Exelusivem* a été ajouté en interligne
8. Tome V, p. 13-15. Aux références indiquées en cet endroit sur le traitement fait au légal, on peut ajouter un mémoire conservé dans le ms. Arsenal 4267, p. 207-218; Louis XIV et te Saint-Siège, par Ch. Gérin, tome I, p. 500 et suivantes; l'Ambassade du duc de i'.rcquy, par M. le comte de Mouy, tome 11, p. 310-365.
MÉMOIRES DE SAINT-SIMON. MV -)(i
m MÉMOIRES [17071
Si les légats l'ont eu en France, on peut juger si les rois particuliers des Espagnes1 le leur disputoient. Ils le donnèrent aussi aux cardinaux, qui ont tant gagné par le grand rang des cardinaux légats, et par la fermeté de la politique romaine à porter le leur au plus haut point qu'elle a pu. Ferdinand et Isabelle, ayant réuni les couronnes particulières d'Espagne, firent trop d'usage des Papes et de la cour de Rome pour changer ce cérémonial. Philippe Ier, dit le Beau, leur gendre, à2 qui ces couronnes dévoient toutes arriver, n'eut que celle3 de Castille, parce que Ferdinand le Catholique le survécut1. Charles V, son fils, avant d'être empereur, recueillit toutes les couronnes de l'Espagne, à celle de Portugal près5. Dès lors il pensoit à l'Empire; il avoit François 1er pour compétiteur, il ménageoit Rome6, et n'innova rien au cérémonial de son grandpère et de sa grand mère maternels. Philippe 11, son fils, avec tous les partis qu'il sut tirer de Rome, n'avoit garde d'y rien changer non plus, et son exemple a passé en règle à ses successeurs7. 11 est même arrivé que plusieurs premiers ministres d'Espagne, avant et depuis Philippe II, ont été cardinaux, ce qui n'a pas peu contribué à consolider leur rang en Espagne. Je parlerai en un autre lieu8 de celui dont ils y jouissent aujourd'hui; mais ce que je viens d'en dire suffit pour ce que j'ai à expliquer ici. Ce fauteuil des légats et des cardinaux est l'origine de celui des infants; mais, en Espagne, ils n'ont rien vu par delà ce degré que nous appelons ici fils de France. Les infants, qui sont nos
1. An temps où l'Espagne était divisée en plusieurs petits royaumes, comme il a été dit dans notre tome IX, p. 118-119.
2. La préposition à est ajoutée en interligne, au-dessus d'en, biffé.