M. de Châtillon à M. Chamillart
« Oulx, le 23 septembre 1706.
« Mgr le duc d'Orléans souffre beaucoup de sa blessure, qui nous
inquiète ; son esprit toujours agité de son malheur fait son plus grand
mal ; mais j'ai une excuse (?) parlant sans réplique. Deux jours après
l'arrivée devant Turin, M. le duc d'Orléans se trouva obligé de dîner
1. Par une lettre datée du jour suivant, Chamillart, tout décidé en faveur du projet de retour offensif, détaille les mesures déjà prises, et, le 30 septembre, le Roi lui-même écrit à son neveu : « Votre gloire et mon intérêt demandent que vous déterminiez la volonté des officiers, qui sera sans doute plus portée à rester en Dauphiné, ou à revenir en France, qu'à retourner en Italie. « Une lettre suivante, du 2 octobre, n'est plus conçue sur le même ton, et cependant Chamillart persiste et dit encore : « Je ne veux que votre gloire et le service du Roi; mais il n'est pas possible d'être occupé de l'un et de l'autre, et de vous voir passer l'hiver en Dauphiné ou à Versailles. Si la guerre dure, vous avez un plus grand personnage à faire. Commandez aux officiers généraux de vous parler comme ils doivent. Qu'ils se souviennent qu'ils sont gens de guerre, et qu'ils ne fassent pas le métier de courtisans. S'ils avoient pris ce parti-là, V. A. R. donneroit présentement la loi à toute l'Italie »