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LES CRITIQUES DU PROJET DE DIME ROYALE

Les critiques du Projet de dîme royale se produisirent de tous côtés, quelles vinssent des officiers de finance qui avaient été saisis directement par le département dont ils relevaient, ou bien des rares « spéculatifs » qui s'intéressaient à ces questions de réforme des impôts.

Chamlay, homme à l'esprit universel, qui, au milieu de ses études sur la guerre et des projets de campagne qu'on lui demandait chaque année, examinait avec le môme soin les propositions soumises au Contrôle général, Chamlay eut à donner son avis sur les conceptions de Vauban comme sur celles de Boisguilbert; mais, dans une partie de ses papiers personnels conservée au Dépôt de la guerre (vol. 2469), nous pouvons constater que, contrairement à beaucoup d'autres contemporains, il opina dans un sens plutôt favorable au projet de Vauban. « La dîme, dit-il en 1709, est le meilleur et le plus aisé de tous les revenus. »

Dans le même dossier, on trouve des observations du sieur du Muret, maire alternatif de Montreuil-sur-Mer, renvoyées aussi à Chamlay.

Un autre magistrat de la même région, Jean le Potier de la Hestroy, ancien lieutenant civil et criminel de l'amirauté de Flandre, présidentjuge des droits du Roi à Dunkerque, parait avoir été tenu au courant, dès le temps même de Vauban, des principes sur lesquels son système de réforme reposait, et même avoir eu communication du manuscrit, puisque les magistrats de police trouvèrent un exemplaire de ses « Réflexions » lorsqu'ils firent leur perquisition dans l'hôtel du maréchal, à Paris, et chez son collaborateur l'abbé de Beaumont. Après la mort de Vauban, ces Réflexions furent adressées directement au Contrôle général2. C'est une critique des plus intéressantes et des plus valables; elle a été imprimée en 1716.

Au préalable, la Hestroy protestait de son respect pour la mémoire de l'illustre défunt. « Si, disait-il, quelque chose peut justifier le public de l'injustice qu'il lui fait, ou qu'on veut qu'il se soit faite à lui-même, de s'avouer l'auteur d'un traité qu'il n'a pas assurément composé, ni même bien examiné3, autant dépourvu de raison et de preuves que le petit livre qui parut, il y a quelque temps, sous le

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