Le c de celmj surcharge un d
Foiblesse
du Roi
pour
le ma léchai
de
Villeroy
et pour ses
ministres*.
ne lui étoit |>;ts permis de rien entreprendre. 11 le senti! si bien lui-même, que, dans le dessein qu'il a voit conçu de
combat Ire s;ms l'occasion du siège qui lui étoit ordonné, surtout sans le renfort que lui amenoit Marcin, pour vaincre par ses seules forces, même à l'insu de l'électeur de Bavière1, auquel il étoit subordonné en toutes manières1 comme au gouverneur général des Pays-Bas, au milieu desquels il étoit, et comme généralissime et en faisant ef-
fectivement la fonction
faisoit d'avance des excuses
obscures, obscures, dis-je, pour ne pas découvrir son dessein arrêté, excuses pour qu'elles se trouvassent faites avant l'événement, mais desquelles il n'auroit pas eu besoin, si, comme il voulut le prétendre depuis, il eût agi conformément aux ordres qu'il avoit reçus. Avec un peu de sens, il devoit se contenter d'une désobéissance aussi formelle, et devenue aussi funeste que ses fautes, et lors de la bataille 4, et dans toutes ses suites, la rendirent, et se contenir dans le silence, puisqu'il ne pouvoit douter de ce qu'il avoit à perdre par le plus facile éclaircissement. Je fus surpris jusqu'à l'indignation d'un procédé si peu droit; je rapportai les clefs à Chamillart, et lui dis à l'oreille ce qu'il m'en sembla. Je lui en reparlai une autre fois plus à mon aise, parce que ce fut tout haut, tête à tête. Et alors je connus que le Roi, tout piqué qu'il étoit contre le maréchal, ou par son ancien goût d'habitude, ou par la constante protection de Mme de Maintenon, ne vouloit pas l'exposer à ce que méritoit une si étrange conduite; que, par cette raison, il la vouloit ignorer, et que Chamillart en étoit luimême si persuadé, que, quelque désir qu'il eût de pousser le maréchal à bout là-dessus, il n'osa l'entreprendre, quoique l'ayant si belle5, ou que, s'il l'hasarda, ce fut sans
1. Bavières, au pluriel. — 2. Touttes manière, dans le manuscrit. 3. Déjà dit au tome XIII, p. 368-370. — 4. Il a écrit : bataillis. 5. Comparez attendre sa bette (tome II, p. 50), trouver sa belle (tome VI, p. 316), prendre sa belle (tome \ III. p. "29). * Et pour ses ministres semble avoir été ajouté après coup.
succès, et qu'il cacha l'un ou l'autre sous l'apparence ' du mépris, que je sentis bien n'être qu'un voile à l'impuissance. Dans cette situation, plus je les vis tous deux irréconciliables, plus je me mis en soin du duc de Villeroy, devenu de mes amis par sa femme, dont je l'étois depuis longtemps2. Je sondai Ghamillart, je leur parlai ensuite, et ce fut alors que je sus d'eux que le père avoit défendu au fils de voir le ministre. Un homme de guerre, quel qu'il fût, n'en3 pas voir le ministre, se rompoit le col4 sans ressource auprès du Roi, quelques talents et quelques5 services qu'il eût, et ne pouvoit espérer de continuer à servir, encore moins les récompenses ni le chemin militaire6. Ils me prièrent d'en parler à Chamillart, et de tâcher à lui faire passer cela le plus doucement qu'il me seroit possible. Je le fis deux jours après, et j'y mis tout ce qu'il me fut possible. Je trouvai un homme doux, poli, sensible aux avances, mais, sur la visite, ministre, et qui me dit nettement que, si le duc de Villeroy n'en franchissoit le pas7, il ne serviroit point. J'eus beau représenter à Chamillart la situation du fils avec le père, la déraison et l'autorité de ce père, la délicatesse du fils, qui n'en avoit éprouvé que des duretés dans sa splendeur, à ne le pas choquer dans sa disgrâce : rien ne put vaincre Chamillart. 11 me chargea pour le duc de Villeroy de tous les compliments du monde, de tous les offres8 de services possibles hors sur la guerre, et il n'y avoit que sur la guerre où il