En
3. Hardouin de l'Isle de Marivault, entré au régiment Colonel-général de la cavalerie en 4672, devint marquis par la mort d'un frère aîné tué à SenefTe, eut un régiment de son nom en 1676, le grade de brigadier en 1693, celui de maréchal de camp en 1702, celui de lieutenant général en 1704, et, ayant été pris à Hochstcdt, ne fut pas échangé avant sa mort, 15 décembre 1709, à Paris. 11 avait fait toutes les campagnes, de 1689 à 1697, sur le Rhin. — 4. Tome III, p. 120.
5. Jean-Baptiste le Moine, seigneur de Villiers, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, parent de M. de Charmont et de l'abbé de la Rochejacquelein, lieutenant général aux bailliage et présidial de l'élection de Chaumont, avait eu d'une Marcillac Marie-Louise le Moine, qui épousa Mursay par contrat du 2 avril 1695 (Cabinet des titres, Pièces originales, vol. 1977, dossier 45 i20, pièce 21 ; Arch. nat., Y 265, fol. 138- 142; Dangeau, tome V, p. 174 et 177-178), apportant cinquante mille écus d'argent comptant, autant en espérance, et la nourriture chez son père, qui avait quitté Chaumont pour vivre à Paris. Mme de Maiulenon enleva l'affaire en allant faire visite chez lui, à toute la famille, à ce que raconte Mme Dunoyer (lettres x et un, tomes I, p. 99, et III, p. 33- 34). Le mariage se célébra Le jour OÙ le contrat de notre auteur reçut la signature du Roi, et, tout aussitôt, le père de Mursay convola en
dévote à merveilles; il n'y avoit qu'un ménage de gâté1. Elle faisoit ses dévotions fort souvent, et, la veille, vouloit coucher seule; Mursay s'en plaignoit, et rendoit compte à tout le monde du calendrier de sa femme2. 11 prioit à manger chez lui par grades, et un homme de grade différent des conviés qui s'y présentoit quelquefois pour s'en divertir étoit sûrement éconduit, et Mursay lui en disoit la raison. Tant de fadaises, et d'un Mursay, pourront surprendre ici ; mais voici pourquoi je les ai mises : Mursay étoit un espèce de la Feuillade de Mme de Maintenon; elle le croyoit un homme merveilleux ; il lui rendoit compte des choses et des personnes de l'armée, elle le consultoit sur ce qu'il pensoit qu'on devoit exécuter. Il montroit souvent de ses lettres, qui marquoient en effet une confiance qui faisoit pitié3. 11 étoit craint et ménagé, et il a souvent servi et nui à bien des gens : de là on peut juger à qui on avoit affaire, et en grande partie de ce qu'étoit Mme de Maintenon4.
victoire Le 9 septembre, c'est-à-dire le surlendemain de la ba-
taille de Turin5, Médavy marcha avec neuf mille hommes
de Médavy en Italie
secondes noces avec la jolie Mlle de Marsilly. Mursay avait dû, neuf ans auparavant, épouser la galante Rambures (tome XIII, p. 431), puis, en mars 1695, Mlle de Villefranche.
1. Au lieu de deux, si chacun s'était marié de son côté avec un conjoint moins exactement assorti comme intelligence.
2. Allusion au conte de la Fontaine, le Calendrier des vieillards :
On sait qui fut Richard de Quinzica, Qui mainte fête à sa femme allégua, Mainte vigile, et maint jour fériable, Et du devoir crut s'échapper par là.
3. Feu M. Geffroy a publié une de ces lettres (tome II, p. 81).
4. D'ailleurs Mursay était un bon militaire, et, l'hiver précédent, il avait voulu revenir à son poste en dépit de sa santé mal rétablie. Le P. Chérot vient de lui consacrer, ainsi qu'à sa femme, pénitente de Bourdaloue, quelques pages de son livre sur celui-ci, p. 136-143.
5. Dangeau, p. 202, 209, 210, 212 et 213; Sourckes, p. 174-174 et 178-180; Gazelle, p. 456 et 467-468; Gazette d'Amsterdam, n°" i.xxvnlxxix; Mercure de septembre, p. 339-351 ; Journal de Verdun, 2' partie, p. 299-300 et 329-330; Nouveau siècle de Louis XIV, tome III, p. 206-
au secours de Castiglione-delle-Stiviere1, que le prince héréditaire d'Hesse-Cassel assiégeoit avec douze mille hommes, lequel a depuis été roi de Suède2. Il laissa huit cents hommes dans la ville, qu'il avoit prise, leva ses quartiers de devant le château, et vint au-devant de Médavy dans une belle plaine, qui, de son côté, marcha aussi à lui3. Notre cavalerie, débordée par celle des ennemis, fut d'abord un peu en désordre; il fut augmenté par la fuite que prirent quatre régiments d'infanterie de Milanois et de Napolitains : Ceberet4, qui commandoit une brigade en seconde ligne, alla les remplacer sans attendre d'ordre. Médavy fit mettre l'épée à la main à toute son infanterie ; elle essuya toute la décharge de l'infanterie ennemie, la chargea ensuite, et las défit entièrement. La cavalerie ennemie, voyant l'infanterie défaite, s'enfuit. On leur tua deux mille hommes, on leur en prit quinze cents 6, tout leur canon, et beaucoup d'étendards et de drapeaux7. Mé-
207; Mémoires de Feuquière, tome IV, p. 30-33; recueil deLamberty, tome IV, p. 173-475; Mémoires militaires, p. 299 et 701-707; Feldziige des Prinzen Eugen, tome VIII, p. 285-289; Guerre, vol. 1964, n09 34, 35, 40-42, 51-53; Arch. nat., G7 559, nouvelles à la main. 1. Tome XIII, p. 348. — 2. Tome XI, p. 300.
3. Dangeau dit qu'il offrit à Médavy un combat k forces égales.
4. Claude, marquis de Ceberet, fils d'un intendant de marine et d'abord garde-marine en 1687, mousquetaire en 1690, capitaine de dragons en 1692, colonel du régiment de Ponthicu-infanterie depuis 1697, était à l'armée d'Italie depuis le commencement de la nouvelle guerre. Fait brigadier et colonel du régiment du Perche aussitôt après Castiglione, il alla servir en Flandre de 1708 à 1712, puis sur le Rhin en 1713. Inspecteur général de l'infanterie en 1716, maréchal de camp en 1718, lieutenant général en 1731, il eut plusieurs commandements en chef et gouvernements dans les Flandres, et mourut à Aire le 25 avril 1756, âgé de quatre-vingt-trois ans et demi. (Chronologie militaire, tome V, p. 107-111.) — Ici, Cebret.