‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 34 sur 610 · Que corrigé en quand · texte numérisé non relu

Que corrigé en quand

m MÉMOIRES [4706]

son alliance n'étoit pas celui de mortifier son usurpation sur son rang. 11 sacrifia celui des ducs et des généraux de ses armées maréchaux de France à cette idée de générosité, et Villeroy eut ordre de ne rien prétendre et de ne \Add. S'-S. 697] rien innover1. Pour Vendôme, M. du Maine y prit d'autant plus garde qu'il le vouloit à toutes mains distinguer de tout ce qui n'étoit pas prince du sang2. Le Roi fit donc convenir l'Electeur que Vendôme ne lui diroit et ne lui écriroit que Monsieur, et que partout leurs sièges seroient égaux; que3 Vendôme prendroit toujours l'ordre de lui. Tout le reste fut abandonné, en sorte que Vendôme même eut beaucoup moins que n'avoient les ducs avec les Electeurs avant l'usurpation de l'électeur de Bavière et la sottise et l'ignorance de ceux sur lesquels il la fit4. Il ne donna point d'Altesse à Vendôme, lequel aussi ne voulut point d'Excellence et donna toujours Y Altesse Électorale*. Nous verrons dans peu G jusqu'à quel point cet abandon du

4. Dans les Brouillons de 1742 (Écrits inédits, tome III, p. 360-361), notre auteur avait dit : « Si M. de Boufflers eut ordre d'écrire Monseigneur à M. de Bavière, chacun sait que le courrier qui porta le contre-ordre arriva trop tard, et que le maréchal de Villeroy, mieux instruit, n'eut garde de tomber dans une faute si lourde, mais qui ne peut être tirée à conséquence, puisqu'il écrivit Monsieur . » Dans une lettre du 48 juin 1706 que j'ai eu occasion de citer (tome XIII, p. 620), l'Électeur reconnaissait que, à l'exemple des autres maréchaux, Villeroy ne manquait pas d'avoir pour lui « tous les égards et honnêtetés possibles. »

2. On vient de voir encore quel intérêt le duc du Maine prenait à la question du titre de maréchal général.

3. Avant ce que, il a biffé et, en mettant auparavant un point-et-virgule.

4. Chamillart chargea M. Rouillé, qui faisait fonction de. résident auprès de l'Électeur en Flandre, d'agir en sorte que le duc de Vendôme fût content, c'est-à-dire que l'Électeur n'eût ni fauteuil ni cadenas, sans d'ailleurs donner la main (Guerre, vol. 1938, n° 38, et 1939, n° 4). Plusieurs lettres du Roi à M. de Vendôme, sur ces difficultés, se trouvent aussi dans le volume 4933, fol. 29-35.

5. Le compte rendu de la première entrevue, qui eut lieu le. o août, à Saint- Guillain, en présence de MM. Rouillé et de Bergeyck, est dans le volume 4939 du Dépôt de la guerre, n08 36-37.

6. En 4709, lors de la venue de l'Électeur : tome VII de. 1873,

rang des ducs avec les Électeurs porta sur la dignité du Roi même et de sa couronne1.

On fit venir en Flandres un gros détachement de l'armée viliars,

du maréchal de Viliars, qui le trouva fort mauvais, fit affo^j°iqureen(i raser les 2 lignes de la Lauter et raccommoder celles de la l'île

Mutter. Il se plaignit de la foiblesse où on le laissoit, et du Marcimsat>

,.,..,. . ou Streiff

qu il arrivoit tous les jours de nouvelles troupes au prince est tué.

Louis de Baden3. Il ne laissa pas4 de s'emparer de l'île dite

du Marquisat5, au delà du fort Louis, et d'y établir un

pont qui communique6 du fort à l'île7. Streiff, maréchal de

camp fort estimé8, fit et lui proposa ce projet; il9 y fut tué

sur un bateau où il voulut être malgré le maréchal, parce

[que] cette attaque se faisoit avec trop peu de troupes pour

p. 120-121. Cette conséquence des faits de 1706 a déjà été annoncée dans notre tome IX, p. 254-255.

1. Dans les Mémoires du duc de Luynes, tome III, p. 435-436, on voit que le maréchal de Belle-Isle, en 1741, quoique n'ayant pas encore pris caractère d'ambassadeur, reçut du Palatin et de l'électeur de Bavière, outre les honneurs militaires, la main, le fauteuil et le cadenas.

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