Autographe
prises, et, si eilea lu bout»'' de ne l<is point changer, elle aura la gloire de prendre Turin en présence «lu prince Eugène, on de le bien battre, en cas qu'il soit assez téméraire pour oser l'attaquer. La lenteur de
nos artilleurs et de nos ingénieurs ne répond pas tout à fait à l'empressement de mes désirs : peut-être est-ce ma faute; mais je trouve qu'on pourroit aller plus vite. V. A. R. écrit bien que les nouvelles présentes ne feront que me réveiller; mais cependant, comme je ne doute pas que M. de Thaun, soutenu des espérances d'un secours, n'attende à la dernière extrémité quoique sa garnison diminue <!<• cent hommes par jour depuis la prise du chemin couvert, il peut arriver que le prince Eugène arrive en présence avant que Turin soit rendu. J'espère avec raison que ce ne sera que pour augmenter la gloire de V. A. R. M. d'Aubeterre pourra me joindre par le même chemin qu'il a pris pour marcher à Pavie, et la marche de V. A. R., étant couverte du Pô, sera beaucoup plus diligente que celle du prince Eugène. Alexandrie n'est point une place insultable, et, à l'égard de Tortone, quand le prince Eugène s'en rendroit le maitre, il seroit entièrement impossible qu'il le gardât dès que V. A. R. aura fini l'entreprise de Turin. J'ai mis une garnison suffisante dans le château d'Asti, et le commandant, nommé Benier, est un homme sûr. Il convient que V. A. R. envoie dans la ville d'Asti, en toute diligence, les régiments de dragons qui sont à Tortone et Alexandrie, parce que c'est le poste le plus nécessaire à conserver pour faire arriver ici diligemment les troupes deV.A. R. J'aurai soin que le pain ne manque pas, pourvu que je sois informé du temps de leur arrivée. Je conjure V. A. R. de me donner tous les jours de ses nouvelles, et je l'assure que je l'informerai très régulièrement de l'acheminement de notre siège. J'ai l'honneur, etc.
« Le duc de la Feuillade. »