guerre, s'il ne faloit point d'argent pour la faire, et s'il n'arivoit pas des révolutions capables de faire tourner la teste aux hommes les plus sages; Dieu veuille nous donner la paix je voudres bien pendant quelque temps essayer do ce genre de vie pour voir si je m'en accomoderes mieux que de celle que j«' mené depuis près de sept ans.... »

Visites

inusitées

chez

Chamillart.

Bassesse

de du Bourg.

raison lui lit faire d'étranges choix on ce -nue. Indépen* dammenl <l<'^ survivances, dont les suites ont été cruelles pour l'État et pour lui. Cette grâce fut un surcroît de disgrâce pour le maréchal de Yilleroy, qui non seulement n'avoil pas voulu voir Chamillart à son retour, et a voit rompu hautement avec lui1, mais avoit défendu au duc de Yilleroy de le voir, dont Chamillart avoit été peiné, et le Roi l'avoit trouvé très mauvais2. Dans l'esprit de lui plaire, Monseigneur et M. le duc de Berry allèrent, l'après-dînée, voir Mme Chamillart et faire compliment à toute la famille, et Mme la duchesse d'Orléans, qui, fort mal à propos, comme je l'ai remarqué ailleurs3, ne faisoit plus de visite, quitta cette morgue pour cette fois, et alla aussi voir Mme Chamillart4. Bientôt après5, le fils de Chamillart alla visiter les places frontières de Flandres et d'Allemagne. Le comte du Bourg, longtemps depuis maréchal de France6, n'eut pas honte7 [de] s'offrir, et fut accepté, pour lui servir de mentor en ce voyage8. On ne lui en pouvoit choisir un meilleur. La merveille fut que tous les honneurs, pareils ou plus grands que ceux qu'auroit reçus un prince du sang, ne tournèrent point cette jeune cervelle, qui conserva toute sa raison, et cet écolier, pour le bien dire, revint

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