Et est en interligne. r
gnac1 et le maréchal de Villeroy coururent à la cheminée. Elle se hâta d'emmener MM. de Vendôme ; et le maréchal de Villeroy, Roquelaure, qui n'eut ni le courage de tirer raison d'un tel affront, ni le supplément de prendre prétexte du lieu2 pour3 en porter sa plainte au Roi. Le pis fut que, dès le lendemain d'une scène si publique, il se laissa raccommoder, et en particulier, avec MM. de Vendôme, par Mme d'Armagnac, dans son cabinet. Pour y mettre le comble, la duchesse de Roquelaure1 alla partout disant qu'elle étoit bien fâchée de ce qui étoit arrivé, mais que voilà aussi ce que c' étoit que de s'attaquer à son mari : ce ne pouvoit être bêtise, et l'ignorance auroit été bien forte ; on ne comprend pas ce qu'elle put espérer d'un si ridicule propos. Quelque effronté que fût Roquelaure, il parut les premiers jours déconcerté, et bientôt après il se remit à ses bouffonneries ordinaires et se trouva partout impudemment avec MM. de Vendôme, à Marly, à Choisy, et partout où cela se rencontroit, et n'évitoitpas même de leur parler, quand cela se présentoit, à l'étonnement de tout le monde. Un soir, longtemps après, qu'il fit chez le Roi plus de bruit et d'éclats de rire qu'à l'ordinaire, et qu'on le remarquoit, je répondis froidement que la cause de tant de gaieté n'étoit pas difficile à deviner, puisque ce même soir MM. de Vendôme prenoient congé du Roi pour re-
1. Catherine deNeufville-Villeroy, qui avait épousé, le 7 octobre 1660, te comte d'Armagnac, grand écuyer, et qui mourut le 25 décembre 1707, à soixante-huit ans. Elle était, sœur du maréchal de Villeroy.
2. C'est-à-dire, il ne prit point, à défaut de courage, pour suppléer au courage, prétexte du lieu, etc.