‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 382 sur 610 · Antoine IV Portail : tomes V, p. 85. et VIII, p · texte numérisé non relu

Antoine IV Portail : tomes V, p. 85. et VIII, p

6. Dangeau, p. 353 et 356, avec l'Addition placée ici, n° 730; Sourehes, p. 304. M. le Peletier avait d'abord voulu vendre sa charge au lieutenant civil le Camus; mais l'affaire s'était rompue.

7. C'est à la suite d'une audience du vieux ministre, le 19, que ce

Peletier

premier

président,

Portail

président

à mortier,

Courson

avocat général.

\Add. S'-S. 730)

Lamoignon1, fut préféré pour la charge d'avocat général,

pour apaiser M. de la Rochefoucauld et donner quelque

consolation au père de n'être pas premier président2. Tous

ces Messieurs-là reviendront sous ma plume. En attendant,

je donnerai une idée de ce nouveau premier président3.

Mot ridicule Peu de mois avant qu'il le fût, il vint un soir à Versailles

du premier c|le/ ]yj Chamillart, qui, à son ordinaire, étoit seul à table

président , l f . .

sur sou Dis. dans sa chambre, avec quelques iarmhers, et se deshabnloit

devant eux en sortant de souper. Peletier y vint tout

à la fin du souper. Faute de mieux, quelqu'un lui parla

de son fils4, aujourd'hui premier président5, et le lui loua.

brevet fut continué pour son fils (Dangeau, p. 347, et Sourches, p. 300) ; l'expédition s'en fit en môme temps que celle des lettres de premier président, le 30 (Arch. nat., 0" 51, fol. 93 v° et 95 v°).

1. C'est une erreur : ce surnom de Courson était porté par un iils de Bâville, ci-dessus p. 15:2 et 150, et ci-après, Additions et corrections. Le successeur de M. Portail fut Guillaume de Lamoignon, seigneur de Blancmesnil, second fils du président Chrétien-François et de Marie- Jeanne Voysin. Né le 8 mars 1683, reçu avocat en 1702, conseiller depuis 1704, il passera avocat général le 2 juin 1707, président le 20 décembre 1723 et premier président de la Cour des aides en 1746, obtiendra la charge de chancelier de France le 9 décembre 1750, en remplacement de M. Daguesseau, sera disgracié presque aussitôt, mais ne donnera sa démission qu'en 1768, et mourra le 12 juillet 1772.

2. Saint-Simon dira aussi, par la suite, que Blancmesnil était un valet des jésuites : tome XI de 1873, p. 155.

3. Le 11 avril, après avoir fait enregistrer une déclaration sur les billets de monnaie, Harlay prit congé de la Cour, et le président Mole lui répondit par un compliment fort élogieux (Mercure de mai, p. 262- 265). Quand les vacances de Pâques eurent pris fin, M. le Peletier fut installé le 5 mai, et, sur son invitation, M. Portail, qui faisait encore fonction d'avocat général, introduisit dans sa mercuriale un dernier éloge du premier président sortant, qu'on trouvera ci-après, appendice XV. Voyez le Mercure cité, p. 269-283, et les registres et minutes du Parlement, Arch. nat., X*A 8423 et X*» 8891.

4. Louis III le Peletier, né le 11 octobre 1690, d'abord avocat du Roi au Châtelet, conseiller au Parlement en 1709, président à mortier le 17 février 1712, premier président le 20 mai 1736, démissionnaire en 1743; mort le 20 janvier 1770.

5. Ce dernier le Peletier ayant quitté la première présidence en octobre 1743,1a rédaction du passage est donc antérieure à cette date.

Tout de suite, il répondit d'un air dédaigneux que son fils avoit trop de trois choses : de bien, d'esprit, et de santé; et il répéta plus d'une fois cette sentence en regardant la compagnie et cherchant un applaudissement que personne n'eut la complaisance de lui donner. Un moment après, il s'en alla comme Chamillart achevoit de se déshabiller, et laissa chacun dans un étonnement et dans un silence qui ne fut rompu que par des interprétations peu obligeantes. Le premier écuyer et moi nous étions regardés dans le premier instant; Chamillart nous aperçut : nous demeurâmes, et nous nous en dîmes notre pensée.

Le cardinal d'Estrées fit le mariage du duc d'Estrées1, Mariage du son petit-neveu, qui n'avoit ni père ni mère2, avec une fille duc d Estrees

1 L l . avec une

du duc de Nevers3, lequel ne survécut pas ce mariage de mie du

duc de Nevers.

1. Louis- Armand : tome V, p. 341. Ce jeune homme n'avait paru à l'armée de Villars, en 1705, que pour faire deux frasques et s'en retourner là-dessus (Dépôt de la guerre, vol. 1846, n° 350). En 1700, il a quitté le service à l'instigation d'une aventurière appelée de Mon taigu, qui avait succédé auprès de lui à la Chambonneau, mais qu'on a réussi à renvoyer en Provence (Arch. nat., 01 367, fol. 236, 256 v° et 264 v° ; Archives de la Bastille, tome XI, p. 261 ; ms. Fr. 8124, fol. 169 v° et suivants). En 1703, il avait dû épouser Mlle de Tourpes, sa cousine (Mémoires de Sourches, t. VIII, p. 45).

2. Sa mère, fille de Lionne, était morte en 1684, et nous avons vu mourir son père en 1698 : tome V, p. 340.

3. Ce mariage se conclut au commencement de juillet; la signature du contrat à la cour eut lieu le 18, avec une plaisante complication, et la noce se fit le 17 août, à l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, chez le cardinal : Dangeau, tome XI, p. 358, 412-413, 417 et 440; Sourches, p. 355, 359 et 360; Mercure d'août, p. 133-138 et 321-325. — Diane-Adélaïde-Philippine Mazzarini-Mancini mourut à Anet, le 29 septembre 1747, à soixante ans environ. Sa grosseur, sa gourmandise et ses connaissances en cuisine, qu'elle tenait de son père et de sa mère, comme on le verra plus loin, furent célèbres sous Louis XV.

4. Philippe-Julien-François Mazzarini-Mancini (tome V, p. 42) était mort deux mois auparavant, le 8 mai (Danyeau, p. 364; Sourches, p. 313; Mercure de juin, p. 54-64, et d'octobre, p. 87-99), mais quand le mariage était convenu.

5. Saint-Simon, à l'aide de Y Histoire généalogique, qu'il suit déjà ici,

son

[Add.S'-S.î.V

Mort du duc Mme Martinozzi1, qui n'eut que deux filles, l'une mariée

de Nevers; sa au ^uc ^e Modène2 et mère de la reine d'Angleterre épouse famille, sa - . T TT ,, ., , -., , . , 2 .. , . ., ,

fortune, du roi Jacques II, 1 autre a M. le prince de Conti, bisaïeule

caractère. de M. le prince de Conti d'aujourd'hui4; Mme Mancini5,

qui eut cinq filles6 et trois7 fils : les filles furent la duchesse

de Vendôme8 mère du dernier duc de Vendôme et du

Grand Prieur, dont le père fut cardinal après la mort de sa

femme9, la comtesse de Soissons mère du dernier comte

fera encore en 1714 (tome X de 1873, p. 191-195) une plus longue digression sur la famille du cardinal. Il vaut mieux réserver les détails pour cet endroit-là.

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