La capitation inventée par Bâville
(Page 223.)
17 mars 1701. — On doit l'invention de la capitation à M. de Bâville, conseiller d'État et intendant de Languedoc, où il a passé presque toute sa vie avec une autorité qui a connu peu de bornes. Il l'avoit proposée au chancelier de Pontchartrain, dès le temps qu'il étoit contrôleur général, qui n'en voulut jamais ouïr parler. Sa raison étoit que la facilité de cette imposition aviseroit à s'en servir et à l'augmenter sans cesse, et que, par cela seul, l'invention en étoit pernicieuse. L'événement a vérifié son raisonnement.
100. Visites du duc de Vendôme et du comte de Toulouse aux pairs.
19 novembre 1694. — Le Roi n'avoit pas voulu hasarder M. du Maine à aller chez les pairs, et y avoit suppléé en parlant à l'archevêque de Reims et lui ordonnant de leur écrire à tous de sa part. M. du Maine, ayant pris séance au Parlement en la manière que le Roi l'avoit prescrit, et la planche ainsi faite, M. de Vendôme visita les pairs, et après lui M. le comte de Toulouse, quand ils furent reçus au Parlement comme l'avoit été M. du Maine, qui, seul, fut promené chez Messieurs du Parlement par deux princes du sang, parce que c'étoit l'introduction de cette préséance.
101. Réponse du Roi sur le mariage du chevalier de Soissons. (Page 229.)
8 août 1694. — La facilité des rangs et la situation de M. de Luxembourg pour un mariage si disproportionné avec l'idée de souveraineté de Neufchâtel mettent le Roi en parade au premier mot qui lui est dit de ce mariage, sans donner loisir de lui faire ni demande, ni même insinuation.