Saint-Simon a corrigé j î'atmocs en j'aimai
3. Comparez un autre passage des Mémoires, tome IV, p. 361, et le testament de Saint-Simon, tome XIX, p. 428.
4. Michel Damond, l'ancien trésorier des parties casu elles (ci-dessus, p. 267, note 2), avait épousé Anne Aubourg, fille du garde des rôles des offices.
vie elle avoit imaginé et désiré ce mariage, et en avoit parlé une fois à Mlle de Lorge. Ce fut elle aussi qui le traita, et qui, avec adresse, mais avec probité, en vint à bout, à travers les difficultés qui traversent toujours ces affaires si principales de la vie. M. de Lamoignon1, ami intime du maréchal, et Riparfonds sous lui, cet avocat dont j'ai parlé2, et qui nous servit si bien contre M. de Luxembourg, furent ceux dont ils se servirent, et qui tous deux n'avoient aucune envie de réussir : Lamoignon vouloit M. de Luxembourg, veuf de la fille du duc de Chevreuse3, sans enfants, qui le desiroit passionnément, et Riparfonds me vouloit pour Mlle de la Trémoïlle, ce que nous découvrîmes après. Ërard4, notre avocat, et M. Rignon5, conseiller d'État, étoient notre conseil. Ce dernier
1. Chrétien-François de Lamoignon, marquis de Bâville, fils aîné du premier président et frère de Bâville, successivement conseiller au Parlement (1666), maître des requêtes (1670), avocat général au Parlement (1673), devint président à mortier en 1698. Il refusa, en 1703, d'entrer à l'Académie française, où il venait d'être élu ; mais l'Académie des sciences le nomma membre honoraire en 1704. Né >à Paris le 26 juin 1644, il y mourut le 7 août 1709. Saint-Simon, qui n'aimait pas les Lamoignon, dira ailleurs (tome VII, p. 60) que celui-ci « se vouloit mêler de tous les mariages et de tous les testaments. » Il lui gardait sans doute rancune de son ingérence dans cette négociation matrimoniale de 1695.