‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 86 sur 610 · L'obligation de se tenir en représentation · texte numérisé non relu

L'obligation de se tenir en représentation

8. A la cour (Dangeau, p. 238), on dit que le prince n'avait couché qu'une nuit à Grenoble et était allé inspecter les troupes à Chambéry.

fâché véritablement de cette tache sur sa gloire person^ nelle, les envieux ravis de pouvoir rompre le silence qu'ils avoient été forcés de garder, parmi lesquels Monsieur le Duc et Madame la Duchesse se signalèrent. Quelque résolution que j'eusse prise de ne lui parler jamais de ses maîtresses, il m'avoit écrit avec trop d'ouverture, dès que sa blessure le lui avoit permis, pour qu'il me le fût de demeurer dans le silence quand tout crioit si haut. 11 reçut ma lettre en même temps qu'une autre que Chamillart lui écrivit de la part du Roi, qui, par ménagement, n'avoit pas voulu le faire lui-même, pour lui conseiller de renvoyer ces femmes et l'avertir du mauvais effet de leur voyage1. Toutes deux ne furent reçues qu'après leur départ, lequel en fut toute la réponse2.

On ne pense M. le duc d'Orléans visita ses troupes le plus qu'il put plus à repasser ^ans leurs quartiers, quoique mal rétabli encore, et y

qui se perd, répandit avec choix beaucoup d'argent. 11 travailla fort à examiner ce qui étoit possible pour rentrer en Italie, et envoya Bezons, bien instruit des moyens et des difficultés, pour en rendre compte au Roi et recevoir ses3 ordres*. Le

4. L'année suivante, dans une longue diatribe sur Mlle de Sérv, Mme de Maintenon disait encore à la princesse des Ursins (recueil Geffroy, tome II, p. 143) que cette fille s'était mise sur un trop mauvais pied pour mériter des distinctions, que le Roi avait été obligé d'en parler à son neveu, et que « le voyage qu'elle fit à Grenoble, et la foiblesse qu'il eut d'aller s'y enfermer avec elle, détruisit tout l'honneur qu'il s'étoit acquis à l'affaire de Turin, dont le malheur tomboit sur tous les autres, et point du tout sur lui. »

2. On ne trouve point la minute de cette lettre de Chamillart au Dépôt de la guerre, mais seulement (vol. 1967, n° 130) un billet autographe que le prince lui écrivit de Grenoble, le 24 octobre, en réponse aux reproches du Roi, une lettre pour le Roi lui-même (n° 128), et (n°134) une lettre de Nancré du même jour : ci-après, p. 90-91. Comme le dit Dangeau (p. 245-246), l'un et l'autre protestaient que tout s'était fait en dehors d'eux ; mais il n'en était pas dit mot dans la lettre du prince au Roi.

Page 1