‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 248 sur 351 · Au a été corrigé en à · texte numérisé non relu

Au a été corrigé en à

4. Le recueil déjà cité du Musée britannique nous fournit ce portrait du nouvel archevêque : « C'est un petit homme en toute manière. Son visage pourroit passer pour celui du supérieur de la Trappe. Son esprit est assez enclin à la paix et à la douceur ; mais il n'en faut pas demander davantage. Ce qui paroît venir de sa plume n'est pas mauvais, pourvu qu'il soit fait par le chanoine Boileau. Il suffît qu'il soit dans la faveur auprès de Mme de Maintenon, pour qu'il soit parvenu, en trois ou quatre années, d'évêque de Châlons au rang où il se trouve aujourd'hui. » (Portraits et caractères, 1703, ms. Additionnel 29 507, fol. 17.)

5. Deux fois il avait refusé de céder aux instances de Mme de Main-

et il avoit la domerie d'Aubrac1, abbaye sous un titre particulier, mais qui n'est qu'un simple nom, dont il se démit en arrivant à Paris. Le Roi, si content du duc de Noailles, et Mme de Maintenon, toute à lui, voulut que la grâce fût entière : la domerie fut donnée2 à l'abbé de Noailles3, et l'évêché de Ghâlons en même temps. G'étoit le plus jeune des frères de M. de Noailles et de Monsieur de Châlons, qui avoit au moins quinze ou dix-huit ans moins qu'eux.

Peu après mon retour, j'allai me réjouir avec Monsieur Régularisation de la Trappe Me la solidité que le Roi venoit de donner à ?*}* l™ppe-

rr ^ [Acld. S*-S. 131

et 132] tenon, et il ne se soumit qu'au commandement exprès du Roi. (Correspondance générale de Mme de Maintenon, tome IV, p. 11-12.) La Gazette d'Amsterdam (1695, p. 274) s'exprime ainsi, au sujet de cette nomination : « L'évêque de Châlons, frère du maréchal de Noailles, a été nommé par le Roi à l'archevêché de Paris. Ce prélat étoit dans son diocèse, et, lorsqu'il est venu ici par ordre de S. M., il s'est fort excusé d'accepter cette dignité ; mais il y a enfin consenti, pour obéir aux ordres du Roi. Avant ce choix, S. M. s'étoit expliquée qu'elle n'entendoit pas que celui sur qui il tomberoit se mêlât de la distribution des bénéfices, ni des autres affaires ecclésiastiques qui se traitent à la cour, afin qu'il pût donner toute son application aux soins de son diocèse. » — Comparez tome XII, p. 139.

1. Cette maison (Saint-Cbély-d'Aubrac, département de l'Aveyron) avait été fondée, au douzième siècle, dans les hautes montagnes du Rouergue, pour recevoir les pèlerins qui se rendaient en Espagne. Elle était fort riche, et le supérieur ou dom (du latin dominus, d'où le nom de domerie) jouissait de la meilleure partie du revenu, qui montait à quarante mille livres; mais la discipline y était fort mal observée, et Louis XIV chargea MM. de Noailles d'y rétablir l'ordre et la régularité.

Page 1