‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 210 sur 351 · Comparez ci-après, p · texte numérisé non relu

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4. Dans une lettre du 6 juillet, le maréchal de Lorge remercie M. de Barbezieux de ses attentions, et particulièrement de la chaise qu'il a prêtée à la maréchale. (Dépôt de la guerre, vol. 1322, n° 146.)

5. Pierre de la Cour, que Saint-Simon mentionnera, en 1705, parmi les joueurs qui allaient chez M. de Livry (tome IV, p. 339). Sur son arrivée à Marly, voyez le Journal de Dangeau, tome V, p. 229, 29 juin.

Maréchal

et maréchale

de Lorge à

Landau, et le

maréchal

de Joyeuse

médecin, et avoit paru extrêmement sensible à ce grand accident. Toute la cour en fut infiniment touchée : il n'y étoit pas moins aimé et honoré que dans les troupes. Enfin, dès qu'il fut possible de transporter M. le maréchal de Lorge à Philipsbourg, Mme la maréchale de Lorge y vint de Landau l'attendre : on peut juger de la joie avec laquelle ils se revirent1. J'avois été au-devant d'elle jusqu'à Landau. Toute la fleur de l'armée avoit2 accompagné son général à Philipsbourg, et la plupart des officiers généraux. Le lendemain, M. le maréchal de Lorge, entre deux draps, en carrosse, et Mme la maréchale en chaise, s'en alla à Landau, suivis de tout ce qu'il étoit venu de plus distingué à Philipsbourg. Il s'établit au gouvernement, chez Mélac, qui lui étoit fort attaché, et moi chez

1. Le 5 juillet. On transporta le malade dans la voiture du prince d'Espinoy, qui était un carrosse à ressorts et à soufflet. Dès le jour suivant, le maréchal écrivit au Roi pour lui rendre compte des instructions qu'il avait laissées à M. de Joyeuse ; il ajoutait : « Je suis, Sire, très-redevable à V. M. des marques de bonté qu'elle me fait l'honneur de me témoigner sur ma maladie; mais j'avoue que l'ordre qu'elle me donne de m'en retourner m'a tout à fait surpris, croyant que V. M. n'étoit pas mal satisfaite de ma conduite, et qu'ainsi elle me feroit la grâce de me laisser le choix de retourner à l'armée ou de n'y retourner pas, selon que mes forces reviendroient, lesquelles sont présentement au delà de tout ce que l'on pouvoit s'imaginer après la maladie que j'ai eue. Ainsi, Sire, j'espère que V. M. voudra bien me permettre de retourner à l'armée, si je suis en état de la servir ; et même je crois que l'armée ne sera pas fâchée de me revoir, puisqu'il n'y a point de soldats, cavaliers ou dragons qui n1aient marqué beaucoup de chagrin de l'état où j'ai été, et de la joie espérant de me revoir bientôt à leur tête ; et même, dans le commencement de ma maladie, toute l'armée m'obligea d'y rester, étant très-fâchée de la résolution que je prenois de la vouloir quitter, me voyant hors d'état d'y être utile pour le service de V. M. ; et il n'y eut que les instances que l'on me fit qui m'obligèrent d'y rester.... » Le Roi répondit avec bienveillance, le 13 juillet, qu'il lui permettait d'aller reprendre son commandement dès que ses forces seraient revenues. (Dépôt de la guerre, vol. 1322, nos 145 et 180.) 2. Avoit corrige accomipagna].

Verpel1, ingénieur, dans une très-jolie maison toutproche. fort près Dès le lendemain , nous repartîmes tous et allâmes re- des ennemisjoindre l'armée. Nous couchâmes à Philipsbourg, où des Bordes, gouverneur, nous dit avoir défense du maréchal de Joyeuse de laisser passer personne pour2 son nouveau camp , tellement qu'il nous fallut longer le Rhin en deçà et le passer en bateau au village de Ketsch 3, où on dressoit un pont. Comme l'escorte et la compagnie étoit nombreuse, le passage fut fort long ; nous prîmes les devants pour la plupart, et allâmes à trois lieues de là, où nous trouvâmes l'armée, sa droite à Roth et sa gauche à Walddorf \ où étoit le quartier général. Nous y apprîmes que le maréchal de Joyeuse avoit perdu une belle occasion de battre les ennemis en venant en ce camp, qui s'étoient présentés avec peu de précaution sur les hauteurs de Malsch5. Comme je n'y étois pas, je n'en dirai pas davantage6. Le lendemain de notre arrivée, une partie de l'armée monta à cheval ou se mit sous les armes, sur les sept heures du matin, pour une légère alarme. Le général Schwartz7, avec dix-huit mille hommes8 de

4. Alexandre, chevalier de Verpel. Entré au régiment de Navarre en 1673 et fait capitaine en 1677, il prit rang peu après dans le génie, fut fait brigadier d'infanterie en 1696, commanda en chef le corps des ingénieurs à l'armée d'Allemagne pendant la campagne de 1704, et mourut au mois de mars 1714.

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