Comparez un autre passage des Mémoires, tome IV, p
chargea, pour la défroquer, et un tabouret de grâce1 ensuite, elle consentit à tout, demeura dans ses vœux, et signa tout ce qu'on voulut. Rien ne convenoit mieux au projet que de la lier de nouveau à ses vœux, et ce tabouret de grâce devenoit un échelon pour la dignité en faveur du mariage de la sœur. Le Pape accorda la dispense de bonne grâce, et la cour le tabouret de grâce, sous le prétexte qu'étant fille du premier lit, elle auroit succédé au duché de Piney, à son frère sans alliance, si elle n'avoit pas été religieuse professe. On2 la fit dame du palais de la Reine, sous le nom de princesse de Tingry3, avec une petite marque à sa coiffure du chapitre de Poussay4, dont elle se défit bientôt3. A l'égard
1. « Droit de tabouret est un des premiers honneurs du Louvre, qui n'appartient qu'aux duchesses, qui ont droit de s'asseoir sur un tabouret chez la Reine pendant qu'elle tient son cercle. » (Furetière.) Un tabouret de grâce veut dire que la concession de cette faveur était toute gracieuse, sans que la princesse de Tingry y eût aucun droit réel, ni que la chose tirât à conséquence pour l'avenir.
2. L'auteur a changé l'initiale d'<m en majuscule, après avoir biffé et devant ce mot. Plus loin, il a biffé et devant une, et ajouté avec en interligne; puis, devant chapitre, il a changé de en du.
3. Tingry, érigé en principauté pour François de Luxembourg, en 1581, est une localité du département du Pas-de-Calais, canton de Samer, au S. E. de Boulogne.
4. Le chapitre de Poussay, en Lorraine, près Mirecourt, était un des quatre chapitres célèbres de cette province ; il fallait faire preuve de seize quartiers de noblesse pour y être reçue chanoinesse. Marie-Claire de Luxembourg fut prise comme coadjutrice par l'abbesse Anne-Pétronille de Damas, en 1665, selon le Gallia christiana, ou en août 1674, selon le Dictionnaire des bienfaits du Roi. La « marque à la coiffure » était un petit morceau d'étoffe blanc et noir, de la longueur du doigt, qu'on appelait le mari (Mémoires du duc de Luynes, tome XIII, p. 153, et Mémoires de Mme de Genlis, éd. Ladvocat, tome I, p. 19-20).
5. Elle fut fort compromise avec son beau-frère le maréchal de Luxembourg, dans l'affaire des Poisons, et on l'accusa même d'avoir eu des enfants de lui. (Sévigné, tome VI, p. 213, 229, 231, 235, etc.) A l'époque de sa mort, en 1706, Saint-Simon reparlera d'elle (tome IV, j). 446), et c'est là que nous placerons son Addition à l'article nécro-
du frère1, on joua la comédie de lever son interdiction et* de le tirer de Saint-Lazare, et, tout de suite, de lui faire faire une donation à Mme de Bouteville, par son contrat de mariage, de tous ses biens, et une cession de sa dignité, en considération des grandes sommes qu'il avoit reçues pour cela de M. de3 Bouteville et qu'il lui avoit payées. Cette clause est fort importante au procès dont il s'agit *. Aussitôt il assista au mariage de sa sœur, et, dès qu'il fut célébré, on le fit interdire de nouveau, et on le remit à Saint-Lazare, dont il n'est pas sorti depuis5.
Le mariage fait, 17 mars 1661, M. de Bouteville mit l'écu de Luxembourg sur le tout du sien0, et signa Montmorency-Luxembourg, ce que tous ses enfants et les leurs
logique du Journal de Dangeau (tome XI, p. 156), où se retrouve une partie des détails donnés ici.