‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 106 sur 351 · Voyez tome I, p. 265 et note · texte numérisé non relu

Voyez tome I, p. 265 et note

5. C'est-à-dire de n'avoir point son jour de servir, à tour de rôle.

6. Voyez le Journal de Dangeau, tome IV, p. 483. M. de la Feuillée avait été d'abord désigné pour l'armée du maréchal de Lorge (ibidem, p. 478).

M. de Chaulnes alla en son gouvernement de Bretagne ; le duc d'Aumont1, bien qu'en année de premier gentilhomme de la chambre, à Boulogne; le maréchal d'Estrées au pays d'Aunis, Saintonge et Poitou; et le maréchal de Tourville commanda l'armée navale, le comte d'Estrées une moindre, et à ses ordres en cas de jonction, dont Tourville demeura le maître.

J'allai voir à Soissons mon régiment assemblé*. Je l'a-

\. Louis-Marie-Victor d'Aumont et de Rochebaron, duc d'Aumont, né le 9 décembre 1632, avait succédé à son père, en 1669, comme duc et pair, gouverneur de Boulogne et du Boulonnais, et capitaine d'une des compagnies de gardes du corps; mais il avait cédé tout aussitôt cette dernière charge au marquis de Rochefort, pour acheter celle de premier gentilhomme de la chambre. Il était chevalier des ordres de la dernière promotion, et avait eu une commission de mestre de camp de cavalerie en 1693. Il mourut subitement le 19 mars 1704.

2. Comme Saint-Simon avait épuisé ses ressources pour établir son équipage sur un pied convenable, il se fit donner l'autorisation d'emprunter vingt-cinq mille livres, par un conseil de famille réuni le 14 mai 1694 (jour où, sans doute, il avait assisté au service anniversaire de Louis XIII, célébré par l'évêque de Castres), et composé du prince de Guémené, des ducs de Richelieu, de Candalle et de Villeroy, du marquis de Saint- Simon (Eustache-Titus), du comte du Bois-de-la-Roche (Volvire), du marquis de Saint-Simon Sandricourt, et de la .marquise de Montalon (Marie du Fay, veuve de Louis de Villechastel). L'argent emprunté en conséquence, le 17 mai, servit à achever de payer au chevalier du Rozel le prix de son régiment, conformément au traité passé le 11 novembre 1693. (Actes conservés dans le minutierde Me Galin, notaire à Paris.) — Dans un recueil inédit de « Portraits et caractères des personnes les plus illustres de la courde France, » qui porte la date du 1er janvier 1703, et qui se trouve actuellement au Musée Britannique, ms. Additionnel 29 507, on lit ceci sur les débuts de notre auteur à l'armée (fol. 25 v°) : « Le duc de Saint-Simon est un jeune seigneur bien fait de sa personne, d'un esprit qui n'est pas du sublime, mais droit, qui fait bien sa cour et règle bien son domestique, qui iroit encore mieux, s'il ne s'en rapportent pas tant à l'abbé le Vasseur". Son équipage est des mieux entendus de l'armée en temps de guerre, pour une personne de son rang. » — Avant de se préparer pour la campagne, le 5 mars 1694, le jeune duc avait rendu en personne, à Versailles, entre les mains du chancelier

a Voyez tome I, appendice n° II, p. 489.

d'Allemagne.

vois dit au Roi, qui me parla longtemps dans son cabinet, et me recommanda la sévérité, ce qui fut cause que j'en eus dans cette revue plus que je n'aurois fait sans cela. J'avois été voir les maréchaux de Lorge et de Joyeuse, qui étoient revenus chez moi. J'étois bien avec le second ; la probité de l'autre me plaisoit : de sorte que je me trouvai aussi content d'aller en cette armée que je me serois trouvé affligé de servir en Flandres.

Je partis enfin pour Strasbourg, où je fus surpris de la Je vais magnificence de cette ville et du nombre, de la grandeur ,1.4/1 armee et de la beauté de ses fortifications1. J'eus le plaisir d'y revoir un de mes anciens amis : c'étoit le P. Wolff2, que j'envoyai d'avance quêter3 en cinq ou six maisons de jésuites là autour, et qu'on trouva à Haguenau*, où il étoit recteur. Il avoit été compagnon du P. Adelmann5, confesseur de Madame laDauphine0; et comme, dès ma jeunesse,

Boucherat, l'hommage qu'il devait au Roi pour son entrée en possession du duché-pairie de Saint-Simon, de la châtellenie de Beaussart, du fief Saint-Louis de la Rochelle et de celui de Blaye. L'acte d'hommage est imprimé dans l'Histoire généalogique du P. Anselme, tome IV, p. 393.

1. On avait publié en 1683 une description allemande des fortifications, églises, monuments, etc. de Strasbourg.

2. Valentin Wolff, né à Geisen, le 11 décembre 1650, entré en 1668 dans la Société de Jésus.

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