‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 97 sur 610 · Que corrigé en qui. — 6. Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Que corrigé en qui. — 6. Ci-dessus, p

7. Dangeau a rapporté le petit discours du Roi en style direct, mais non celui-ci,- que donnent les Mémoires de Sourches (p. 196) : « L'Électeur entra dans le cabinet, ayant au col la magnifique croix de cinq diamants que le Roi lui avoit envoyée le jour précédent, et, le Roi lui ayant dit en raillant : « Comment, Monsieur le marquis de « Franchimont, vous portez une croix à votre Col comme un arche- « vêque? » il lui répondit : « Sire, je n'ai pas cru la devoir confier à « personne jusqu'à ce que je la remisse entre les mains de l'électeur « de Cologne. » Cette croix avait coûté tout près de trente mille livres.

l'Allemagne1. Il étoit vêtu de court, en noir, souvent avec une calotte rouge, quelquefois noire; les bas varioient de même2. Il étoit blond, avec une fort grosse perruque et assez longue, cruellement laid, fort bossu par derrière, un peu par devant, mais point du tout embarrassé de sa personne ni de son discours3. Il prit tout à fait bien avec le Roi, qui, le lendemain4, le vit en particulier après la messe. Après, il suivit le Roi à la chasse. L'Electeur étoit5 dans une calèche avec un de sa suite, le premier écuyer et Torcy. 11 retomba après à Marly, où il prit congé du Roi pour retourner en Flandres6. Il alla voir l'électeur de Ra-

1 . Aux iermes de la Bulle d'or, l'archevêque de Mayence était grand chancelier pour l'Allemagne, et celui de Cologne pour l'Italie, mais sans fonctions. Le premier contestait au second, deuxième suffragant dans le collège électoral, le droit de sacrer l'Empereur.

2. Comparez l'habillement du cardinal de Médicis lors du voyage de Philippe V: tome X, p. 163. L'Électeur n'était pas encore ordonné prêtre : ci-après, p. 257.

3. Ni beau, ni bien fait, mais l'air noble, parlant bien, ni embarrassé ni embarrassant, dit Dangeau; petit bossu mal fait, avec un visage d'une aune et la lèvre autrichienne, selon l'annotateur des Mémoires de Sourches, tome VIII, p. 174, note 1. Mme de Maintenon s'exprime textuellement comme Dangeau (recueil Geffroy, tome II, p. 105) : « Toute la famille royale est charmée. Je ne les ai jamais vus pour un étranger comme pour celui-là. Ils prétendent que c'est le prince du monde le moins embarrassé et le moins embarrassant. C'est à qui l'aura. Le Roi le mène à la chasse demain. Il a marqué aussi beaucoup de goût dans tout ce qu'il a vu ici, et il donne le prix à la maison de Trianon et au jardin de Marly. Il ne peut se taire sur le Roi : il lui a dit à lui-même qu'il voudroit bien que tous ses ennemis le connussent tel qu'il est. Tout ce qui nous revient sur cet article nous fait voir en effet qu'on a d'ét anges idées du Roi. » Mme de Maintenon fut seule à refuser de voir ce visiteur, au risque de faire mal interpréter ses motifs : voyez sa correspondance avec Mme des Ursins, tome I, p. 46, 51 et 61, et tome III, p. 372-373.

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