Eut est en interligne, au-dessus d'avoit, biffé
2. Marie-Anne-Louise de Caumont, seconde fille issue du premier mariage du duc de la Force (ci-dessus, p. 18 et note 2) avec une Saint- Simon de Courtomer, avait été nommée fille d'honneur en juillet 1686. Elle fut mariée le 8 mars 1688 à M. du Roure.
3. Nous aurons ailleurs l'occasion de parler des persécutions dirigées contre le duc de la Force et sa famille lors de la révocation de l'édit de Nantes.
4. Catherine-Henriette d'Harcourt-Beuvron, mariée à Louis, duc d'Arpajon, en 1659; veuve en 1679, dame d'honneur en 1684, morte le 11 mai 1701, à soixante-dix ans.
5. Saint-Simon a écrit, par mégarde : cassées. — C'est en janvier 1688 que cette chambre des filles d'honneur fut supprimée, à la suite de la découverte d'un exemplaire de Y École des filles. La chambre était alors composée de Mlle de la Force (Mme du Roure), Mlle de Rambures (Mme de Polignac), Mlle de Levenstein (Mme de Dangeau), Mlle de Gramont (Milady Stafford), et de Mlle de Séméac, qui était, en celte occasion, la principale coupable. Voyez le Chansonnier, ms. Fr. 12 689, p. 351 et 453. Dangeau (tome II, p. 96) raconte comment Mlle de la Force fut alors placée chez la duchesse d'Arpajon.
6. Louis-Scipion de Grimoard, marquis du Roure, capitaine de chevau-légers, fut pourvu, en faveur de son mariage, de la survivance de lieutenant général et de gouverneur du Pont-Saint-Esprit ; mais il périt deux ans après, à la bataille de Fleurus, le 1er juillet 1690. Son père, Louis-Pierre-Scipion de Grimoard de Beauvoir et de Montlaur, comte du Roure, marquis de Grisac, etc., lieutenant général du Roi en ses armées et dans la province de Languedoc, gouverneur du Pont-Saint- Esprit, etc., ne mourut que le 24 avril 1733, à quatre-vingt-huit ans. Il
survivance de sa charge de lieutenant général de Languedoc et quelque argent que le Roi donna pour s'en défaire honorablement : après quoi elle avoit reçu défense de venir à la cour, par M. de Seignelay. Monseigneur le souffrit respectueusement, et se servit du marquis de Créquy pour continuer secrètement cette intrigue ; mais il arriva que le marquis et Mme du Roure se trouvèrent au gré l'un de l'autre1. Monseigneur le sut : ils se brouillèrent avec éclat ; les présents furent rendus de part et d'autre, chose rare pour un dauphin, et le marquis de Créquy fut chassé hors du Royaume, où il passa quelque temps2.
Cet hiver-ci, le feu mal éteint se ralluma3 : Mme du Mme du Roure
avait été marié par le Roi, en 1666, à une amie intime de Mlle de la Vallière, Mlle d'Attigny, dont Saint-Simon parlera à l'occasion de sa mort, en 1720.
1. François-Joseph, marquis de Créquy (tome I, p. 271, note 1), était, selon le marquis de Sourches (tome I, p. 135), un homme trèsagréable de sa personne, avec beaucoup d'esprit et de valeur, mais aimant trop ses plaisirs; le Chansonnier (ms. Fr. 12 688, p. 251) le représente aussi comme le plus beau et le mieux fait des courtisans, mais fort débauché.
2. Saint-Simon confond ici deux intrigues distinctes et deux filles d'honneur, Mlle de la Force et Mlle de Rambures. C'est celle-ci qui, aimée par le Dauphin, comme le fut peu après Mlle de la Force, et mariée au comte de Polignac, trahit son amant pour M. de Créquy, ainsi qu'on peut le voir dans les Mémoires du marquis de Sourches, tome II, p. 229 et suivantes, ou dans le Journal de Dangeau, tome I, p. 428 (13 décembre 1686) et 437, et comme notre auteur le raconte lui-même, soit en annotant ce passage du Journal, soit en parlant de Mme de Polignac, dans les Mémoires, à l'occasion de sa mort (1706), tome IV, p. 447-448. Le marquis de Créquy fut exilé à la fin de 1686. Il voyagea d'abord en Italie, puis alla en Bretagne, et eut la permission de reprendre son commandement en septembre 1688.
3. Le Chansonnier (ms. Fr. 12 691, p. 29, 40 et 289) ne parle pas seulement des amours de Mme du Roure avec Monseigneur, mais aussi de ses relations avec un bourgeois nommé Frérot, avec le prince de Turenne, et enfin avec le prince Philippe de Savoie. Mme de la Fayette (Mémoires, p. 230) dit quelques mots piquants sur le rôle de Monseigneur ; Madame, duchesse d'Orléans (Correspondance, éd. Brunct, tome II, p. 274), raconte que Mme du Roure s'était fait donner une promesse
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exilée en Nor- Roure ne put voir Monseigneur à Versailles si secrète-
maiulie
ment que le Roi n'en fût averti. Il en parla à Monseigneur, et il n'y gagna rien. Ce prince ne fit point ses pâques, dont le Roi fut fort fâché : tellement qu'il chassa la dame en Normandie, dans les terres de son père, jusqu'à nouvel ordre1. Monseigneur n'y sut faire autre chose que lui envoyer mille louis par Joyeux2, son premier valet de chambre, et faire après ses dévotions 3.
écrite de mariage pour le cas où son mari et la Dauphine viendraient à mourir. Selon la Beaumelle (Mémoires pour servir à V histoire de Mme de Maintenon, 1" édition, tome IV, p. 216), Monseigneur eut de Mme du Roure une fille, que le Roi ne voulut pas légitimer, à cause de l'origine douteuse, et que la princesse de Conti maria au diplomate Nicolas Mesnager. D'après les notes conservées au Cabinet des titres, dans le dossier Grimoard, fol. 6 v°, Mme du Roure, au lieu d'aller en exil, se retira dans une maison que Monseigneur lui avait achetée au faubourg Saint-Honoré, et elle y accoucha d'un fils. Elle eut aussi do M. de Collande une fille, qui devint Mme de Morvillier.
1. « Mme du Roure a tenu quelques propos à Paris, dont on n'a pas été content ici, et on lui a envoyé ordre de s'en aller incessamment à une des terres du duc de la Force, son père ; et de peur qu'elle ne retardât son voyage sur le manque d'argent, on lui a envoyé quatre cents pistoles. » (Journal de Dangeau, 17 juillet 1694, tome V, p. 46.) Un ordre du 16 août suivant la relégua à Courtomer, chez son oncle maternel; en janvier 1696, elle eut la permission d'aller voir ses parents à la Boulaye, mais pendant cinq à six jours seulement, et, le 20 août suivant, comme elle demandait l'autorisation de venir à Paris durant le séjour de la cour à Fontainebleau, le ministre eut ordre de lui répondre qu'on ne croyait pas ce voyage nécessaire, et qu'elle ne devait plus y songer. (Arch. nat., 01 38, fol. 221 v°, et 40, fol. 14 v° et 259.) Le 10 mars 1712, le Roi la fit enfermer dans un couvent de Montpellier (0* 56, fol. 67); mais nous ne savons quand elle mourut. Saint-Simon, dans l'Addition n° 84, dit qu'elle survécut longtemps à Monseigneur.
2. Michel Thomassin, dit Joyeux, avait eu un emploi chez la reine mère, puis avait fait les fonctions de maître de la gttde-robe chef la Reine, et M. de Montausier l'avait nommé, en 1668, premier valet de chambre de Monseigneur. Celui-ci lui donna, en 1693, la capitainerie de Choisy et, en 1695, le gouvernement de Meudon etChaville. En outre, il avait, comme Bontemps, une abbaye, celle de Sery-aux-Pivs. qu'il conserva de 1680 à 1695, et des prieurés. Il mourut fort vieux, le 22 avril 1706.
3. Monseigneur était déjà parti depuis longtemps pour son armée de
Le Roi avoit envie qu'il allât en Allemagne; mais il Monseigneur préféra la Flandre, par une intrigue qui se développa préfère la Fian-
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pendant la campagne, et le noi y consentit1. Il choisit le LaFeuiliéelui
bonhomme la Feuillée2, lieutenant général très-distingué, est donné P°ur , , j . • 4 aA m » ?, son mentor.
de près de quatre-vingts ans, pour être son conseil a 1 armée, et ne rien faire sans son avis. Cela ne devoit pas être bien agréable à M. de Luxembourg ; mais le Roi vouloit un mentor3 particulier à son fils. Il se souvint peutêtre de ce qui s'étoit passé l'année précédente à Heilbronn*, et il lui en voulut donner un dont il n'eût pas les mêmes inconvénients à craindre. La Feuillée eut la distinction de ne prendre point jour5 à l'armée, et d'y être pourtant reconnu et traité comme lieutenant général, toujours logé de préférence chez Monseigneur ou le plus près de lui, avec défense expresse du Roi de faire les marches autrement qu'en carrosse et de monter à cheval qu'auprès de Monseigneur, devant les ennemis0. G'étoit un très-honnête gentilhomme, doux, sage, valeureux, excellent officier général, et qui méritoit toute cette confiance.
Flandre, quand Mme du Roure fut chassée. Lorsqu'il eut rempli ses devoirs religieux, le Roi lui écrivit, le 19 août : « Le marquis de Beringhen m'a mandé que vous aviez fait vos dévotions le jour de la Notre-Dame; je m'en réjouis, et j'espère toujours que vous deviendrez homme de bien, connoissant qu'il n'y a rien de si bon pour tout. » (Recueil de lettres pour servir à l'histoire militaire, tome VIII, p. 468.)