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3. Original, partie en chiffre. Le général Pelet a publié, p. 714, un billet au duc d'Orléans daté de la veille.
vôtre. A la vérité, notre dérangement est un peu violent; mais il n'est pas question d'y songer : il faut se donner tout entier aux choses qui regardent le service, et les soutenir avec plus de fermeté et de hauteur que jamais. Croyez, Monsieur, que le Milanois et le Mantouan, et les troupes du Roi ne seront perdues que lorsque le Roi souffrira que ses armées ne rentrent point en ce pays-ci. A Dieu ne plaise que je croie un moment que le Roi puisse prendre ce parti ! N'écoutez point les généraux, et n'ajoutez aucune foi à leurs discours; l'envie de retourner en France et la haine qu'ils ont pour l'Italie est l'unique chose qui les conduit. Mais, croyez-moi, je vous parle en homme d'honneur, il n'y a pas la moindre petite difficulté ni opposition, à l'armée de M. le duc d'Orléans, de rentrer en Italie ; trois jours de pain en font l'affaire, le reste est facile comme le chemin de Paris à Versailles, sans la moindre petite opposition. Regardez la carte et voyez : l'armée des ennemis à Novare, hors de toute portée, et l'armée de M. le duc d'Orléans peut être quatre jours plus tôt à Alexandrie que celle des ennemis, en lieu à [ne] pouvoir y faire aucune opposition. Je ne vous en dirai pas davantage, Monsieur; vous verrez tout ce que j'ai l'honneur d'écrire au Roi, que je vous supplie de lui lire d'un bout à l'autre *.
« Je comprends ce que vous voulez me dire du temps fâcheux auquel tous ces malheurs nous arrivent ; mais il faut faire des efforts de votre côté pour tout surmonter. Un ordre positif à M. le duc d'Orléans de rentrer réparera tout : moyennant quoi je vous réponds, moi qui ne promets guère, et le brave Médavy vous en répond aussi, que nous mettrons les ennemis, comme la gaufre, entre deux fers. Jamais l'occasion n'a été plus belle pour finir la guerre d'Italie. Je joins ici l'état qu'on a pris aux ennemis de ce qu'ils ont perdu à l'affaire de Turin. Quelle diminution à une armée, sans compter ce qu'ils ont laissé dans Turin ! Enfin le tout dépend de la chose du monde la plus facile ; l'armée trouvera ici des mulets en abondance, les vivres qui sont à Pavie et à Alexandrie, et de l'artillerie. Au nom de Dieu ! ne manquez pas une aussi belle occasion ! Je voudrais bien avoir de quoi répondre à la bonne opinion que vous avez de moi ; pour ce qui est de mon zèle et de ma fermeté, n'en doutez jamais, non plus que de la vivacité avec laquelle je travaille à tout.
« Pour ne pas retarder le retour de votre courrier, dont le passage m'embarrasse, je n'ai pas l'honneur de vous en dire davantage; je vous supplie seulement, Monsieur, de compter bien sûrement que jamais personne ne vous a été plus sincèrement attaché, plus sensible à vos intérêts, et plus absolument à votre disposition que j'y suis, et que j'y serai toute ma vie.
« Henry de Lorraine.
« Mme de Vaudémont vous fait ses très humbles compliments, et est
1. Deux lettres du 17, au Roi et à son ministre, sont reproduites dans les Mémoires militaires, p. 302-307.
olO APPENDICE II.
pénétrée de reconnoissance de ce que, au milieu d'une infinité de grandes affaires dont vous devriez être accablé, vous avez bien voulu vous souvenir d'elle. »