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3. I.a lettre du même jour au Roi et une lettre de Marcin au ministre sont imprimées dans les Mémoires militaires, p. 264-268.
4. Dans le tome II des Mémoires qu'on imprime en ce moment, et qui confirment sur bien des points le récit de notre auteur, le chevalier de
de faire demander dans l'infanterie les officiers qui ont quelque connoissance de l'attaque des places, pour les employer, et il s'en est présenté quelques-uns; mais il ne faut pas laisser d'envoyer le plus diligemment qu'il se pourra tous ceux du métier qui se trouveront à portée de partir, et il seroit à souhaiter qu'il y en eût quelqu'un qui imposât aux autres, tant pour les officiers d'artillerie que pour les ingénieurs. Ils ont si peu avancé cette nuit, que, dorénavant, je serai obligé de donner tous les soirs à chacun sa tâche particulière, dont il me répondra personnellement. Le peu de concert et d'application de ces Messieurs peut avoir contribué à rebuter les troupes du siège, qui n'ont plus la bonne volonté qu'elles avoient montrée d'abord.
« Je fais venir aujourd'hui toutes les compagnies de grenadiers de l'armée de Lombardie pour rattaquer la demi-lune et les contre-gardes. Je n'ai pas fixé le jour, parce que cela ne me paroit pas encore en état d'être emporté sans risque, et sans trop perdre, et d'être conservé.
« J'ai visité avant-hier et hier tous les retranchements que M. te duc de la Feuillade a fait faire sur les hauteurs, lesquels sont bien placés et très bien faits.
« Nous allons redoubler d'attention à la vue de l'ennemi ; il pourroit être dans trois ou quatre jours ici, et je le souhaiterois. Vous verrez, dans ma lettre au Roi, quel est mon sentiment; je ne sais même s'il y a d'autres remèdes. Il est vrai qu'une action, dont l'événement est toujours douteux, est dangereuse; mais notre état, si nous demeurons les bras croisés, n'assure pas la prise de Turin, et peut devenir pitoyable.
« Montviel, qui fait la charge de major général dans l'armée de Lombardie, est un excellent sujet, dont je ne puis dire assez de bien. Il avoit un frère dans le régiment de la Marine, qui a été tué à Cassan. Ils sont encore quatre frères dans le service, et ils n'ont pas de bien. Il m'a prié de le proposer pour le régiment de Dauphiné, qui vient de vaquer; je vous le recommande avec plaisir.
« M. le duc de La Feuillade s'est loué de la diligence de notre armée, que nous faisons séjourner à portée du camp, parce qu'elle a plus d'avance sur les ennemis qu'il n'en falloit. Il se louera de même de tout ce qui dépendra de moi. »