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3. Rivière qui prend sa source en France, près de Nouvion (département de l'Aisne), entre en Belgique, traverse Charleroy, et va se jeter dans la Meuse, à Namur.
4. Ce camp d'Espierres (village à trois lieues de Courtray et proche de l'Escaut, sur la chaussée d'Oudenarde) couvrait le Tournaisis et la châtellenie de Lille ; l'intention du prince d'Orange était de s'en saisir en passant brusquement l'Escaut. Un journal des campagnes du maréchal de Luxembourg conservé au Musée Britannique, ms. Additionnel 19 671, fol. 125, rend compte en ces termes de l'opération de l'armée française : « Le maréchal de Luxembourg, voyant la difficulté d'avoir toute son infanterie à Espierres assez tôt pour empêcher l'ennemi de passer l'Escaut, avoit ordonné, dès qu'elle seroit arrivée à Wasmes, près de Saint- Ghislain, qu'on fît avancer promptement les grenadiers et les soldats les plus ingambes, et que le reste suivît aussi diligemment qu'il seroit possible. Le prince de Conti représenta aux soldats la nécessité qu'ils arrivassent sans délai à Espierres pour défendre le passage de l'Escaut : tous offrirent de le suivre. Ils laissèrent les tentes et les bagages sous la garde de ceux qui se trouvoient trop fatigués pour recommencer une nouvelle marche. Après une halte de trois heures à Wasmes, le prince se mit en mouvement, arriva le 24, au matin, à Condé, où il fit une seconde halte, et, après une grosse pluie presque continuelle, l'infanterie fut rendue à Tournay le 24 au soir; et le lendemain 25, avant midi, la plus grande partie arriva à Espierres, où elle fut cantonnée, ainsi qu'à Dottignies et dans les villages voisins. Le maréchal de Luxembourg, s'étant avancé le 24 au matin à Bossut, découvrit la tête de l'ennemi de l'autre côté de l'Escaut.... » On trouvera une lettre de Monseigneur, annonçant cette opération à Mme de Maintenon, dans la Correspondance générale, tome III, p. 417.
soulagée par un grand nombre de chariots qu'on fit trouver, et la Sambre convoya l'artillerie et les vivres tant qu'on s'en put aider. La marche se fit avec un grand ordre et une telle diligence, le maréchal de Villeroy toujours en avant, que Monseigneur prit le camp d'Espierres, le 25 *, en même temps que la tête des ennemis paroissoit de l'autre côté. On se canonna le reste du jour, le ruisseau d'Espierres entre deux, et les ennemis, sur le soir, se retirèrent. Cette importante marche fut très-belle et fort admirée2. Le reste de cette campagne ne fut plus que subsistances. Les princes s'en allèrent d'assez bonne heure à Fontainebleau3, et M. de Luxembourg, après leur départ, courut en vain en personne, avec quelques troupes, pour enlever le quartier du comte d'Athlone, qu'il trouva décampé sur l'avis qu'il avoit eu4.
Notre campagne d'Allemagne s'acheva fort tranquille-
1. Le 24, et non le 25; voyez le Journal de Dangeau, tome V, p. 6Q.
2. L'armée française n'avait pas fait moins de quarante lieues en deux jours, et le souvenir de cette marche extraordinaire fut consacré, en 1697, par une médaille qui représentait Persée tenant la tête de Méduse et monté sur le cheval Pégase, avec ces mots à l'exergue, donnés par Racine : militum alacritas, et cette légende : delphini ad scaldeu iter. Voyez les Œuvres de J. Racine, tome V, p. 29-30, et les Médailles sur les p: vncipaux événements du règne de Louis le Grand, fol. 259. Un des almanachs de l'année suivante eut pour sujet de sa principale gravure : « L'arrivée subite de Mgr le Dauphin avec l'armée du Roi à Espierres, le 24 août 1694, qui a fait avorter les desseins du prince d'Orange et de ses alliés. » 11 faut faire remarquer que les historiens contemporains font honneur de cet habile et audacieux mouvement à M. de Luxembourg, que Saint-Simon nomme à peine, ou dont il ne parle, comme on va le voir, que pour mentionner son expédition inutile du 19 octobre; il a cependant mis son nom dans la note marginale.
3. Le Dauphin, parti le 18 septembre, arriva le 20 à Fontainebleau.
4. Dangeau (tome V, p. 96) ne parle pas du comte d'Athlone, mais de M. d'Owerkerque,quele duc de Holstein avait laissé au camp de Rousselaer, et qui décampa dans la nuit du 18 au 19 octobre, au moment où Luxembourg se mettait en marche pour le surprendre. Le comte d'Athlone était occupé ailleurs à mettre la cavalerie en quartiers d'hiver {Gazette, p. 515 et 527).
ment. Nous demeurâmes quarante1 jours à Gau-Bockdheim2, dans le plus beau et le meilleur camp du monde, et par un temps charmant, quoique tournant un peu sur le froid. Ce commencement de froid m'y attira une dispute pour une maison avec Esclainvilliers3, mestre de camp de cavalerie ; cela alla pourtant jusqu'à M. le maréchal de Lorge, qui sur-le-champ m'envoya dire par IVrmillac4, maréchal des logis de la cavalerie5, que la maison étoit à moi, et qui le signifia à d'Esclainvilliers. Peut-être lui en dit-il davantage, car Esclainvilliers vint dès le soir à moi, qui causois sur le pas de ma porte avec le prince de Talmond6 et cinq ou six autres brigadiers ou mestres de camp, et me fit force excuses. Il revint encore chez moi deux jours après ; je le fus voir ensuite, puis lui donnai à dîner avec d'autres, comme j'avois toujours du monde à manger, généraux, mestres de camp et autres officiers. C'étoit un brave7 homme, épais, mais bon homme