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5. Il était lieutenant général depuis 1669 et gouverneur depuis 1670.
6. Primitivement l'amiral de France n'avait eu d'autorité sur les côtes que depuis Calais jusqu'au Mont-Saint-Michel ; le gouverneur de Bretagne commandait alors depuis cette plage jusqu'au Raz, celui de Guyenne depuis le Raz jusqu'à Rayonne, et celui de Provence était amiral du Levant, c'est-à-dire de la Méditerranée. De cette ancienne organisation il était resté, d'une part, la division du Levant et du Ponant entre deux vice-amiraux, et d'autre part le pouvoir maintenu au gouverneur de Bretagne sur tout le littoral de cette province : comme l'amiral de France, il percevait un dixième des prises, rançons ou représailles, un tiers des épaves, prenait des droits sur les navires armés en course, nommait les juges et officiers des tribunaux d'amirauté, etc.
7. Selon Dangeau (tome V, p. 165 et 169), le gouvernement de Bre-
à un amiral de France que de la réunir à lui, et que le gouvernement de cette vaste péninsule, bordée par la mer de trois côtés. Le Roi y pensa donc avec d'autant plus d'empressement qu'il s'étoit engagé à Monsieur pour le premier gouvernement de province qui viendroit à vaquer, pour M. le duc de Chartres, et c'étoit une parole donnée à l'occasion du mariage de ce prince. M. de Chaulnes étoit vieux et fort gros ; le Roi craignoit que la Rretagne lui échappât pour le comte de Toulouse, par sa vacance, et résolut, pour la prévenir, le1 troc de ces deux gouvernements. Pour l'adoucir au duc de Chaulnes, qui y perdoit tout, et pour tirer le duc de Chevreuse, qu'il aimoit, de l'état fâcheux où il avoit mis ses affaires, à force de s'y croire habile et de vastes projets qui l'avoient ruiné2, le Roi voulut lui donner en même temps la survivance de la Guyenne, comme au neveu, à l'ami et à l'héritier du duc de Chaulnes, et de son même nom, à qui il avoit substitué tous ses biens par son contrat de mariage, c'est-à-dire au second fils qui en naîtroit, en cas que luimême mourût sans enfants, et il n'en a jamais eu.
Le Roi fit entrer un matin le duc de Chaulnes dans son cabinet3, lui dora la pilule4 au mieux qu'il put, et toutefois conclut en maître5. M. de Chaulnes, surpris et
tagne ne valait que soixante-dix mille livres, tandis que celui de Guyenne, donné en échange, devait en rapporter cent neuf mille ; mais le casuel de l'amirauté portait bien au delà de ce chiffre les profits du gouverneur de Bretagne. C'est ce que Mme de Sévigné appelait « les lingots » ou « la pluie d'or » de Saint-Malo (Lettres, tome X, p. 235 et 246). Comparez la suite des Mémoires, tome II, p. 103.